SEINE- INFÉRIEURE
étr6iiidrc une feniiue iiue sous lui », el, eu face^ uii bélier libicliiieux couché sur un singe. Du même côté, toujours à la console d'une croisée^ un quadrumane faisait le simulacre de jouer du violon sur un soulllet, avec des pincettes en guise d archet. Un profond (( svmbolard » verra dans cette caricature la critique des soullleurs hermétiques.
Le sujet d’un des vitraux, Suzanne siu'prise au bain, « quoique exécuté d'une manière très gracieuse, passe, dit le même auteur, pour être trop libre, en raison de l’endroit où il se trouve ». Mais certains habitués du lieu, personnages de marque, ne devaient pas partager cet avis ; Charles VII, par exemple, qui fut Lhôte du monastère de Jumièges, alors que son Agnès habitait le manoir du Mesnil L
En souvenir des bonnes nuits passées au monastère, Agnès Sorel voulut que son cœur et ses entrailles fussent envoyés à Jumièges, où ils furent placés, au milieu de la chapelle de la Vierge, dans un monument en marbre noir, surmonté de sa statue en marbre blanc. Elle était représentée à genoux et offrait son cœur à la dispensatrice des grâces célestes. Ce cénotaphe fut détruit par les Calvinistes, au xvi^ siècle
IIarfleur. Saint-Martin. — L’élément païen se mêle encore à 1 élément chrétien, dans les parties décoratives du buffet de l’orgue Louis XIII. Les statues, d’après l'abbé Cochet, paraissent représenter des saints, et au-dessus de ces figures religieuses sont surper-
1. On voit encore la j)orLe par laquelle la favorite passait pour visiter son royal amant. Le pro])riétaire, M. Cainnont, vers 1821), a commémoré la tradition de cette aventure clandestine dans un distique mirlitoncsque :
Ag’nès par cette porte arrivait au manoir ; Un pag'c la guidait vers le royal dortoir.
Il y avait, en ellet, une Snlle des dumes au-dessus de la buanderie. De même à r.U^baye de Bcauporl, commune de Kérity, canton de Paimpol, la même salle existait et sur les panneaux étaient peintes des bergeries. A la suite de rinconduitc des moines de Jumièges et des scandales (jii’ils produisirent, le cardinal de Bourbon, archevêque de Bouen, se vit obligé de réformer les statuts, en 1.^74 ; il défendit « de laisser coucher aucune femme à l’intérieur du monastère, à moins <{uc ce ne fût celle d’un conseiller et que son mari ne fût avec elle». L’entrée resta donc interdite aux femmes, « même pendant les vendanges ». Adieu « paniers », vendan-es sont
2. Il portait quatre épitaphes dont deux en vers latins, semblables à celles du mausolée de Loches, qui contenait son corps, et deux en français, écho lointain des
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posés deux cliars, l’uii traîné par des chevaux marins, comme celui de Neptune ; l’autre, par des colombes, les oiseaux de Vénus.
Graville. — Nous empruntons à la description des Ef/lises de r arrondissement du Ilàvre^ par le même abbé, celle de plusieurs chapiteaux de cette Abbaye. Au 9*^, sous des volutes où des oiseaux se jouent, on distingue une forme humaine, habillée en femme, qui se termine par une tête d’oiseau, de linotte? « C’est, pour l’abbé, une des plus singulières fantaisies de ce temple » , bien naturelle pour nous.
Le 10^^ porte un personnage qui tient un instrument de musique, d’une main, et, de l’autre, « flatte une jouvencelle qui retire sa tête en arrière » ; l’accord n’est pas encore parfait, mais « Tout arrive », disait le clopinant Talleyrand, et « Tout s’arrange », ajoute Capus.
touchantes élégies païennes de Properce, mais en style emphatique de l’époque :
ELLE î\' EST PLUS CETTE BEAUTÉ RAVISSANTE QUE LES DEUX ASTRES BRILLANTS DU JOUR ET DE LA NUIT PRENOIENT PLAISIR A ECLAIRER TOUR A TOUR.
ALECTO CETTE FURIE AVEUGLE l’a PERCEE DE SES TRAITS. IRIS L .V VUE SUCCOMBER .
IRIS LUI A REFUSÉ LE TRIBUT DE SES LARMES. LA TERRE JALOUSE DE POSSÉDER CE RICHE DÉPÔT NOUS LE RAVIT POUR TOUJOURS...
MORT CRUELLE ! TU NOUS l’aS ENLEVÉE DANS LE PRINTEMPS DE SON AGE ! CETTE ROSE NAISSANTE TROP TOT, HÉLAS ! s'eST ÉVANOUIE...
PLEUREZ BOSQUETS FLEURIS ! EN PEBD.VNT LA MAITRESSE DE VOS BOC.VGES, VOUS PERDEZ VOTRE PLUS BEL ORNEMENT.
Jumiéges, on célébrait la Procession du Loup vert, cérémonie mi-profane chantaient des rondes, avec accompagnement du ménétrier, dans le riche en licences de toute sorte :
3® Couplet
mi-sacrée, où se goût de la suivante,
/fr Couplet
Voici la Saint-Jean, L’heureuse journée Que nos amoureux Vont à l'assemblée.
5® Couplet
Que nos amoureux Vont à l'assemblée Le mien y sera J’en suis assurée.
Le mien y sera J’en suis assurée Il m'a apporté Çeinture dorée.
4® Couplet
Il m’a apporté Ceinture dorée Je voudrais, ma foi, Qu’elle fût brûlée.
5® Couplet
Je voudrais, ma foi, Qu’elle fût brûlée.
Et moi dans mon lit Avec lui couchée.
6® Couplet
Et moi dans mon lit Avec lui couchée De l’attendre ici Je suis ennuyée.
Ces versiculets anachréontiques avaient pour refrain :
Marchons, joli C(pur, La lune est levée.
Mais, curieux contraste, pendant le souper maigre qui suivait les chants, il était interdit de risquer un mot « gras », sans quoi le Loup agitait ses sonnettes et le contrevenant récitait un Piller nosler.
Au 1 1*', un brépliophage, — Saturne, Ilérode ou Lucifer, — lient dans sa bouche le corps d'un enfant nu.
Le Fontenay. — Aux angles extérieurs de cette antique chapelle, se dresse une statuette nue qui s’appuie à un arbre. « Est-ce Adam et Eve ? Est-ce Limage de l’homme qui entre nu dans le monde et en sort sans rien emporter ? » demande le même ecclésiastique.
Boos. — Une miséricorde est illustrée par l’allégorie de la Puissance de la Femme (fig. 507 bis) : un démon féminin, presque nu, dompte le démon infernal et trompette iirbi et oj'bi son triomphe.
Fig-. 507 his.