‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 128 sur 183 · Saluons, de notre coni · texte numérisé non relu

Saluons, de notre coni

prés de Beauvais. Il prophétisa, en ell’et, ([ue le roi, atteint d’hyposjnadias, aurait des héritiers et après des conseils et des soins intelligents donnés unx époux, Fernel « fit des enl’ans à la reine ».

f/aUT 1MIOFANI-: A l/lUlLISK

(Irale. Notons trois statuettes nues, placées au-dessus de l’arcade principale.

4® Évêché. — Détails des élégantes peintures qui décorent les voûtes de la salle basse (xiv® siècle) : un concert de « sjrènes », jouantde divers instruments, se détache sur un fond rouge (fîg. 380).

Saint-Lucien. Abbaye. — A un quart de lieue de Beauvais. Les stalles de cette abbaye, actuellement à Saint-Denis, contenaient des bizarreries, « qu’aucune expression ne permet ni d’indiquer ni de voiler », écrit un archéologue réservé. Mentionnons, entre autres, des scènes où étaient figurés des invertis : les travaux d’Ilercule ; le diable battant sa femme ; une mère fouettant son enfant et se bouchant le nez, et mille autres tableaux bouffons, grotesques et rabelaisiens, auxquels, dit-on, Gallot a emprunté les extravagances de la Tentation de saint Antoine^ et qui a inspiré à Sedaine son cantique singulier. « Sous la forme de Proserpine, dit Gambry, mollement étendu sur un lit de repos, Satan offre ses charmes au saint ermite qui les dédaigne ». Un démon, dans une singulière posture, écrase l’estomac de ce pieux cénobite ; il le tire par la barbe, le piétine brutalement et l'oblige à sentir l’exécrable odeur qu’il exhale par « le trou du souflleur ». Nous verrons une scène analogue à YEnfer^ de Pise, avec cette différence (jue le produit expulsé n’est pas de nature gazeuse.

Que pensent les profonds symbolistes de ces représentations impétueuses ? Quant à nous, esprit terre-k-terre, nous n \ voyons cpie d’égrillardes et scatologicpies facéties de huchiers en belle

humeur, dans le haut goût de l’époque.

Ces extravagances s’accordaient parfaitement avec celles des cérémonies burlesques de la Fête de /’ylne, célébrée, dès le ix siècle, k Beauvais, avec plus de solennité qu en aucune autre ville de

F rance b

Compïègne. F" Saint- Antoine. — Dévastée et démolie pendant la tourmente révolutionnaire. Dans la chapelle Notre-Dame, 1 une des dalles portait la maligne épitaphe, en vers plats, du célibataire (( Pierre le Flamment, aux pieds plats » :

Drappier,

Bon marchand, loyaux et entier Qui sans faire usure, sans diffame Et si n’eut oncque, point de femme.

2° Saint-Jacques'^.

1. Pour commencer cette parodie liturgique, on menait en grande pompe^ a la cathédrale Saint-Pierre la plus jolie fdle de la commune, montée sur un âne et allaitant un poupart. Elle figurait la Sainte Vierge se rendant en Egypte. A la hn de la messe, au lieu de Vile missu est, le prêtre se mettait à braire par trois lois et la foule au lieu du Deo cfratias, répondait par trois hiii-hnn bien martelés et assourdissants, Cette fête, dégénérée en mascarade, avait, à son oripne, un caractère essentiellement religieux. Tandis que le bœut, l’un des premiers amis de Jésus, avait depuis longtemps reçu sa récompense en restant attaché a 1 apôtre saint Jean, dont il était en quelque sorte devenu l’emblème, le pauvre âne qui, lui aussi, avait réchaulTé l’étable où Jésus naquit, qui l'avait ensuite porté en Egypte, puis â Jérusalem, lors de l’entrée triomphale du Christ, était cependant resté dans 1 oubli.

Ce n’est que sur le tard qu’on pensera a lui rendre justice. Selon la ti adition chrétienne, l’âne aurait traversé la mer â sabot sec, après la capture de Jésus, et serait venu mourir près de ^ éroiie. Plusieurs siècles après que ce pieux inensoiigc se fut répandu, ou établit â Notre-Dame-les-Orgues une procession bisannuelle,^ où l’on promenait ses os, enfermés dans un reli([uaire qui présentait la lorme d ane. Telle est l’origine étrange et étrangère de cette tête qui, en h rance, de>int un prétexte de plus â libations publi({ues.

2. Un tableau votif rappelle le célèbre v(cu de Louis XIII, qui plaça le Iloyaume de France sous la protection de la Vierge, en reconnaissance de la grossesse inespérée de la reine, après une stérilité de vingt-deux ans. On sait cjue cet acte de loi, rciKJuvelé dans toutes les églises où Anne d Autriche avait lait des dévotions a ce sujet, et elles sont légion, — comme quoi les voyages ne développent |)as ([ue 1 intciligence, — fut accompli sur le conseil du père Joseph, l’Eminence grise, dont le roi disait : « Je ne sais personne au monde qui soit capable de laire la barbe à ce capucin, ([uoi qu’il y ait bonne prise ». 01. Lelebvu'e Saint-Ogan, 1 Oise,

f/aRT RKOKAiNK A l/É(iLISi:

Chantilly. Chapelle. — Aux l)aies Nord et Sud, deux éilncelantes verrières, datées de 1544, et provenant de la cliapelle du

cliateau d’Ecouen, reproduisent les elligies des enfants d’Anne de Montmorencv et de Madeleine de Savoie. Sur l’une, les cinq g-arçons sous la protection de saint Jean l’Evangéliste ; sur l’autre, les cinq filles, derrière lesquelles se tient sainte Agathe portant un de ses seins entre des cisailles (fig. 380 his^).

Fig’. 380 bis.

Mello. — De gracieuses sculptures sur bois ornent le dossier du banc-d’œuvre et représentent les trois Vertus théologales, le torse nu, à Texemple de Y Espérance (fîg. 380 ter).

Saint-Martin-aux-Bois. — L'église abbatiale, devenue paroissiale depuis la destruction du monastère, possède encore ses curieuses stalles du chœur, exécutées vers la fin du xv^ siècle. Elles sont chargées d’une profusion de sculptures délicates et peuvent rivaliser, par la variété et l’exécution^ avec celles d’Amiens. Plusieurs ont été dépouillées de leurs accoudoirs ou de leurs miséricordes historiés. Le chanoine Morel, auteur d’une intéressante monographie (1007) que nous allons mettre à contribution — ainsi que celle du chanoine Barraud, publiée en 1831 — attribue ce vandalisme à quelque amateur peu scrupuleux. Pourquoi pas à des accès de pudicité? De semblables exemples ne sont pas rares. Quoi quhl en soit, hâtonsnous de relever les plus suggestifs de ces groupes hétéroclites, avant qu’ils aient disparu ou soient détériorés.

Accoudoirs. « Un quadrupède à face humaine, remarquable par son cou démesurément long qu’il passe entre ses jambes pour atteindre sa queue qui est courte, mais bien fournie (La Luxure). »

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