‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 12 sur 183 · I. A R T I* R O !•' ANE A L E (; U S E · texte numérisé non relu

I. A R T I* R O !•' ANE A L E (; U S E

La PesLc de Milftn, en l.*j7G ffig. 34 j, bas-relief inachevé, auquel travaillait Puget quand la mort vint le surprendre, était destiné à Pabbé de la Chambre, curé de cette église.

Aux pieds du saint évêque

Fi^. 34.

Fig’. 33. — D’après Millin.

Charles Borromée, une mère expire, les mamelles encore gonflées de lait.

Au fond, un jeune époux assiste à l’agonie de sa femme qui se tord, toute nue, sur sa couche, en proie aux dernières convulsions L

Saint -Benoit. — Possédait un groupe curieux delà Trinité (fig. 35).

Le Père, coilfé de la triple tiare^ soutient sur son giron son Fils absolument nu, tandis que le Sainf- Eprit placé entre eux sort de la bouche de PEternel sous la forme

1. C’est à la porte de cette église, « car il n’osoit pas y entrer », cpic, chacpie jour, après avoir lu le Psautier, le « bon roi » Robert 11, le Dévot, excommunié par Grégoire V pour avoir épousé sa cousine Rcrthe, venait faire ses oraisons. C'est là aussi, selon la légende, (prAbbon, abbé de Fleuri, suivi de deux femmes du palais, apporta au roi, sur un plat en vermeil, le fruit des entrailles de la reine, le rejeton incestueux et monstrueux ayant un corps d'enfant, un cou et une tête d'oie. Terrible punition de la désobéissance aux décrets de l’Eglise. On sait (pie l’interdit du pape et ses consé({uences obligèrent le roi à répudier sa seconde femme et cousine, après plusieurs années d’hésitation, pour en prendre une troisième, l'altière et « inconstante Constance », comme l’appelait le bon roi trop débonnaire. Depuis,

(1 lino colombe et simule une barbe de patriarche. Semblable représentation décore le portail méridional de la cathédrale de Senlis : une colombe remplace aussi la barbe de Dieu qui tient la croix où est étendu le Christ.

Bonshommes de Ghaillotb — Sur le fronton du portail, on remarquait, d’apres l’auteur des Antiquités nationnles^ trois petites ligures nues, « qui n'avoient guère la mine catholique ». Celle du haut représentait un garçonnet « gros, gras et riant » ; son pied droit reposait sur une tête de mort et sa main droite s’appuyait sur un bouclier portant une croix enlacée d'une couronne d’épines. Les petits personnages des angles à Tair mélancolique étaient « maigres et tristes », et tenaient à la main une tête de mort qu’ils considéraient comme llamlet débitant son fameux monologue : To he or not to he... Dulaure voit dans ces personnages des divinités païennes qui ornaient autrefois l’hotel de Bretagne. « Ce ne seroit

la reine Berthc, sous le nom de « reine Pédaïujne », aux pieds palmés (a), figure sur plusieurs portails d’édifices religieux, entre autres à l’abbaye de Sainte-Bénigne, à Dijon, où les deux effigies se font pendant. Son exemple est comme une menace de la colère divine — n’oublions pas que le Père Eternel, comme le Père Duchene, est souvient en colère — contre ceux qui tentent de braver le pouvoir spirituel et temporel de l’Eglise.

1. Surnom des Minimes de Saint-François-de-Paul. J. Laffitte rapporte une aventure où furent mêlés nos Minimes et le fameux Paul de Gondi, plus tard cardinal de Betz, (jui relate ainsi l’événement dans ses Mémoires; : « C’était en 1642, en plein été, il faisait une chaleur étouffante. La duchesse de Vendôme — de la famille de Henri IV — pour éviter les ardeurs du soleil, rentrait de nuit à Paris en compagnie de Turenne, jeune encore, du spirituel Voiture et dudit Paul de Gondi. Le carrosse suivait le chemin le long de la Seine lorscpie, arrivés au bas des coteaux de Passy, les gens de l'escorte aperçurent dans le vague de l’obscurité, sur les bords du fleuve, un groupement d’ombres suspectes. Les bouillants compagnons de la duchesse mettent aussitôt l’épée à la main et s’avancent impétueusement ; mais à mesure flu’ils approchent, ils voient se jeter à leurs pieds des êtres dévêtus qui leur crient grâce en ces termes : « Bons seigneurs, nous sommes de pauvres religieux qui ne faisons de mal à personne, nous venons simplement de nous rafraîchir, vu la grande chaleur qu’il fait, en prenant un bain de santé dans la rivière. »

Si leur règle, fort sévère, défendait de changer d’habit, ce fait prouve qu’elle n’interdisait pas la propreté corporelle. Les chroniqueurs du temps sont peut-être trop sévères à leur égard, quand ils les accusent de « sentir l’huile rance » ; ils oublient l’incident du bain in niiLiiralibiis, dont ces bonshommes étaient coutumiers, car leur monastère s'étendait jus(ju’aux bords de la Seine. Admettons, si vous le voulez, que leurs libations étaient aussi copieuses à l’extérieur qu’à l’intérieur.

(n) Pour d autres, cette figure serait cefle de Berlrade ou Berthe au grand pied, femme de Pépin d lléristal. L’ingénieux Père Mabillon croit (lu’elle représente sainte Clotilde, et (jue le pied (I oie est remblème de sa grandeur, les oies ayant sauvé le Capitole! Mais voilà qui est plus fort r le subtil antiquaire l’abbé Lebœuf pense qu’il s’agit de la reine de Saba, lieginii aiislri ; le pied de [lalmipède rappellerait sa grande passion jiour les bains !

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pas la première fois que la dévote ignorance auroit fait de semblables bévues », assure-t-il. L’allégorie serait-elle si dillicile à déchilïrer et ne sig^nifièrait-elle pas la sérénité de la Foi et la terreur des pécheurs devant la Mort ?

La peinture d’un des vitraux du réfectoire des Minimes nous paraît aussi dig'iie d’être notée. Au dire de Lenoir, elle représenterait une scène diabolique de derrière les fag^ots : un démon « faisait à des hommes ce qui excita la colère de la divinité contre les habitants de Sodome » ! Sublime et expressive leçon de choses ! s’exclameront les fervents défenseurs de la symbolique religieuse, qui aiment à voir mettre les points sur les i. Mais nous ne devons accepter que sous la plus grande réserve les interprétations de cette sorte, dont une étude approfondie des monuments religieux démontre le plus souvent la fausseté L

Capucines-. — Ce couvent fut fondé par Marie de Luxembourg, en exécution des dernières volontés de Louise de Lorraine, veuve de Henri III, qui y eut sa sépulture, et sur laquelle nous allons revenir. En 1G86, quand Louis XIV fit construire la place Vendôme, le couvent fut transporté un peu plus loin. La façade de l’église constituait alors la perspective d’une des ouvertures de cette place. Le couvent et l’église furent désaffectés pendant la Révolution ; on y établit la fabrique aux assignats. Après la tourmente révolutionnaire, l’immeuble fut vendu aux enchères publiques. D’après le D‘* Max Billard '^, l’acquéreur y éleva l’un de ces édicules humanitaires « que la pruderie française baptise aujourd’hui d’un nom d'outre-Manche », et où « toute une population se livra tranquillement à l’antithèse de la soif et de la faim ». En 180(), à l'ouverture de la rue de la Paix, l’édicule disparut à son tour; mais, en vidant la fosse, on fut stupéfait d’y découvrir une plaque de marbre noir portant cette inscription :

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