‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 124 sur 183 · LV. — NORD · texte numérisé non relu

LV. — NORD

Lille. U Saint-André. — La chaire fut exécutée par Jean Danezan, pour le Couvent des Carmes chaussés, de Lille. Suivons la description, que l’abbé J. Dewez donne de sa chaire de ^ érité, laquelle ne fut jamais mieux nommée qu’ici. Nous allons en juger par le nombre des Vérités qu’elle renferme. A l’abat-voix, une première Vérité.^ ailée, le torse nu, soulève, avec ses épaules, ses mains sont occupées à tenir une trompette et une croix, le \oile

de V Erreur.

La montée est garnie par une

seconde Vérité naturelle^ « d’ordre

inférieur », occupant, j)our cette raison, un est entourée de livres. Une troisième Vérité

panneau inférieur; elle théolog'ique ou siirnii-

Fig’. Ij78. — D’après Millin.

tu relie, « d'ordre supérieur », est disposée dans l’aire d’un panneau supérieur.

Ce n est pas tout. La cuve ou tribune, que l’irrévérencieux Iluysmans appelait u le coquetier », porte <( les fruits de la Vérité », c est-à-dire la Loq brandissant la croix, V Espérance , appuyée sur son ancre, et la Charité , tétée. Cette dernière, « placée, comme il convenait, dans le panneau du milieu, donne sans compter de sa

i/art profane a i/éolise

vie à (leux enfants », au risque d’olfenser les regai'ds pudibonds.

A la même époque, Jean Danezan exécuta, pour orner la cour de l'abbaye d’Hasnon, un Milan de Crolonc^ en costume d’athlète, dévoré par un lion.

2^ Les Dominicains. — Mausolée du lils d’Elisabeth de Lorraine Lillebonne, par Louis de Melun (fîg*. 378) : deux figures sont assises sur le socle; l’une, la main sur le sein, absorbée dans la lecture, paraît être V Histoire, et l’autre, la mamelle à nu, la- Gloire.

Valenciennes. Saint-Géry. — Plusieurs panneaux en bois sculpté, provenant de l’Abbaye de Vicoigne, retracent la vie de saint Norbert. Un de ces panneaux nous offre la représentation allégorique de la réception de la grâce par le saint nimbé, sous forme d’une double douche, dont un jet part du flanc du Pvédempteur, en croix, et l’autre jet gicle du sein de la Vierge Marie.

Cambrai. U Saint-Aubert. — En 1806, Alexandre Lenoir a publié un mémoire où il reconnaît les douze travaux d’Hercule dans les scènes qui illustrent les signes du zodiaque de cette église.

Cette cathédrale a subi plusieurs vicissitudes. Transformée en caserne de la Fraternité, les propos de corps de garde ont retenti sous ses voûtes sacrées ; puis elle est devenue un Musée. A ce titre, elle vQ(^\\iV Ensevelissement du Christ, ^diV Rubens, provenant des Capucins, et garda ce tableau quand elle fut rendue au culte. Le corps du Christ était entièrement « nud, disent les Mémoires chronologiques , mais comme les tableaux qui sont dans les églises ne sont pas là pour scandaliser, on y lit cacher par un aultre peintre ce qui ne pouvoit pas être vu ni découvert ». Rubens, à l’exemple de Michel -Ange, subit son Daniel de Volterre.

Le jubé, en marbre, fourmille de nudités. D’abord celles des sujets religieux, traités sur les bas-reliefs, la Femme guérie d’une perte de sang ; Jésus délivrant un possédé, complètement nu ; la Résurreetion de la fille de J aire, en costume de ressuscitée ; la Guérison du paralytique, recouvrant ses mouvements, mais non ses vêtements ; Jésus endormi dans la hair/ue, à côté d’un homme nu, en manœuvres, qui maintient une vergue brisée par la tempête.

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