LVI. — OISE
Fig'. 378 his.
fantastiques.
Beauvais E B Saint-Étienne. — Extérieur. — La façade crevassée de ce temple se distingue des autres édifices religieux par l’absence absolue des scènes « vieux jeu » du Jiujement. Le manque de place a seul empêché le développement des divers registres de ce ponsif peu émouvant.
Quelques gargouilles vétustes, effritées et mutilées par le givre, la grêle et la pluie, accrochent encore leurs débris au pourtour de l’abside et exhibent les vigoureux organes d’animaux
1. C’est précisément dans la ville dont Ganchon, l’im des plus acharnés bourreaux de Jeanne d’Arc, fut l’évcque, qu’une autre Jeanne racheta cette trahison épiscopale par la défaite des Bourguignons, alliés des gods^ ex-amis du mitré. Louis XI célébra cette résistance héroïque en instituant une procession qui longtemps eut lieu le 27 juin, et où les femmes avaient le pas sur les hommes, ce qui ne changeait rien d’ailleurs au protocole de leurs privilèges séculaires.
Les Génoises, en 1301, voulurent aussi se croiser pour aider à conquérir les Lieux Saints, et l’arsenal de leur ville a longtemps conservé leurs cuirasses, dont le bombement intérieur était si prononcé qu’il suggéra au président de Brosses des réflexions qu’Alexandre Dumas se refuse à transcrire. Mais au moment de s’embarquer, le pape les invita à se contenter de prêter leur aide à l’armement.
Une miniature d’un manuscrit français du xii® siècle, reproduite par d’Agincourt, dans V Histoire de l’Art par les monuments (fig. 378 his), retrace un combat de cavaliers en présence de femmes qui « monstrerent leur charz toutes nues » à leurs époux en fuite. Elles leur signifient que « se ils valoient encore entrer en leurs ventres », il leur fallait retourner en arrière sus à l’ennemi ; ce que les fuyards firent aussitôt et « leurs anemis aresterent ». Nous ne savons à quel épisode fait allusion cette scène cavalière. Il nous faut remonter dans l’antiquité pour retrouver de tels dragons de vertu. Tandis que les Lacédémoniens allaient mettre le siège devant Messène, l’armée de cette ville vint faire celui de Lacédémone, mais ils furent vaillamment repoussés par les femmes. «. Ce que sçaehants, dit Brantôme, les Lacédémoniens rebroussèrent chemin et tournèrent vers leur ville ; mais de loin ils découvrent leurs femmes toutes en armes et leur racontèrent leur fortune, dont ils se mirent de joie à les baiser, embrasser et carresser, de telle sorte que, ])erdant toute honte, et sans avoir la patience d’oster les armes, ny eux ny elles, leur tirent cela bravement en mesme place qu’ils les rencontrèrent ; en mémoire de quoy ils firent l)astir un temple à Vénus, qu’ils appelèrent Vénus l'armée, au contraire de tous les autres, qui la peignent toute nue. »
Une autre version, de couleur locale non moins vive, rapporte qu’en allant combattre les Messéniens, les Spartiates firent vœu de ne retourner dans leurs foyers