I. ART l‘R()FANl-: A L É(iLISF
mag'iic, à Iiîg-elheim, sous l’orgue, un cénotaphe de cette intrépide amoureuse.
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CosNE. Saint-Aignan. — L’abside et le portail sont ornés de sujets astronomiques ou païens.
Saint-Réverien. Couvent. — Le prieur Michel de Ghery fut aussi condamné pour le dérèglement de ses mœurs. On lui attribue une frasque ou plutôt une fresque peinte dans le logement du prieur et qui représentait une femme sans tête, avec cette inscription, « dictée sans doute, remarque malicieusement Touchard Lafosse, par une longue expérience : Tout en est bon ». Nous retrouvons la même ironie dans nos aphorismes modernes : « L'homme pense et la femme dépense » — « L’homme raisonne et la femme résonne », avec un accent aigu, toujours très aigu.
Semelay. — 11 est peu d’églises où la Luxure^ naturelle ou contre nature, ait plus de répétitions. La « femme déchirée par les reptiles » y est deux fois hgurée ; en outre, sur un chapiteau du chœur, sont gravés « les épouvantables et dégoûtants détails de la sodomie ». Erreur probable, comme pour tous les autres sujets antiphysiques de ce genre que nous avons pu contrôler de visu.
La Ciiarité-sür-Loire. — Nous retrouvons encore une représentation de la Luxure ou de Y Impureté.^ demi-nue, à qui des reptiles dévorent les seins.
Les chapiteaux de la « fille aînée de Gluny » sont curieusement historiés. Envie et la Caloniniej sont personnifiées sous une forme originale ; l’abbé Grosnier en a donné une bonne description.
Le Glatard (Oran) signale dans la Chron. niéd.^ à côté du portail en ruines de l’église abbatiale, un pignon portant à son faîte
1. Au xiie siècle, ral)bé de ce couvent lut condamné pour simonie à une prison perpétuelle, et il subit sa peine dans les cachots de l’olTicialité. 11 se rendit aussi coupable d’adultère ; mais, pour l’épotpie, ce n’était (pi’nne broutille, un péché mignon.
L’un des chapiteaux de l’église était chargé de dindons, enlacés par des serpents ; cette image passait pour une satire contre le clergé séculier.
(( un gaillard accroupi le dos au public, ses rotondités postérieures dûment à découvert, vient apparemment de laisser choir son bol fécal sur le pavé de la rue ; l’acte est terminé, car déjà le brave homme, d^une main leste^ s’apprête à... panser sa blessure ». Nous connaissions ce petit personnage « fîantant »,dont la tête a disparu, circonstance atténuante de son incongruité. Use sert de l’essuie-main gauche des fellahs et ne s'attarde pas à rechercher, comme ce sybarite de Gargantua qui
Tousiours laisse aux coudions esmorches Qui son ord c.. de papier torche,
(( un cacl elet de velours d’une damoiselle et le trouvov bon, car la mollice de sa sove me causoit au fondement une volupté bien grande » .
Glamecy. Saint-Martin. — Cette église, que François comparait non à un oratoire mais à une « belle ratoire », possède une statue, bien embarrassante, de Sainte Geneviève (lîg. 374), due au ciseau d’Etex. Elle fut offerte par l’Etat, sur l’intervention de Dupin aîné, originaire d’Armes, petit bourg près de Glamecy.
Le corsage moule étroitement la poitrine bombée de la patronne de Paris et des Rosières de Nanterre.
11 en accuse tous les détails, et les seins sont aussi visibles (|ue s’ils étaient à nu. Si bien que l'abbé Guillaumet, offusqué de la vigueur
g. l)is. D’après une photograpliic communiquée par M. Guerrier, professeur au collège.
i/aR'I' l'RüKANE A l/ ÉGLISE
(le ces proluhéraiices pectorales, avisa lui moyen reiiouvelcî de Falloux, ministre pudibond, de falote mémoire; il lit recouvrir la statue immodeste d'une chemise !
Le bruit de cette mascarade se répandit bientôt en ville, et les
narquois et sceptiques compatriotes de Claude Tillier affluèrent autour de la statue. Le pauvre curé coupa court à ce scandale en reléguant le marbre impudique, quoique complètement « chemisé » ou K en bannière », dans un coin du presbytère. Après la mort du digne saint homme, vers 1886, la Pucelle de Lutèce sortit de sa retraite et reparut, le fuseau en main, dans une chapelle qu’elle n’a plus quittée depuis, les seins, toujours en bataille, pointés, comme les yeux de l’illuminée, vers les deux.
Le curé de la localité montra, en la circonstance, plus d’esprit de tolérance que la femme de Constantin, qui fit enfoncer une statue de Vénus dans le sol et planter une croix au-dessus de la déesse. 11 n’était pas non plus de l’école de pudibonderie de l’amiral deCuverville, qui fit raser, à la proue d"un navire, les proéminences égrillardes de deux naïades en bois sculpté, dans la crainte qu’elles ne fissent loucher le pilote et ne lui donnassent des distractions périlleuses.
Saint-Parize-le-Ciiatel.— Les chapiteaux des piliers de la grande nef sont ornés de remarquables sculptures représentant les péchés capitaux, sans oublier le VP, le plus capiteux.
Dans la crypte, classée parmi les monuments historiques, spécimen curieux de la plus ancienne époque romane (xi^ siècle), nous
N I È Il
trouvons, à coté du dieu Pan^ installé devant une chaudière, image de la GoiirimindisCy une néréide, V Iinpiirctéy et des figures bizarres, dans des postures acrobatiques. Un grotesque, le Cidipe (fig. d75) que nous reverrons à Sens, s5ibrite sous son pied gigantesque, en guise de parasol ; un autre, le Maiiicora (lig. 570), le corps en arc et la jambe passée par-dessus la tête, cherche k embrasser son talon. Malgré notre bonne volonté k satisfaire les symbolistes, nous livrons ces rébus k leur sagacité. Nous ne voyons Ik que caprices d’artiste, empruntant ses sujets aux phénomènes décrits et figurés dans les Bestiaires y Images du monde et autres encyclopédies moyenâgeuses.
Pèlerinage de la Reclesne. — D’après le 1)'^‘ Félix Régnault, la Vierge de ce pèlerinage est invoquée par les femmes enceintes pour obtenir un heureux accouchement b
Ou y disait la messe, et le prêtre, entr’ouvrant la statue, montrait l’Enfant Jésus dans le ventre de sa mère, puis la refermait en récitant des prières. L’autorité ecclésiastique a interdit ce pèlerinage et a fait cercler de for la statue.
Cette interdiction fut, paraît-il, lancée k la suite d’un sacrilège commis sur cette sacrée effigie : un mauvais plaisant, avait remplacé le divin fœtus par un polichinelle !
Quand une ville ou commune était frappée d’interdit, les images extérieures de la Vierge et de Jésus étaient couvertes de bure noire ; seuls les péchés capitaux restaient découverts, pendant toute la durée de Fexcommunication.
Varzy. Saint-Pierre. — Cette église paroissiale possède un précieux tableau votif, que l’évêque de Dinteville fît exécuter, dans la première moitié du xvP siècle^ par Bernard Van Orley ou son élève. Van Coeyen^, en hommage k sainte Eugénie, sous forme de triptyque, dont les panneaux retracent raccusation, le supplice et la glorification de la vierge martyre. Rappelons l’anecdote. L'an 261, Eugénie, fille de Philippe, préfet d’Alexandrie, sous l’empereur Galien, se retira dans un couvent de moines et devint abbé des
1. Chron. média. Van de Lanoitte (de Verviers). — D'' Bidault, Siipej'sLitions médicales du Morvan, Thèse, Paris 1899.
iL Cf. Emile Boisseau, Varzy, son histoire, ses monuments, ses célébrités, 1905. l'aut phofane. — I. 20
l’art profane a l’éolise
Esséens. Son incognito fui respecté jusqu’au jour où elle fut accusée de tentative de viol par une riche patricienne, Mélantliia, nouvelle
Mme Putipliar transie, qui s’était éprise de V « abbé » Eugène et se vengeait de sa résistance. La prévenue fut conduite devant le préfet ; pour sa défense, elle imita Phrvné, ouvrant son vêtement, découvrit son sein virginal qui établissait la nature de son sexe et fournissait la preuve irrécusable de son innocence ; puis elle tomba dans les bras de son juge, lequel n’était autre que son père !
Cette scène de l’accusation fait l’objet du volet gauche (fîg. 377). Nous ne reproduisons que les principaux personnages du premier plan, le juge entre l’accusatrice et la sainte qui se justifie.
Un pudique vandale, sous la Piestauration, « restaura » le tableau à sa façon et barbouilla les seins d’Eugénie : « Cachez, cachez ce sein... » Pouah!
Fi<s. 377.
Marsv. — Un buste de femme nue, dont nous ignorons la signification, orne l’un des modillons de l’abside ; c’est vraisemblablement une des multiples formes licencieuses de la Luxure.