LOIRET
punition de Y Impureté et la Tentation de nos premiers parents. Adam est revetu d"une sorte de cldamvde, aux côtés d Eve nue, pour indiquer son degré de culpabilité moindre dans leur désobéissance au Père Eternel. Cet épisode biblique, interprété d’une façon peu commune, « se trouve accolé, dit l'abbé Auber, à une scène de tentation d'un autre genre ; deux personnes, entièrement nues, en font tous les frais : le dessinateur expose au regard l’action même de l’adultère ^». D’après d’autres commentateurs, ce groupe exprimerait les fornications de Babylone, a qui a enivré toutes les nations du vin de colère de ses prostitutions » (A/)oc., ch. XVIII, V. 3).
Un chapiteau porte encore un monstre nu, à tête humaine (lîg. 337), sans autre signification que son aspect caricatural. On voit, enfin, au haut d’une colonne^ Saint Martin offrir un morceau d’étoffe à un chemineau complètement nu, et la Tentation de saint Benoît^ qui se roule sur des orties, comme dérivatif anaphrodisiaque énergique.
Le trésor possède un chapelet donné à l’abbaye par une reine de la main gauche, la Montespan ou la Maintenon ; Pun des quatre médaillons qui en font le prix renferme la Vierge allaitant son divin nourrisson
ViLLEREA^u. — L’élégant portail de cette église, qui attend son achèvement depuis le xvP siècle, est orné de deux bustes, en basreliefs, de Gabrielle d’Estrées et d'Henri IV. Ce couple galant à la porte d’un édifice religieux fait l’effet d’une gageure ; il est vrai que le Christ a dit : a Aimez-vous les uns les autres ! »
Saint-Brisson-sur-Loire. Saint-Brice. — Un chapiteau de l’inté-
1 . Marchand, 8ouueni?’s historiques de Vancienne abbaye de Sainl-Benoîi-sur- Loire, pl. X ; in-8“, Orléans, 1838.
2. Le cardinal Odet de Châtillon, qui se faisait appeler l'abbé de Saint-Benoît, lit beyiconp trop parler de lui. Pie IV le dégrada, ce qui ne rempccha pas de se j)résenter à l’autel en habit de cardinal, pour épouser Elisabeth de Hauteville. Charles IX l’envoya en ambassade près de la reine Elisabeth, dénommée « la reinevierge », bien qu’elle eût une jolie collection d’amants, dont Odet de Châtillon lit j)artie. Mais il eut une lin tragique : son gendre, un de ses valets de chambre qui avait épousé sa lille naturelle, l’empoisonna et joua le rôle du doigt de Dieu.