SE1;\K-ET-01SI
(Vest lîi même leçon (|ii’oiil voulu nous donner les tailleurs trimag-es, en s'inspirant de cette œuvre fameuse.
Fi^. 438 bis cl 1er. — D'après les photographies de M. F. Martin-Sal)oii.
OiiosLAY. Saint-Martin. — Kg-lise remarquable })ar ses verrières. L’une rappelle Lépreuve acceptée par saint Martin, lors de la chute du chêne consacré aux idoles. Le saint est couché au pied de l’arbre (pli doit l’écraser, selon toutes les prévisions des païens. Au-dessous, cette inscription : Cornent sainct Martin se niist soubs rieuse.
Une autre verrière, la dernière, est consacrée à la légende de Sainte Barbe. Le premier compartiment expose la sainte fouettée et subissant l’ablation des seins ; image pieuse soulignée de ce quatrain, boiteux par excès de pieds :
IBle est mise à nu et fouettée cruellement
Avec des nerfs de bœuf, la terre est roiuje de son sancj.
Sa (fuérisoii miraculeuse irrite le juge inhumain,
Il ordonne aux bourreaux de lui couper les seins.
Dans le second panneau, le corps de la sainte, complètement dépouillé de ses vêtements, est étendu sur un lit d’épées nues, en faisceau :
Pour la vaincre, on V étend sur des épées nues,
Lui déchire les flânes avec des pointes aiguës.
Saint-Cloud L — Après la mort de Henri III (Lb80), assassiné
1 . M. de Mènorval, dans depî/ôs .sp.s orè//‘/ie.s, raconte la singulière façon dont huit ligueurs et ligueuses fêtèrent « dignement » l’anniversaire de la Saint- Barthélemy, le 24 août 1388 ; « Ils s’embarquèrent sur la galiote, à Passy ; on les vit
l'art profani: a r/FfiLisL
à Saint-Cloud par le fanati([ue Jacques Clénieiii, son ca.*ur fut recueilli dans l’ég-lise de cette localité et son corps fut transporté à
Compiè^ne, puis à Saint-Denis (10 10).
Kn 1085, JeanPageot et non Harthélemy Prieur, aux frais du duc d Kpernon, — fidèle serviteur du roi, — tailla, dans un seul bloc de marbre Gampan Isabelle, une colonne « avec la ver^e torse » et terminée par un chapiteau (fig. 480).
Ce nouveau monument commémoratif était orné de branches de lierre, de palmes, de chiffres enlacés et couronnés ; il était surmonté d’une urne, destinée a recevoir le cœur du roi. Le piédestal était rehaussé de deux basreliefs, Lun mytholog-ique, représentant Apollon et Marsyas (fig*. 430) ; Pautre symbolique, la Mort et la Résurrection (fi g*. 440), attribué à Jean Goujon.
L^œuvre de Pageot resta pendant deux siècles dans l’église paroissiale de Saint- Cloud, puis figura au Musée des Monuments français^ où Lenoir la restaura.
A l’urne, détruite, fut substitué un Génie de la mort, entièrement nu, et, vraisemblablement, les bas-reliefs remplacèrent ceux qui avaient été brisés.
Aujourd'hui, la colonne funéraire de Henri III est à Saint-Denis, et une urne moderne a remplacé le Génie immodeste L
Fig-. 439.
dcharquer au bas de Saiiit-Cloiid, gravir la côte et, arrivés devant l'église, s’étendre à terre afin de racler le sol de leur langue sur le lien du supplice et de rapporter a\ ec eux quelques parcelles des cendres du saint martyr. A leur retour, la Seine, subitement agitée, se souleva, envahit la barque et tous furent noyés près du couvent des Bonshommes, sans que les reliques qu’ils rapportaient de leur saint aient eu la vertu de les sauver du naufrage. )>
Le ciel a sans doute châtié les ligueuses pour s’étre trop « étendues » dans les juirages de Montretout. De nos jours, ou va aussi en pèlerinage à Saint-Cloud, mais les couples joyeux u’ont plus la mine ascétique et renfrognée des fanatiques d’autan; ils « s’étendent » sur l’herbe du parc, non pour la manger, mais pour s'y rouler et y jouer... du mirliton. Autres temps, autres mœurs 1
1. En 1631, Golnitz a décrit le premier « repositoire » du cœur de Henri 111 : Au sommet étaient entrelacées deux couronnes — Gaule et Pologne — et portaient
SFJ>’ F-ET-OISK
Prksiæs. — Les stalles du chœur remonteiii au siècle de Louis Xl^" et proA ieimeut de 1 ancienne ég*lise de Saint-(>doud ;
l’une des sculptures rappelle le fabliau de Sir Hains et de dame Anieuse on Ennuyeuse (fi g-. 441). A la suite de discussions perpétuelles, le ménage mal assorti décide que le mari pendra sa culotte à
cette inscription : Manet ultima cœlo. A la base, on lisait cette épitaphe, en latin :
A l'éternelle mémoire de Henri III, roi de France et de Pologne.
Arrête-toi, voyag-eur, et plains le sort des Rois.
Sous ce marbre est caché le cmir d'un roi.
Qui donna des lois aux Gaulois et aux Sarmates ;
Un sicaire, vêtu d’un capuchon de moine, l a mis là.
Va-t'en, voyageur, et plains le sort des Rois :
(^ue ce que tu lui auras souhaité t’arrive.
un arbre de la cour et ({ue les époux lutteront à (jul l’emportera ou plutôt la portera. Contrairement à la réalité, La culotte reste au
chef constitutionnel de la communauté, qui règne, mais ne gouverne pas ; aussi la femme continuera-t-elle, au moral s’entend, à être culottée^ comme les vieilles pipes juteuses. Les deux champions semblent complètement nus ; mais à y regarder de près, assure l’abbé L. Marsaux, la femme porte une jupe collante, indiquée par quelques hachures.
Ce débat de la culotte conjugale est d'un très mauvais enseignement pour la femme, naturellement insubordonnée et qui manque complètement d’esprit de suite, surtout en ce qui concerne celle de son mari, comme la Genèse et le Code civil l’y obligent : loin de là, au lieu de le suivre, elle s’applique à le poursuivre, selon la line pointe de feu d’un auteur misogyne. Nous préférons la sanction des coutumes que Millin a observées dans le Midi de la France, vers 1810 : à Saint-Julien, en Champsaur, on promenait sur un àne, la face tournée du côté de la croupe, la femme qui avait battu son mari et on lui essuyait les lèvres avec la queue du quadrupède ; à Gap, on ridiculisait de la même façon le Jocrisse, le « tate-poule », qui s'était laissé rouer de coups par sa douce et rouée moitié, jalouse de lui faire Suivre l’évangile des quenouilles.
Trikl. — Une verrière célèbre les divers épisodes de la vie de saint Nicolas. Le saint, à sa naissance, debout et nu dans un bassin, est entouré de femmes qui se préparent à faire sa première toilette : il se tint ainsi (( droict » deux heures, les mains jointes. Si « 1 usage de la raison lui fut avancé », comme le veut 1 un de ses historiographes, on ne peut pas dire qu'il fut aussi favorisé en ce qui touche le sentiment de la pudeur. En effet, devant trois dames, le petit en nageur (( joignist » les mains, au lieu d’imiter l’attitude modeste de la Vénus de Médicis.
Chapelle Saint-Jacques. Un vitrail rappelle la légende des Pèlerins de Saint-Jacques, à Toulouse. Nous connaissons l'anecdote : Une fille d'auberge se venge du dédain d’un jeune voyageur.
en iiitroduisanl une tasse trarg'ent dans le sac de celui-ci et en raccusant de vol, comme pour Benjamin,
On voit la jeune maritorne qui cherche à entraîner vers elle l’émule du Joseph biblique. Au-dessous, se lit cette inscription explicative :
Cornent la chamhricre par nuyt ainsy que Les pèlerins dormoienl niist une lace ly arpent en sa nialelte du filz car il N'avoit pas voulu faire... sa volunté.
Mantks. Notre-Dame. — Garg-ouille, sous forme d’une femme qui semble habillée et dont la poitrine est à l’air (lig'. 442). Elle tient à la main un vase percé ; est-ce le vase m3UThophore de Marie- Madeleine ou un tonnelet de Danaïde, par lequel l’eau s’écoule?
Chapelle Saint-Etienne. Tombeau, en pierre, de Lag-arde, comtesse de Mantes et de Melun, reproduit par Millin (lig*. 443). Au chevet, deux ang*elots portent un encensoir et, aux pieds, deux autres ang*elots se prennent à la gorg-e (lig*. 444) h Est-ce une allusion au désaccord du ménage de la défunte ? Au centre d’une des faces de ce mausolée, on voit un bas-relief singulier. Une femme, assise à côté d’un roi, dans une attitude conciliante, foule aux pieds un enfant nu : le Jiiqement de Salomon^.
Gassicourt. — Les sujets convenables de plusieurs miséricordes se rencontrent ailleurs, mais il en est de malpropres qui sont propres à cette église : le Jeu de Collin-Maillard ^ entre trois femmes nues (lig. 444 bis)\ la Puiifar, en costume de put... ifar (fig. 444 te?') et un joj^eux Buveur (lig. 444 quarte) dont la braguette
1. Aux pieds de Raoul III le Vaillanl, couché sur sa sépulture du xi*’ siècle, église Saint-Pierre, de Montdidier, il y a combat entre un lion et un chien, les deux animaux emblématiques, couchés aux pieds de l’homme et de la femme, dans les sépultures. Cette lutte est le symbole du désaccord conjugal; mais est-ce bien le cas de l’appliquer ici ?
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exa^^ère le relief des organes qu’elle cache ; ce dipsoinaiie blasphémer le dernier mot du llédempteur, Sitlo !
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Fontenay-lks-Louvres. — Une miséricorde porte une bain entre deux vieux juges patineurs, contrairement au récit de la Bible, qui en fait des <( voyeurs ».
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LorvECiENNEs. — L ég'lîse est citée pour ses pendentifs, de la forme la plus orig'inale, et pour son inaitre-autel, dont le canictère profane et élég’ant évoque le souvenir de la du Barry, cette alouette victime de Ting-rat Zamore, dont lame était aussi noire que le visag*e.
Saint-Ouen-l Aumône. — On remarque une statuette de la Vierge enceinte, sculptée dans un tronc de noyer. La statue peut s'ouvrir, et renfant Jésus apparaît. Gomme le fait remarquer le Bouchacourt, nous avons là un curieux exemple de grossesse ectopique : le Bambino occupe la poitrine de sa mère et non son abdomen î
On y débite des Cordons de saint Joseph aux femmes grosses ; nous en avons donné le dessin dans notre Histoire des aecouchements.
Saint-Germain-en-Laye. Chapelle du Château. — Dans la sacristie, écrit Dulaure. un tableau du Gorrège représentait une Vierpe allaitant son divin enfant ; un autre bambin soufflait le feu d’un réchaud sur lequel était placé « un vase de lait ». A quoi cet historien extra-lucide a-t-il pu reconnaître que le contenu du vase était du lait ?
Poissa. Église paroissiale. — Selon une tradition erronée, cet édifice aurait été construit sur l’emplacement du château où saint Louis vit le jour. Le maître-autel occuperait la place même du lit de la reine Blanche ; voilà pourquoi, dit-on dans le monde des crédules dévots, l’église n’est pas orientée selon l’usage courant, de l’Ouest à l’Est. Mais Louis IX naquit à Neuville-en-lïez, dans le Beauvoisis ; à Poissy, il fut simplement baptisé, et c’est en souvenir de cet événement qu’il signait parfois « Louis de Poissy » ou « Seigneur de Poissy » ; son extrême piété lui faisant considérer le baptême comme le véritable début de la vie, et, par suite, Poissy comme sa ville natale. D’où l’erreur et la légende. Une des vitres de la Ghapelle Saint-Louis représente l'accouchement de la reine Blanche. On y lit cette inscription, que Dulaure ne fait remonter qu’au xvi^^ siècle, en lui enlevant toute valeur historique :
Saint Louis fut un enfant de Poissy,
Va baptisé en la présente église ;
Les fonts en sont gardés encore ici,
Et hœiorés comme relique exquise.
l'art l'ROFAiNIO A l/l':(iLISL
Dans la même Chapelle^ sont conservés des rragmenis, reliés par du plâtre, des fonts baptismaux de saint Louis. Avant la découverte de la quinine, on attribuait à la raclure de ces fonts la vertu fébrifuge ; aussi ont-ils été si consciencieusement raclés qu’il n’en reste plus que des débris informes.
Montfort-l’Amaüry. — Un buste de femme nue décore le tympan du portail.
L’un des superbes vitraux du xv*^ siècle expose une Circoncision ultra-réaliste. D’autre part, M. Ottin signale, à la vingt-septième fenêtre, une verrière assez singulière. Cet auteur en ignore le sujet, mais il s’agit évidemment d’une naissance. Au fond, 1 accouchée est dans son lit; à droite, une femme chauffe du linge à une cheminée ; sur le premier plan, on procède au bain du nouveau-né. « A cette place, dit l’auteur du Vitrail, se trouve une figure de femme à moitié nue qui est de toute beauté. »
Borax. — Sur la vitre enluminée du Christ aux linibes, l’Enfer est dessiné d'une façon quelque peu burlesque (fig. 445). Adam et Eve, par droit protocalaire, figurent en tête des libérés, dans le costume qu’ils avaient avant la faute.
Etampes. Saint-BasÜG. — Pour voiler les nudités d’une peinture remontant au xi® siècle, qui représentait le Jugement universel, un émule de Basile, croyant plaire à son saint patron, imagina de recouvrir le tableau d’une couche de plâtre, dont on ne l’a que récemment débarrassé.
Pontoise L Saint-Maclou
1. Par un règlement de Saint-Louis, dit la Récolte de Vermile^ les religieuses de Pontoise devaient être saignées six fois par an, aux époques suivantes: Noël, le mercredi des Cendres, Pâques, Saint-Pierre, la mi-Août, la Toussaint. « Il faut avouer ({ue de faire saigner des religieuses au commencement et à la fin du carême, c’était prendre assez mal son temps. » Cet usage était en vigueur dans tous les couvents, soit d'hommes soit de femmes ; il devait servir à réprimer l’aiguillon de la chair; aussi l’appelait-on Miniitio monachi.
2. Une cloche, destinée à donner l'alarme en cas d’incendie, était enfermée dans la tour de cet édifice; on y lisait un vers latin, fameux par son harmonie imitative :
Ulula, unda, unda, iinda, unda, unda, unda ; accurrile cives.
Nous ne savons quel observateur irrespectueux a trouvé que toutes les cloches des églises, appelant les fidèles, disaient : dhi-don, din-don.
s Kl N K-K'I'-OISK
('OKKMKRKS. — SiiT la vciTière (|ui éclaire le maitre-auLcl, du côté de l'Evangile, se déroule la vie de Suzanne (dg- Lis), Ou la voit il abord une, au bain, et de lace, avec les formes opulentes des Fla-
Fig-, 445 his.
mandes de Rubens, puis au moment où on lui applique injustement la peine du fouet(fîg. 445 ter).
Au dehors, sur l’un des flancs, est sculptée une figure, dans une nudité complète (fig. 445 qu’il nous est difficile d’identifier.
Bellay. — On a reproché à Santerre l’exagération du nu de la Madeleine au désert qui décore cette église ; « ce peintre, observe un de ces critiques, s’est toujours fait remarquer par le décolletage des lemmes qu’il dessinait ». C’était, vous le savez, un artiste gymnophile.
L’église de Magny possède aussi du même peintre une Madeleine en pleurs.
l'aut profane. — I.
i/Airi’ l'HOKANi: A i/Kf;usi: