Cf. Ann. archéul., t. IX
i/aht phoi’am:. — I.
LA UT U U or A. MO A L L(;iosi-:
La même « porte » est encore décorée du Zoduif/uc^ , (|ui rappelait la brièveté de la vie. Au douzième Signe, Cérès y est remj)lacée par Marie ^ la Vicnje ; le Verseau est un personnage nu, assis sur la (jueue
Fig.
d'un monstre marin. A chacun de ces signes répondent deux bas-reliefs rappelant les divers travaux des mois ou des saisons. Le Taureau [xXvril ou le Printemps) est liguré par un personnage à deux têtes, l'une de personnage qui dort {V Hiver), l’autre de personnage éveillé (VEté) : une moitié du corps est vêtue, l'autre nue. Au signe estival de V Ecrevisse (Juin ou VEté), un jeune homme complètement déshabillé se dispose à prendre le frais ou un bain (fîg. 18) ; d’autre part, un paysan nu jusqu’à la ceinture indique la moisson d’.dod/ (fig. 19). A V Automne correspond un vigneron dans une cuve cerclée.
Sur le trumeau du portail Sud ou « Baie de saint Marcel », neuvième évêcjue de Paris, un dragon s’échappe de la sépulture dhine adultère, enveloppée de son linceul : avertissement à Ladresse des
1. Auzone en a réuni les douze signes dans ce distique mnémonique :
Sunt Arles, Tauriis, Gemini, Cancer, Léo, Vir(jo,
Lihraque, Scorpius, Arcilenens, Caper, Anipitora, Pisces.
N’est-il pas piquant de voir adopter par les chrétiens des constellations qui, comme les mois de l’année et les jours de la semaine, portent les noms des divinités du paganisme?
s E l iN I *:
épouses iiilidèles. Kappelons que, suivant une lég-ende dont les hagiographes ont abusé, saint Marcel délivra la ville d’un serpent, venu irun bois voisin, qui s’était introduit dans la fosse d’une daine de haute naissance pour lui dévorer les seins et les parties sexuelles, châtiment réservé aux personnes impures et luxurieuses ou aux mauvaises nourrices qui ont refusé leur lait à l’enfant sans mère. Cette interprétation est en rapport avec le récit d’une vision qu’eut, au xii'^ siècle, le frère Albéric. 11 vit des serpents téter la poitrine des femmes <( qui avaient refusé de donner leur sein aux orphelins ou qui feignaient de les allaiter », quæ darc ad hibendum mamillas noliieriint, aut dare se /Inqentes non dederunt... C’était un pressant appel aux devoirs de la maternité, lancé par un précurseur de Rousseau et du professeur Pinard.
La Luxure est figurée à la môme façade^ sur un second bas-relief qui a été « restauré » ou mieux « gargoté » par Soufïlot. Cette Luxure tient une balance ; est-ce pour indiquer qu’elle vend ses charmes ? Ne serait-ce pas plutôt l’une des vertus cardinales, la Justice ?
Nous trouvons un autre motif décoratif ayant un rapport indirect avec le péché de la chair ^ dans la statue du personnage qui joue du violon et semble clumiev Land Jure i te, Land' rira ! elFet, Lenoir et d’autres critiques d’art y voient Chilpéric“^, le malheureux époux de Frédégonde qui le fit assassiner, au retour de la chasse, le jour où, occupée a sa toilette et distraite, elle donna à son mari le nom de son amant, Landri, maire du palais. Des archéologues plus avisés veulent que ces statues représentent, non pas les rois de France, mais les ancêtres du Christ, les reines et les rois d'Israël. Dans ce cas, le violoneux serait un de ces derniers, le roi David, par exemple.
Ne quittons pas la façade principale sans jeter un regard de compassion sur Adam et Eve, plongés dans la douleur. Complètement nus, comme leurs innombrables congénères, ils s’en distinguent toutefois par leur profonde indifférence aux lois de la bienséance ; ils sont si haut perchés ! Ni l’un ni l’autre ne songe à porter
clc notpc description des licences artistiques, nous nous permettrons de
cons puer en notes certains faits licencieux dont les édifices rcliLdenx on été e - penso„s.no„., au..ont à:
n onn,plétcro.a
« lenanl un violon, dit Lenoir, pour exprimer ses talents en poésie. »
i/aI5T IMHJTANR A L KflLlSF-:
(( Porte des Martyrs ou de du tympan , ce diacre prêche rÉvangile au peuple ; au milieu de l’assistance se détache un groupe de trois personnages attentifs(fîg. 20), dont une femme qui donne le sein à son enfant debout.
Même façade, divers médaillons en quatre feuilles, sculptés vers 1257, sont consacrés à des légendes historiques et religieuses ; Pun d’eux, au côté droit de la porte du transept, reproduit le Supplice de V échelle (lig. 21 ) infligé aux
une main pudi(|ueoù il convieni,, après le péché : le premier homme, en signe d'allliction, soutient sa tête de la droite et la gauche glisse le long de la cuisse ; la première femme, également, pose la main droite sur la joue et « laisse tomber son bras gauche^ avec un geste de désespoir ».
Façade méridionale, saint Étienne ». Dans la zone inférieure
Fiff. 21,
vu
blasphémateurs et aux « folles femmes » b Celle qui est liée aux échelons, sous la garde de deux archers, porte sur la poitrine un écriteau fort endommagé par le temps. Plus tard, les femmes de mauvaise vie seront fouettées (( espoustées », disait-on dans le peuple, au pilori des halles par le hourreau, comme le rappelle cette invective que le sieur Bertliod, auteur des Jiues de Paris (1650), met dans la bouche d'un de ses personnages :
Chacun t’a veu, vieux cû pourry,
Donner le fouet au pilory.
Un auteur a double vue a prétendu découvrir dans les encadrements inférieurs de ces basreliets des enfants luttant contre des monstres. aJo Nous aurions selon lui, dans ce tableau, un symbole de la lutte incessante des hommes contre les vices î Pour nous, qui sommes moins sagaces, nous ne voyons là que de simples motifs de décoration. Un homme, par exemple, s’amuse avec son chien, paisible animal domestique et qui n a rien de monstrueux, sinon son mode d’interprétation.
Avant de pénétrer a 1 intérieur du monument, signalons encore au dehors deux animaux fantastiques munis de mamelles ; l’un piès du cadran de 1 horloge (côté Sud), 1 autre à l’angle d’une des tours, appuyé sur la balustrade (fig. 22) ; enfin, à l’abside ou dans son voisinage, plusieurs retombées des gables des chapelles et des
grands pinacles, qui portent des sculptures décolletées par l’iin ou l’autre bout. (fig. 23-26).
Intérieur. — A l’entrée, au coin de l’escalier de la tour Nord, est scellée dans le mur une pierre tombale d’un effet saisissant (fig. 27); elle provient de la sépulture d’Étienne Yver, décédé le 24 février 1467. lUienne ô ver était chanoine de Notre-Dame, et non pas conseiller au Parlement, comme le dit par erreur Viollet-le-Duc. Avant 1762, ce cenotaphe occupait la chapelle Saint-Nicolas, devenue depuis la
Ilaudrieu^^ s’^vaità l'angle de la rue du Temple et de la rue des
iiauurietlcs, avait aO pieds de haut ; celle de l’évêque se trouvait place du parvis.
|/ai;T PUÜh'ANK A i/iodi.isi:
cliapelle de la PénUence. La p;irtie supéiieure, non rei)ro(luite ici, est réservée au Jiiycmenl universel ; en dessous, nous voyons le chanoine qui sort nu comme un Y ver de son tombeau, au jour de h Résurrection. Au devant du sépulcre est couché le cadavre du
mort, sans linceul, et livré en pâture à de gros et longs vers. Est-ce en raison du nom du chanoine ou pour mieux frapper 1 imagination
Fiîr. 27.
1, 2. — Reproduites par Viollet-le-Duc.
du public (|ue rartislc, par une macal)re fantaisie, a exagéré outre mesure la grosseur de ces insectes? Cet homme a les cheveux courts et joint pudiquement les mains sur le pubis, en guise de feuille de vigne. Le ressuscité suppliant est assisté de saint Etienne, cpii tient un livre, et de saint Jean LEvangéliste, qui porte une coupe remplie de serpents, allusion au poison changé en reptiles.
Il existait à Notre- Dame un autre monument analogue, actuellement au Louvre, et provenant du cimetière des Innocents (fig. 28).
C'était un cadavre décharné, en albâtre et do-
Fi^. 28. — D’après A. Lcnoir.
ré, tenant une javeline de la main droite et appuyant la gauche sur un bouclier où était gravé ce quatrain :
Il n’est vivant, tant soit plein d’art, Ne de force pour résistance,
Que je ne frappe de mon dart,
Pour bailler aux vers leur pitance.
Le jour de la Toussaint, on découvrait cette élligie funèbre, appelée la Morl-Saint-Innocent^.
1. Lenoir, le directeur du Musée des Monuniens frnnçois, où cette sépulture avait été d’abord transportée, y a ajouté une épitaphe, en bouts rimés, provenant de la '1 ombe-lssoire. Ce fabi-icaiit de postiches maquillait avec la même ardeur dépourvue de tout scrupule aussi bien les monuments historiques ou privés (pic leurs inscriptions ;
Chœur*. Une des « ysloires, en personnages de pierre, dorez et bien peints », de la clôture, rappelle 1 entrevue de Joachim et d ^\nne sous la Porte dorée, où doit être conçue la Vierge, coram populo
(lig. 29). Pour entrer en matière, et en guise de bagatelle de la porte, le vieux Philémon saisit à pleine main la mamelle gauche de la Heaucis évangélique, au point d'en faire saillir le mamelon, fortement accusé par Pimagier, avec intention symbolique sans doute.
Fig:. 30.
Même geste expressif à la Visitation. Elisabeth met la main sur la poitrine de sa cousine et « s’émerveille, dit E. Mâle, de sentir son sein gonflé ». Pour une vierge^ il y avait de quoi s’étonner.
Transept. Côté droit. Au-dessous delà statue - de la Vierge cou-
Bonnes gens vous devez...
Qu’on doit son temps bien dis...
Car la mort homme ne dé...
Témoino: maistre Jehan de la...
porte
jour
roy
Conciliateur pour le...
Au Chastelet et sous des...
L'un dos eschuiers en sa...
De Paris, sous d’autrui en...
Lequel en terre cy... élevant Gist comme la mort re...
Et laissa ce monde hi... deux Mil quatre cent quarante...
En novembre neufvième...
Si priés Dieu que tout le...
De ses péchés pardon lui...
Et le puisse veoir en...
La sus en son glorieux...
Où il domine, vit et...
Et qu’il nous veuille si bien... duire Qu’en la lin nous y puist con...
1. En mars 1711, on opéra des fouilles dans le chœur, pour y iriger 1 autel du « A^ru de Louis XIII », et l'on découvrit plusieurs autels élevt'S à Jupiter, sous Tibère, ornés des ligures nues de lovis, vknvs, f.svs ou mars. Lenoir raconte qu un mystificateur transforma la jîremière lettre de lOvis et en fit lovis. Aussitôt « un fanatique » composa un mémoire pour démontrer que ce monument avait idi* érigé à l’un des rois de France !
2, Cette statue et le chapiteau historié jjroviennent de 1 église Saint-Aignan au Cloître.
ronnécy sur le chapiteau est sculptée une hve qui finit en queue de poisson.
Trésor. Le couvercle d'un colîret en argent (xiL siècle), dit « de Saint-Thomas Becket », porte un motif qui représente une nvmphe matant deux chimères (lig. dO) : le Bien maîtrisant le Mal ?
Aux décorations fixes des édifices religieux, les pompes funèbres
Fiji-. 31.
et autres cérémonies imposantes ajoutent, parfois, des ornements complémentaires plus ou moins « catholiques ». Telle la scène mythologique figurant un fleuve des Enfers (fig. 31) :
Va favare Achéron ne lâche point sa proie,
placée en avant du catafalque d Élisabeth, Thérèse de Lorraine, reine de Sardaigne, à l’église métropolitaine, le 22 septembre 1741.
1 / A U T IMH ► K A N !•: A l/ K Ci T J S K
De même, lors de la fête de la Raison célébrée à Notre-Dame le 10 novembre 1703^ la déesse républicaine fut représentée, non pas au moyen du métal ou du marbre, mais elle apparut en chair et en os sous les traits gracieux et les formes potelées de Mlle Maillard, actrice de TOpérab
Saint-André des Arts“^. — En 1325,d’aprèsun opuscule versifié sur les Églises de Paris, elle s’appelait Saint-Andrieu des Ars (Arcs) et était une succursale du Pré aux clercs, « ce joli rendez-vous d’amour », si l’on en croit ce passage, où la raison est peut-être subordonnée à la rime et les deux ne valent pas plus l'une que l’autre :
Après est Saint-Andrieu-des-Ars Ou mainte dame de leur ars Ont maintes fois lancée {sic) ot trait Et maint homme a eutz atrait.
Le Vieil rapporte qu’à la chapelle de Monsieur le Curé, Héron composa un « vitreau » représentant la désobéissance de nos premiers parents, dont le costume fut modifié par une fabrique timorée :
L’Adam et FÈve sont d’un dessin fort élégant. Des paroissiens plus scrupuleux que le peintre les ont défigurés par des feuillages peints à Fhuile qu’ils ont fait serpenter autour des corps nuds de ces deux figures.
Chapelle Saint- Augustin. Monument funéraire en .marbre de Jacques de Thou, actuellement au Louvre (lig. 32). Les cariatides assises sur le sarcophage et le buste féminin qui sert de prie- Dieu sont dépouillés de draperies. Les statues agenouillées de ses deux femmes, Marie de Barbançon-Gané, la première en titre, et Gasparde delaChastre, étaient posées de chaque côté de 1 effigie du
1. Autre nudité profanatrice d’ordre privé, consignée dans le Journnl de Bnrbier (juillet 1722) : « Il arrive à présent des choses extraordinaires. La semaine dernière,
on trouva un des autels des côtés de la nef de Noire-Dame, tout rempli de ; on
avoit fait des ordures sur le dernier Evangile. On a béni la chapelle. Il laut que des gens aient bien le diable au corps pour faire pareille chose; ils ne sont pas pris. »
Cloître Notre-Dame. — Situé près de la cathédrale, il servait d’habitation aux chanoines de la métropolitaine. Les statuts capitulaires, d'après llollbaucr, délcndaient de laisser passer la nuit dans la maison claustrale à aucune femme, religieuse ou autre, à l’exception de la mère, d’une strur, d’une pai’cntc au troisième degré, ou « d’une femme de haut rang ([u'on ne peut éconduire sans scandale » : vel nisi aliqiiæ mafiiialæ mulieres quæ sine scandalo evilare non possnnl. Le dernier article, par son élasticité, se prêtait aux « accommodements avec le ciel ».
2. Pour les églises et chapelles de Paris, disjiarucs ou existantes, nous suivrons l’ordre alphabétique.
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président, sur un même entablement de marbre, soutenu par des colonnes ioniques.
Fig^. 32, — J. -A. de Thou et ses deux femmes.
Des cariatides semblables se retrouvent sur le sarcophage de Jacques de Souvré, commandeur de Malte, 1760 (üg. 33).
Saint- Augustin. — Comme toute église moderne, celle-ci se distingue par l’absence abso-
lue de nudités. Même le Christ, à son baptême (peinture de Bouguereau, chapelle Saint-Joseph), a la précaution de s’envelopper d’un peignoir de bains.
Saint-Barthélemy. — Au
xii*^ siècle, cette église s’appelait le « Moustier » Saint- Bertremiex ; elle fut supprimée sous la Révolution, et l’on établit sur son emplacement le théâtre de la Cité, puis le Prado, alias « Closerie des lilas » : llabent sua fata hasilicæ.
Fig. 33.