Cf. Olivier Merson, les Vilniiix
Cette figure ollVe une certaine analogie avec celle (jiie nous avons reproduite à Notre-Dame de Villefranclie-de-Rouerge (Hg. Idt)) el vraisemblablement ce n'est pas sa queue que ranimai cherche a atteindre, il la chercherait de coté ; d’ailleurs sa signification allégori(jue serait la même.
Un motif analogue se retrouve sur une miséricorde, mais il s agit d’un monstre marin, bipède qui « passe son long cou entre ses jambes et s’apprête à saisir sa queue de sa gueule ».
Du coté de l'épître, nous voyons, d’une part, un quadrupède à pied fourchu, et, d’autre part, un monstre, coilTés d’un capuce, symbolisant le Vice. Est-ce une allusion au dévergondage des religieux de l’Abbaye? C’est bien possible : « Auxvii® siècle, note le chanoine Morel, la ferveur était loin de régner parmi les chanoines réguliers de Saint-x\ugustin ».
Une truie joue de la cornemuse, tandis que ses petits sont pendus à ses mameUes, restaurant-concert symbolisant les joies de la famille. Moins optimiste, l’abbé Barraud voit dans ce tableau de famille « la Dégradation ».
Miséricordes. « Deux sculpteurs, l’un, homme, l’autre animal ou démon, achèvent une statue de femme », dit le chanoine Barraud. C’est Débauche d’une Tentation^ ajoute son collègue Morel. Ne serait-ce pas simplement un hommage rendu à la sculpture ou à la corporation des tailleurs d’images ?
Un condamné à la peine du fouet est fustigé par deux hommes. (Le châtiment du péché.) Villon, pour s’être gaussé de la Sorbonne, subit cette peine :
J’en fus batu, comme à ru telles.
Tout nud, jà ne le quiers celer.
« Le diable entraîne une femme qui essaie vainement de se dégager de ses liens ». (La Servitude du Vice).
« Une villageoise au maintien simple et modeste s’occupe k filer avec la quenouille et le fuseau, tandis qu’un singe dressé devant elle la contemple avec attention ». (La Séduction).
Une néréide, emblème de la Volupté.
(( Une fille, en habits de religieuse », d’après l’abbé Barraud^ armée d’une scie, coupe le diable par le milieu du corps. Le démon, vaincu et plein de rage d’avoir trouvé son maître, grimace d’hor-
L ’ A II T 1» Il O F A N K A l/ F fl M S E
analogue (lig. 381) : la femme, fortement décolletée, se contente de
On appréciait beaucoup, mais à tort paraît-il, une statue en rondebosse, selon les uns ; sculptée sur une pierre tombale, selon les autres, et qui représentait une noble dame morte pendant l’opération césarienne ; Tenfant sortait par la plaie béante. Cette curiosité archéologique était encore visible en 1803 ; aujourd’hui, personne ne sait ce qu’elle est devenue^ ni au Musée, ni k l'Evêché, où elle avait été reléguée comme indécente. Que voulez-vous, il est des gens si pudibonds, dans le monde où l’on prie, qu’ils ne peuvent traverser une gorge de montagnes sans se couvrir les yeux. Les édifices religieux ont toujours eu quatre grands ennemis destructeurs : le temps, les embellisseurs, le vandalisme révolutionnaire et huguenot et l’hypocrisie des molusques des bancs d’œuvre, des « merlans de sacristie », pour nous servir de la pittoresque et caustique expression d’IIuysmans.
Adam et Eve dominent la façade, avec la main disposée en feuille de vigne ; mais, par suite de la vétusté de ces statues, couvertes de mousse, le pubis désuet semble velu, et le geste pudique devient
scier la tête k T Esprit du mal. C’est l’allégorie de la puissance de la « faible » Eemme, qui arrive k maîtriser le démon luimême par sa ténacité, sa perfidie et sa perversité.
Senlis. — La Trinité est sculptée au portail méridional, sous la figure de l’Eternel, assis et tenant la croix sur laquelle est étendu Jésus ; une colombe semble sortir de la bouche de Dieu le Père comme d’un pigeonnier, et remplace sa barhe.
OISE
iinpudicjiie ; Adam paraît (( se muser » ou « vuider le supeiflu de sa boisson » en temps de pluie.
Marseille-le-Petit. Saint-Cucuphat. — Le André, de Dijon, décrit dans la Chronique médicale un petit bonhomme accroupi qui se trouve à l’intersection des nervures d’une voûte ogdvale,
« culotte baissée, entre les pieds duquel existe le produit d’une sérieuse exonération intestinale » .
Le vocable du lieu se prête admirablement à cette caricature d’un acte naturel, et ce n’est pas le cas de dire avec Horace : Non erat hic IoClIS. « Le goût du curé, ajoute notre confrère, avait cru rehausser le mérite de cette décoration par une enluminure qui exagérait encore ce que la sculpture gothique a de réalisme. » La nature artistique du séculier le poussait à faire de la couleur locale en rapport avec le style flamboyant et les Seciila Seculorum de l’ambiance. Y aurait-il pas confusion de ce petit sans-culotte avec un motif d’allure analogue qui nous a été signalé à Montreuil-sur-Mer (fig. 383 bis) ? Ces vues coprologiques de fesses et de fèces étaient d’ailleurs un thème favori des imagiers religieux d’antan : Hæc decics repetita placebit.
Un autre motif inconvenant, mais de tout autre ordre, décore une voûte de cette église (fîg. 381 bis) ; c'est un buste féminin, « opulent en tetasses avalées, pendantes plus que d’une vache allaitant son veau », pour employer le style imagé de Brantôme. Ce buste luxuriant de luxurieuse symbolise la Lubricité^ à moins qu’il ne soit l'eml^lème d’un corps de métier admis autrefois dans les sanctuaires, celui des Madeleines non repenties.
Montataire. Creil. — A l’entrée des églises paroissiales de ces communes subsistent encore les vestiges d’une cheminée qui servait à chauffer l’eau du baptême, où le catéchumène — nu comme un vers de Coppée — subissait une triple immersion en l’honneur
i/aRT l'UOFANE A l/É(iLISF:
(le la sainte Trinité : spectacle su^g-eslit dont le clerg'é se rinçait l’œil (l’aise, en présence de jeunes et jolies néophytes (|ui se rinçaient le corps et l’âme.
Chapelle des Fonts baptismaux. Sainte AnnCy la Vierge et Jésus. Groupe en bois, rappelant la Sainte Anne de Léonard de Vinci (Louvre) ; la graud’uière de Jésus tient dans ses bras sa fille qui porte le divin Barnhino.
Rue Saim'-Pierre. — Dans une notice sur cette église, par M. Fabbé Godo, curé de la paroisse, nous relevons un détail intéressant. Un des chapiteaux du portail est couvert d’un bas-relief figurant un homme à genoux qui se débat contre deux serpents. M. l’abbé se demande si cette scène ne fait pas allusion à la légende relative à la fondation de l’église :
Fi^-. 38i.
Un des anciens seigneurs de Courlieu, s’étant un jour endormi sous un chêne delà forêt, se trouva assailli par deux énormes vipères ; dans ce moment critique, il fît vœu, si Dieu lui conservait la vie, de bâtir au même endroit une église.
Ges vipères nous font assez l’effet de « couleuvres » que la tradition voudrait bien nous faire avaler. Il est très probable que nous sommes simplement en présence du châtiment de la Luxure et que <( l’homme » en question est plutôt une femme, dont les attributs éminemment caractéristiques ont été ravagés par le temps.
Noyon L
1. A la cathédrale, il y avait un caveau phonocamptique sous le chœur, pour renforcer la voix des chantres ; de même sous les dej^-rés des théâtres grecs, on plaçait des vases, echea, d’airain ou de terre, pour amplifier la voix des acteurs. C'est une des nombreuses analogies qui existent entre l’Eglise et le Théâtre.
38iU
l’intérieur de la tourelle de l'esfait croire que nous en trouverions de
La connaissance d’une incongruité (hg.
calicr de l’IIôtel de Ville, nous avait similaires dans les édifices religieux de la localité, mais notre conjecture était fausse. De telles scènes peuvent d’ailleurs avoir disparu. Pour M. Kaguenet, ce chienlit que nous représentons, était destiné â perpétuer le souvenir des facéties gaillardes d’un boulïon célèbre â cette époque. Ce n’est pas notre avis, il nous jiaraît difficile de mettre un nom sous cette Folie scatophile ; nous n’y voyons qu’une grasse plaisanterie accommodée au goût relevé de l’époque.
OISE
Clermont. I® Saint-Sarason ' . — 2" Couvent de Saint-André
Rem ER ANGLE Saintines
LVIL — ORNE
Mortagne. Notre-Dame. — Vitraux enluminés, interprétant la
parabole de VEnfant prodigue^ g'ende explicite :
Un home deux enfans avoit Auquel le jeune demanda Le bien qui lui appartenoit Pour a par soi tost le vouloit Et son pere luy accorda.
deux tableaux, avec cette lé-
Quand il eut a son manyment Or et are:ent à toutes mains Il vesqut prodigalement Son bien despensant folement Avec ribaud et putain.
1. Statue ancienne, probablement tombale, représentant un cadavre nu, encadré d’une inscription latine en caractères gothiques, dont voici la traduction: « Qui que tu sois ici, tu tomberas dans la mort ; ainsi regarde et pleure. Je suis ce que tu seras, un peu de cendre. Prie pour moi, je te le demande ». Ces inscriptions manquent toujours de sel, à l’encontre du singulier hiéroglyiihe rapporté par B. des Accords. Un saint abbé, voulant graver plus vivement dans la mémoire de ses moines ce sage précepte : Ilahe mortem præ oculis, fit peindre sur les murs du cloître un abbé mort, au milieu d’un pré, avec un lis ticbé au derrière : abé moût