‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 130 sur 183 · AMEN · texte numérisé non relu

AMEN

3. L’église est dédiée à Notre-Dame, mais elle a un second patron, saint Gengoul (Gangulfus), qui fut assassiné dans son château d’Avaux, en Bassigny, l’an 760, à l’instigation de son épouse, dont il avait découvert l’inconduite ; nous en reparlerons à propos d’un bas-relief de Saint-Vulfran, d’Abbeville. Aussi est-il habituellement vénéré comme patron des mal mariés. A Remerangle, on l’invoquait surtout pour les boiteux et les enfants « noués » ou en retard pour la marche. Les parents apportaient une paire de bas de laine remplis de blé qu’ils otfraient au saint guérisseur. Après avoir touché scs reliques, on mettait ces bas à l’enfant, qui les conservait pendant neuf jours et marchait au bout de ce temps, assure la chronique oisillonnaise. Nous avons dit qu’il devait sa réputation de rebouteur à l’analogie de son nom avec « genou ». Cf. A. Debauve et E. Roussel, Ifist. du dép. de rOise. V. p. 20, le châtiment crépitant de Mme Gangolfc.

4. Possédait une fontaine dont les eaux passaient jiour avoir la propriété de guérir l’épilepsie ; les garçons et les filles atteints de cette maladie tenace se baignaient en commun dans la piscine sacrée et assistaient ensuite â une messe de minuit, dite pour eux, à l’église de ce village, voisin de Compiègne. Bien entendu, le haut et le {letit mal suivaient leur cours et se compliquaient même, durant le pèlerinage, de secousses épileptiformes qui contribuaient à l’agrément, sinon â l’utilité du voyage.

l’art profane. — I.

i/aRT 1M10KAM-: A L ’ É (i|l. 1 S K

Saint-Gauhuiigi]. Prieuré. — Le serpent de la Tcnlalion d’Eve a eu la fantaisie de prendre la tete et le torse d’une femme séduisante.

Passe encore s’il se fut ag-i de tenter xVdam ; mais, pour séduire sa compagne, une figure d’adolescent eût été plus logique, à moins que ce monstre femelle ne fut déjà l’emblème de Pamour saphique ?

MoiNtgaroult. — Tout commentaire est inutile sur le détail folichon de l’entablement, que reproduit notre figure 383, d’après un dessin de T. Thérond ; nous nous rapportons à la jugeote de nos lecteurs pour en découvrir la signification, qui n’a rien de spécialement mystique.

Fii;-. 383.

Notrg-Dame-sur-l’Eau (xP siècle) L

Geton. — Cette église renferme une statue de Sainte Venice ou Venise^ antique Vénus gallo-romaine, d’après P. Saintyves, dans laquelle on s’imagine reconnaître sainte Véronique ; « son corps est nu en grande partie : un ruban est passé autour de ses reins, et les malades qui viennent implorer la sainte, pour faire revenir leurs époques, le mettent au même endroit ». A Nogent-le-Rotrou, ajoute l’auteur des Saints successeurs des Dieux, la même Vénus est invoquée pour excès ou insuffisance des menstrues et, suivant les cas, les dévotes attachent à sa statue un ruban blanc ou rouge, « le blanc pour ralentir ou arrêter, le rouge pour hâter ou rappeler ».

LVlll. — PAS-DE-CALAIS Boulogne. Notre-Dame

1. On lit, sur la pierre tombale d'une dame de qualité qui est couchée, les mains jointes, cette épitaphe où les vers se sont mis et (jui lut composée par son époux w inconsolable », selon la formule consacrée des premiers mois du vcuvajire :

Passant, ce marbre ne regarde,

Ma cendre n’est sous ce tombeau,

Car mon cher mary me la garde Et son co'ur en est le vaisseau.

2. Entre les mille et une cures miraculeuses opérées j)ar la patronne de ce sanctuaire, nous épinglons la suivante : En 1632, Isabelle Mennin, Icmmc de Jac(pies

l‘A s- DE-CAL Aïs

Akiias. Cathédrale. — Tal)leau de la Vierge remplissant du lait de sa mamelle l'encrier de saint Bernard La même légende dorée et brodée est traitée d’une façon identique dans une église de Calais

Les gargouilles des soubassements figurent des pestiférés, atteints du mal des Ardents ; a les uns se tordent et blasphèment, les autres s'adressent à Dieu avec confiance ».

Montreeil-scii-Mer. Saint-Saulve. — Possède plusieurs tableaux de Jean Joseph Dumonts, « ceux qui étaient considérés comme des plus remarquaJdes », dit M. l’abbé Robart, président de l’Académie d’Arras, — les croûtes — « trop encombrants ont été cédés à Saint- Acheul d’Amiens ». Parmi les premiers, nous voyons une Adoration des Bergers signée : peint par j.j. dumonts, peintre ordinaire... EN 1762. Deux mots — du roy — sont restés effacés depuis la Révolution. Ceux qui ignorent cette particularité se disent : « A la bonne heure, Amila un artiste peu « ordinaire », qui connaît son mérite et se rend justice. '

Nef. Côté de l’Evangile. D’apr ès la description de M. Charles Ilenneguiez, un ceps de Augne forme la frise de l’entablement. Au milieu du feuillage, on distingue une arbalète et un oiseau (de Cypris?) accompagnés d’une cartouche portant cette devise, en caractères gothiques : P. AAiovR. On la retrouve, avec l’arbalète, sur tous les ornements de la chapelle de la Vierge. Les gens graves pensent qu’il s agit des attributs de la devise des arbalétriers de Montreuil ; les

llrill’aiilt, de la basse ville de Boiir^og-ne, venait d’accoucher d’im enfant « qui n’avoit ni mouvement, ni respiration, ni aiicim sij>ne de vie ». Après une heure d’attente, la sage-femme eut « l’inspiration » de faire un vœu à Notre-Dame de Boulogne, vani ratitié par la mère désolée ; aussitôt l’enfant « ouvrit les yeux, pleura, donna toutes les autres marques de la rie ». Aujourd’hui nos tocologiies en veston on en jupon obtiennent le même résultat, et })lus rapidement, à l’aide d’ (( inspirations » directes, avec un tidm ad hoc. ou indirectes, ])ar j)ressions rythmiques du thorax. Par ailleurs, les ecclésiastiipies sont poussés, malgré eux, a faire à jet continu de l’exercice illégal de la médecine, en raison de la crédulité de leurs ouailles, qui voient une analogie providentielle entre les mots curés et cures. Ainsi, 1 ahhé X. est médecin de l’âme dans le département des Vosges et médecin du corps a Paris, rue Saint-Charles, l it), mais sans diplôme. Or, pour cette infraction à la loi, l’ahhé cumulard vient d’étre condamné (20 octobre PJ07) à 100 fr. d’amende et à 100 fr. de dommages-intérêts envers le syndicat des médecins partie civile. ’

1. Anec. fiist. et reliq. sur les Seins et V Allaitement, p. 120.

Page 1