Ihal. (les accoiichemenls, au chapitre des Monslruosilés
2. Nous savons que le capuchon ii’ctait pas la caractéristique exclusive des moniaux.
3. Les ligures 453 à 450 sont tirées des Sciilpl. rjrolesq. et sifnih.de Itoiien et de ses environs, par Jules Adeline.
l/ A R T l‘ R O F A M-: A l/ F fl L I S II
line satire contre la Faculté mérite une mention spéciale, bien (|u'elle n’ait aucun rapport avec la tliéolog-ie : un mire ou médecin, dont le corps signiticatif se termine en oie, avec des pattes et une queue
de fauve, examine A gravement un urinai
(lig. 457). N’oublions pas la Grammaire^ la férule
i en main, pour ses démonstrations a
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ng-. 4oo,
posteriori. Cette figure de rhétorique I î se retrouve gravée sur toutes les cathédrales et ne devrait pas être orthodoxe : Fi-. 4:iri.
le pape Grégoire n’at-il pas blâmé saint Didier, évêque de Adenne, de ce qu'il étudie la grammaire, « laquelle, dit-il, ne sert qu’à égarer les âmes et à ébranler la foi » ?
terminons cette série par un tableau, dont nous contestons à
Mlle Pillion l’étiquette qu’elle y accroche, ( lig. 458).
Fig. 457.
Fig. 458.
Ce critique d’art découvre le ./ofz/’, sous les traits de 1 enfant nu, du
SFJNK-lNKÉRli:ri\ K
Fif:;’. 459.
Vvs. 4G0.
Fig'. 461.
sexe « mâle )>,el la Nui/, dans la lemmc (jui étend son manteau protecteur. Mais il n est tenu aucun compte du g*este du bambin, c[ui einpoii>*ne la mamelle g'auebe de la femme, et s appli([ue exclusivement à la Charité ou à la Maternité .
Notre courtoisie à Tégard du beau sexe
nous interdit de révoquer en doute le pressentiment que manifeste cet auteur sur « son symbolisme insolite et invraisemblable ». Cette g-racieuse et peu commune allég-orie de la première vertu tliéolog^ale, qui contient en germe toutes les autres, se retrouve sur Tune des miséricordes du chœur.
Intérieur. — On observe, de même, la plus g'rande variété dans les sculptures des stalles, otfertes par le cardinal d’Estouteville, en 1435. A côté des leçons d’histoire religieuse ou de morale, que se plaisent souvent à donner les tailleurs d’images, figurent des scènes familières ou professionnelles, des êtres fabuleux, mais point de tableaux licencieux. Langlois en soupçonne un pourtant dans l’image d' (( un homme nu couché, la tête coiffée d’un drap qui couvre une partie de son corps (fig. 451)) ». Moins clairvoyant, nous voyons là un ressuscité, enveloppé de son suaire et se disposant à paraître devant le tribunal suprême. Toutefois, certains sujets traités sur plusieurs miséricordes ne sont pas des plus édifiants et rentrent dans la catégorie dite des « mauvais sujets ». Une Lucrèce, par exemple, se défend énergiquement contre les privautés d’un soudard ; elle lui enlève son sabre et Ten menace (fig. 400). La chaufferette d’une jeune poissonnière est capable d’allumer bien des convoitises (fig. 401) L Une mère ou une institutrice"^ corrige une fille, déjà
Les collèges de Paris avaient encore au milieu leurs dits « l’oüette-cu ».
2. Ix*s ligures 452 à 461, gravées par E. Langlois, cathédrale de Rouen, par J. Adeline (1838).
du -wii® siècle des pères sont tirées des Stalles
Ibuetde la
l’art rrofa.nk a i/élf.isl
iml)ile, h en jug-er par tour (le bras i()2).
le (lev(‘loppeinenl de la partie fusli;^('*e, Kchang-e de caresses .amènes entre un lion
tête d’homme et une lionne à tête féminine (fig*. 463). Harpie ou Sirène, à queue et à pattes d’oie, tenant un cœur à la main, (fig. 464) ; des esprits subtils, des chercheurs de quintessence et de petite bête
ont vu, dans cette hgure, la reine Pcdauquc^ mais bien à tort, selon nous. Une chimère mamelue, à corps de lionne (hg. 4()o), qui ouvre des bras prometteurs à la volupté de passage. Chimère ailée ou Mélusine, finissant en queue de serpent (hg. 466). Une série de numéros satiriques sur la faiblesse de 1 homme, d actualité éternelle .
d’abord, un chat jouant .avec une souris, comme la coquette féline avec le coeur d’un amant; puis, un époux « chaude la couche » les jambes nues, se roulant aux pieds de sa mégère qui lui tient la dragée haute. Un autre couple, du même ordre, place un « père ha ruelle » sous la puissance de sa dame « J ordonne » (6g. 46/) ; il est agenouillé devant la poitrine tentatrice, tandis que la lionne ame lui piétine les mains pour l’empêcher de se relever. Unfin, le triomphe de la Femme sur l’Homme s’allîrme plus que jamais dans le motif tiré du Lai d’Aristote, si souvent raconté sur les édihces du culte (6g. 468). Gampasque, qui chevauche le philosophe, est ici coillee du hennin ‘ elle a la gorge découverte suivant la mode des coin tisanes, sous Charles VI :
Aclonc que par dessus monta
vainquit des maistres le maistre.
Dans cette scène écjuestre, répétée sur le portail de la Galeiide,où la femme, en cheveux, tient un mors, d’une main, et un fouet,
Xantippe; mais la première interprétation est beaucoup plus satisfaisante.
Sur un chapiteau qui couronne une colonne de la première chapelle, à droite, on se réjouit à la vue d’un groupe en liesse où nous discernons une double satire contre la fidélité des femmes et le dévergondage des moines (fig. 469). La femme sert de trait d'union illégitime entre son époux et son ami, le clerc ou le laïque. Le collet relevé de sa moitié empêche « le plus heureux des trois » de voir les œillades ribolantes que ses perfides compagnons échangent à ses dépens. A moins qu'il ne s’agisse du trio traditionnel des vignerons lurons si commun en Bourgogne.
La Chapelle du petit saint Romain renferme le tombeau de Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie, époux honoraire de Diane de Poitiers (fig. 470). « Celle-ci n’était pas, écrit Brantôme, de ces veuves hypocrites et marmiteuses qui s’enterrent avec le défunt )) ; c’est sur son ordre que fut élevé ce mausolée, d’après les dessins de Jean Cousin. La figure nue du sénéchal, couchée sur le sarcophage de riiarbre noir, est attribuée à Jean Goujon ; son bras droit ballant sort des attitudes conventionnelles des efiifries
mortuaires et contribue à accentuer le réalisme macabre du cadavre, dans un état voisin de la putréfaction. A ses côtés, deux statues en albâtre : à gauche, Diane, en habits de veuve, est agenouillée; à droite, une femme richement parée, porte un enfant nu, du sexe masculin, sur les bras. Les uns y ont vu le jeune Brézé
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dans les bras de sa noiiiTice ; les antres, Diane présentant leur fils au défunt, mais deux tilles seulement naquirent de leur mariage.
Fig. 470.
Nous avons simplement sous les yeux la \ iercje son divin lils, comme en fait foi, d’ailleurs, la prière inscrite en regard : Suspicc pj'cces^ Virgo henigna (Reçois mes prières^ Vierge bénigne).
On lit aussi sur le monument une inscription de quatre vers latins, dont nous allons donner la traduction; ils semblent sortir de la bouche de la veuve « inconsolable », qui garda le deuil, nous venons de le dire, et le cœur de son époux, à A net, toute sa vie :
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(( Diane de Poitiers, désolée de ta mort, Louis de l)i‘ézé, t a élevé ce sépulcre. Jadis, ton inséparable et très Hdèle épouse, ce qu elle te tut au Ht, in tiiakaimo, elle te le sera au tombeau, IN tvmvlo » L
La duchesse de Yalentinois disait vrai, remarque le spirituel auteur du Précis de l Histoire de Pouen, elle fut aussi fidèle dans un cas que dans Lautre. Gela se trouva tout à fait vrai, comme Lobserve encore le malicieux Père Pommeraye^ puisque « la fidèle épouse », — les femmes ne doutent de rien — se fit enterrer à Anet et non à Rouen, avec une levrette aux pieds, 1 emblème de la fidélité. Le « chef-de-Pœuvre » ou couronnement est une figure féminine, la Vertu, sans doute, dont les attributs rappellent les différentes vertus particulières, Prudence, Justice, Force dJime, Patience, Tempérance, etc. : un serpent est enroulé autour de son bras, un buisson d’épines lui sert de siège, elle porte un frein à la bouche et est appuyée sur un glaive. A l’entablement, une inscription se rapporte à cette figure ailée : in virtute tabernaculum ejus. (Dans la Vertu est son tabernacle).
Même chapelle, à côté de ce tombeau, celui, non moins fastueux, des deux cardinaux d^Amboise, l’oncle et le neveu. Dans le soubassement sont creusées des niches, occupées par des moines enprière; par contre, les frises sont surchargées d’ylmowrs (fig. 471-475), qui font un contraste bizarre avec la destination du monument sur lequel ils s’ébattent, au milieu d’une profusion outrée d’arabesques, de pilastres et autres motifs d’ornementation.
1. Sans préjudice d’une longue épitaphe où sont énumérés tous ses titres sauf un ; le mari de Diane de Poitiers. Rappelons, pour rendre hommage à la vérité et à la demi-constance de Diane, ({u’elle ne devint la maîtresse de Henri II que huit ou neuf ans après la mort de son mari. Peu de femmes attendent si longtemps. Rien plus elle porta touj(mrs son deuil et le lit même porter à son amant, dont les couleurs devinrent le noir et le blanc.
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Ces aimables détails font regretter la décision prise par les chanoines, en 1769, de supprimer, à l’exception des tond>eaux des
Amboise et des llrézé, « toutes les statues turnulaires ou représentations (pii ne seroient pas décentes ».
2‘* Saint-Jean. — Ancienne église paroissiale, détruite.
Près de la sacristie, on remarquait un curieux vitrail, la Conception de saint Romain, Son 23ère, Benoit, conseiller de Clotaire II, et sa mère. Félicité, étaient assis dans un lit, entièrement nus, suivant l’usage qui dura jusqu’au milieu du xvF siècle C La conception était figurée par une étoile qui brillait sur la couverture en contact avec le ventre de la femme.
Rappelons la légende de cette naissance miraculeuse : la mère du futur évêque de Rouen, Félicité, était stérile, et son mari Bénédictus s’en désolait. Une nuit, il s’entendit appeler
VU
par son nom; un ange lui révéla que son épouse, malgré son âge avancé, deviendrait mère: <( Que l’enfant soit». Et l’enfant fut! Avait-on pas vu déjà reverdir la verge d’Aaron ?
1. Ilarlette, la lille du Pelletier de Falaise, mère de (iuillaume le Coiiquéranl, couehait, paraît-il, avec sa chemise ; mais quand le duc Robert, sou époux, vint la rejoindre, « tnte se pont abanduner » à Robert et, crainte que ce ([ui touchait a ses pieds ne souillât les lèvres du duc, elle la déchira (E.-II. Langlois).
s v: 1 N 1-: - 1 N F K lU E U 15 10
Los liordiires de ceUe vitre, déjà sing-ullère par son motif principal, étaient ornées de médaillons où Ton disting-uait, non sans surprise, les li’j^iires de Mars^ Jupiter^ Venus ^ etc., et pour qu’on n’eût
aucun doute sur leur identité, la ligure de chaque déité était accompagnée de son nom. Langlois trouve cette « intrusion idolâtrique » toute naturelle et fait suivre sa description de cette réflexion :
D’abord, dans un temple chrétien, l’inscription de ces noms n’a rien, après tout, de plus extraordinaire ici que leur amalgame dans notre calendrier, avec les noms de nos saints et ceux de nos plus augustes fêtes. Quoi de plus étrange, par exemple, grâce aux transmissions païennes, que le contraste suivant : Die Veneris ; Festivitas iinniaciilalæ conceptionis healæ Mariæ virginis ?
L. de la (juerière cite une inscription qui existait au bas d’une vitre, donnée par Louis Daré Aigre, lieutenant général du halli de
J. ’ A W T l’ IM ) F A N 10 A F ’ K (i 1. 1 S 10
lioiien, et qui saint lieu :
se terminait par ce calembour, sans respect pour
Fut du Bailly Général Lieutenant,
Or priez Dieu qu’au Ciel soit lieutenant.
le
Chapelle de la Conception. Au-dessus de Fautel, on voyait deux « voirières », dont Langdois nous a transmis le dessin, ^ravé par II. Brevière (üg-. 47(i, 477). Ces vitraux racontent la légende d’un chanoine de la cathédrale coupable d’adultère. Tandis qu’il traversait la Seine pour rentrer au chapitre, des démons l’assaillirent et s’eltorcèrent de faire chavirer sa barque. Les vagues, soulevées par un énorme soufflet, engloutissent le pécheur « par péché desvoié », cum iixoj'c alteriiis. Sa « concubine », assise au seuil de sa demeure, est la spectatrice éplorée de cet épouvantable châtiment. On racontait encore que l’âme du chanoine était depuis trois jours en Enfer, lorsque la Vierge Marie descendit l’en retirer, parce que, au moment de sa mort, le coupable repentant avait récité les Heures canoniales de Notre-Dame.
Au-dessous de cette verrière, on lit le quatrain suivant :
Corne ung Clercs en mortel pechié En aonrant de Jhesus la Mere Au fond de lunde orrible et fiere Fut par les faulz maulvaiz neiié.
Le second vitrail met en présence la Vierge et le diable, se disputant l’âme nue du chanoine déconfit. Le démon ne craint pas d’appliquer ses grilfes sur le ventre de Marie pour la repousser. Suit l’inscription explicative :
Cornent la benoiste Marie En contre Satan qui la herd,
Débattit de lame du Cler Et la reprint en sa ballie.
Gaultier de Goinsy, prieur deTabbaye de Saint-Médard, vers 1219, a versifié les détails de ce conte, dans ses Miracles de Notre-Dame.
Le jour de la fête patronale de la paroisse, le trésorier chargé de la décoration de l’église acceptait toutes les tapisseries qu on lui confiait, sans s’occuper des sujets qui y étaient représentés. Mais beaucoup étaient trop libres et nécessitèrent une décision du chapitre
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(jui, d'abord, restreignit la décoration au chœur et à la nef, puis n'acce[)ta plus (pie les tapisseries à motifs religieux. Nous empruntons 5 la curieuse monographie que E. de la Querière a écrite sur ce sujet le passage relatif à cette importante délibération : ^
Au jour et teste de Saint Jean-Baptiste, il y avoit beaucoup d’excez, tant en depences que en la profanation de l’église de Dieu, causée par la curiosité de plusieurs personnes, lesquelz, au lieu de prier Dieu et de se rendre devotz et attentif/, au divin service, se comportoient indignement et s’arrestoient à contempler les tapisseries pour la pluspart deshonnestes et profanes, ce qui faisoit contre l’honneur et reverence de la maison de Dieu... Les ditz thesauriers auroient arresté, d’un commun accord, que ne sera tendu ou tapissé en la dite église que le cœur et la nef seullement, et sans qu’il s’y retreuve aucune histoire prophane ou lascive qui puisse aporter scandale, mauvaise édification ou murmure entre le peuple...
3® Saint-Ouen. — Dans la tour intérieure de cette « merveille » de Rouen, triomphe de l’architecture ogivale, « une nonnaine, écrit le D'' Noury dans la Chron. méd.^ étale sa copieuse poitrine aux yeux d’un gros moine lubrique ».
Pour excuser les clercs, moines, chanoines, etc., si cruellement attaqués par les sermonnaires, les littérateurs et les artistes médiévaux, les âmes simples et portées à l’indulgence pour les fautes du clergé insinuèrent qu’il peut y avoir confusion entre les religieux et les laïques, parce que tous les hommes, à cette époque, portaient indistinctement le capuchon. Mais que diront-ils, ces pieux apologistes, de cette sculpture et des verrières de Saint-Jean, non moins significatives ? Que penseront-ils encore de cette irrévérencieuse caricature, gravée sur une miséricorde (fig. 478), où renchevêtrement à béchevet de quatre personnages, dont une femme et un monial, forme un trompe-l’œil bizarre? Le crâne rasé du régulier n’est-il pas assez caractéristique ?
Les tonsurés et les « capucés » n’étaient pas non plus ménagés par les enlumineurs des lettrines de manuscrits, missels, etc,