OIS I
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Intérieur. — A la troisième travée de la nef, sainte Wilgeforte, en croix et couronnée (11111 diadème, attire tout d’abord 1 attention. Longtemps, on La prise pour un Christ habillé, à la mode d’Italie
Fig’. 379. — Réminiscence du VoUo Sanlo ne Lucques.
OU d’Espagne ; la confusion était d’autant plus excusable que la nimbée est barbue. Le culte de cette femme à barbe était très répandu au moyen âge, mais aujourd’hui la crucifiée n’est guère vénérée qu’à Beauvais, en Portugal, son pays d’origine, en Suisse et en Bohême sous les noms de Liberata, Ontcomera, sainte Souci et sainte Atïlig ée. Les docteurs Le Double et Iloussav, de Pontlevov,
qu’après la défaite de leurs ennemis. Comme la guerre se prolongeait bien au delà de leurs jirévisions, dans la crainte (jue la race des guerriers ne s’éteignît avec eux, et jaloux de remplir leur vœu s(jlennel de chasteté temporaire, tout en prévenant la l’uine de la répuhli(pie, ils renvoyèrent les nouvelles recrues, avec procurations et blancs-seings, pour les remplacer dignement auprès de leurs femmes. Les fruits
de ce croisement j)atriotique — tout aussi édiliant que la croisade des Génoises
lurent appelés piirLlicnii.
l’art profane a i/égijse
ont conimiini({iu‘ Timag-e de celte vierge à la Clironi(/nc médicnk^ à laquelle nous l’empruntons (fig. 379). Elle était, disent les lia^iog-raphes, fille d’un roi de Porlug'al ; de là sa couronne. Avant fait vœu de chasteté, elle refusa d’épouser Amare, nom prometteur cependant, roi de Sicile, agréé par son père. Afin d’éloigner ce prétendu, en le rebutant, la sainte pria Dieu de la défigurer ; sa prière fut exaucée, et une longue barbe hirsute lui poussa incontinent. Son père, pour la punir, la fit rouer de coups et crucifier. On l’appelle encore sainte Liberate, « libérée a de tout hymen; par analogie, les femmes du peuple l’invoquent, sous le nom de sainte Débarras, pour les « débarrasser » de leurs maris insupportables, meme par la mort. Le crédit de ce culte homicide a beaucoup baissé depuis le rétablissement du divorce. Entre temps, cette barbe miraculeuse a eu bien des vicissitudes. En 1832, on jugea convenable de la raser, puis elle repoussa. En 1899, Huysmans, qui avait vu cette statue, la décrit dans En Route : « Avec des cheveux de femme lui tombant jusqu’à la ceinture, un masque pareil à un loup lui couvrant le haut de la face, une barbe de sapeur, une gorge plate et un ventre d’une personne enceinte de plusieurs mois ».
Cette « barbacole » faisait vis-à-vis à sainte Angadresme, la patronne de la ville, autre androphobe qui, pour éloigner les galants, obtint du ciel que son beau visage fût rongé par un horrible ulcère. Deux ans plus tard, le sceptique croyant retourne à Beauvais et constate que sainte Angadresme a disparu^ et que sa voisine a perdu son masque et sa longue barbe.
Vue ainsi, avec son ventre météorisé et sa gorge nulle, elle répugne... Je me demande quel est le merlan de sacristie qui s’est ainsi permis de gâcher une statue du xvi® siècle et de passer sa barbe à la tondeuse et je finis par apprendre que le clergé de Saint-Etienne, choqué de voir cette effigie, désignée dans un guide sous le titre de « Christ hermaphrodite», a jugé prudent de lui donner un sexe.
Sur les miséricordes des stalles abondent des figures grimaçantes et satiriques, surtout aux dépens des « porte-capuchons » d antan, si sujets à caution, et des grenouilles de bénitier, leurs complices.
1. Son image existe sur une Louis-Graves, construite sur miracle de la braise ardente
maison de la rue Saint-Jean, à l'angle de la rue remplacement d'une boulangerie où s'accomplit le ; mais le visage de cette figurine est net de tout ulcère.
OISE
Chapelle Saint-lîustache. Une Immaculée ConcepUon, vclicl de la naïveté de nos pères aux époques de ferveur et de foi montre Marie, dans le ventre d’Anne, recevant les hommages du 1 ere
Eternel milré, du roi David et tutti quanti.
Chapelle Saint-Claude. Décorée d’un vitrail par Engran e Prince, qui a placé son portrait, pour signature, et celui de plusieurs rois, saint Louis, Louis XI, François F^sur la ramure fleurie de Y Arbre de Jessé, au rang des ancêtres de la Vierge, malgré le vieux proverbe qui nie le droit divin : « Majesté n est que de Dieu ».
La verrière moins remarquable de la chapelle voisine offre cependant une particularité curieuse. Au panneau inférieur, du côté droit, figurait sans doute un sujet profane, à en juger par les trois Génies nus, munis de feuilles de vignes rapportées, qui se jouent au-dessus d’un abbé en prières — portrait moderne du curé de la cathédrale— substitué au motif prohibé ou détruit accidentellement.
2° Saint-Piorre ou Haute-Œuvre L — Là aussi, mais sur 1 aire du tympan, s’épanouissent les branches d’un Arbre de Jessé, se rapportant encore à la généalogie de la maison royale de France.
Il nous reste à signaler l’horloge monumentale, aux cinquantedeux cadrans, qui, à midi précis, met en mouvement une multitude de petites marionnettes. Ces pantins mécaniques jouent une pantomime, le Jugement dernier. Entre autres personnages de ce Guignol séraphique, on distingue du côté des élus, la Vertu, drapée, accompagnée d’un ange jouant du rebec, et, du coté des répiouvés, le Vice, sous la figure d un homme nu qui se cache le bout... du nez ; il est poussé en enfer par le trident d un démon. <( Cette sorte de Mystère, joué par des automates, dit M. Alexis Martin, nous paraît aussi déplacée aujourd hui dans une cathédrale que le serait sur la scène du Théâtre Français une des pièces que jouaient jadis les confrères de la Passion à Saint-Maur.
Basse-Œuvre. — Très ancienne église qui précède la cathé-
s,cn passant, dans la rose du midi, an milieu des prophètes, le porti\ait f)ni’rère Jean-François Fernel, médecin de Henri II, né à Mont-Didier,