Millin, loc. cil., t. p. I.jT
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cariatides, supportant la corniche, encadndent latciralement trois beaux bas-reliefs. Pour Millin, ces statuettes tig'uraient non pas des ang’es, mais « des femmes ailées, dont la g'orge est nue et bien marquée ». Le tableau du milieu était consacré à saint Paul, prêchant au peuple. Le premier ran^ des auditeurs est occupé par quatre femmes, dont Lune a la poitrine découverte (tig-. 79). Sur un autre bas-relief, Jésus, au puits de Jacob, s'entretient et tlirte « galamment » avec la Samaritaine.
Le baron de Guilhermy a décrit et reproduit, dans les Annales cV archéologie ^ un curieux pilastre qui faisait partie de la décoration d’une chapelle de cette église, où Philippe de Comines avait son tombeau. Ce pilastre, qui orne actuellement la cour des Beaux- Arts, retrace « les triomphes de l’Amour sur la frag’ilité humaine ». Nous y voyons Adam et Eve ; Hercule, nu, se consumant sur un brasier, au mont Ætha; Aristote scellé et Virgile en corbeille, sous le joug des courtisanes. Cupidon paraît dans sa gloire, sur un autel où il reçoit les hommages des hommes et des femmes qui reconnaissent
Qu’amors vainc tout et tout vaincra Tant com cis siècles durera.
Saint-Hilaire L — Saint-Honoré ^
Église des Innocents. — Dès le xiii*' siècle, à l'angle de la rue Saint-Denis et de la rue aux Fers, une fontaine, dite des Innocents, était appuyée contre 1 église de même nom. \ers lôàO, cette fontaine
1. De Saint-Foix raconte qiren 1513, cette église fut « profanée et ensanglantée » par deux peintres, au sujet d’une cjuerelle d’art. Ils en vinrent aux mains a propos d’un tableau (jui représentait Adam et Fve dans le paradis terrestre.
« L'enfant, disoit l’un, quand il est sorti du corps de la mère, y reste encore attaché par un assemblag'e de vaisseaux que 1 on coupe et qu on noue le plus près du ^ entre (ju’il est possible ; et c’est ce <}ui fait ce truu qu’on appelle le nombril . or, Adam et Eve n’avant point eu de mère, il faut être aussi sot que vous 1 êtes, pour les a\oir repi'ésentès avec un nombril... » La criti({ue était juste et plutôt hilare étant donné le vocable du milieu — qu’injurieuse et dramatique.
2. Moiislier-Sainl-IIoiinoiiré-aiis-j)orciaiis, supprimé en D40. — - Le jour des lunérailles du cardinal Dubois, pour\oyeur des menus-plaisirs du Uègent, on attacha a la grille de l’église cette méchante épitaphe :
Home rougit d’avoir rougi Le maquereau (jui g'ît ici.
L’ami de Mme de Tencin, ex-chanoinesse aux Jacobines de Montargis, eut d’ailleurs une mauvaise presse et fut assaisonné non seulement à la maître d hôtel, mais sur-
fut reconslriiitej par Pierre Lescot, abbé de Cluny,
et Jean Goujon,
Fig-. 80.
Fig^ 81.
et consacrée aux « Nymphes des fontaines » (Fontium nymphis). En 178t), Téglise et son charnier ayant été supprimés pour Pétablis-
toiit à la sauce piquante. Dans Tordre iconographique, faut-il rappeler à son sujet cette estampe où Innocent XIII, en cuisinier, fricassait à la poêle un maquereau pour le métamorphoser en rouget? La plus osée de ces satires graphiques représentait Emilie, célèbre danseuse de TOpéra, assise sous un dais, les jupes relevées et (( se trouvant dans une crise à laquelle son sexe est périodiquement sujet ». L’abbé s’agenouillait à scs pieds et présentait sa calotte, dont la teinte noire devenait rouge. On lisait au-dessus du trône cette inscription latine : Ex vulcn ruhescil. Et dans les carrefours on célébrait cette promotion par des couplets cinglants, sur Tair des Mirlitons :
Qui t’a fait cette teinture ?
Dit à Dubois Isabeau ;
Dis-moi donc, je te conjure,
Qui t’a rougi ton chapeau "?
C'est le Mirliton, etc.
Cette petite collégiale qui a laissé son nom à Tune des rues les plus importantes de Paris, comme le rappelle de Ciuilhcrmv, avait une enceinte i)articulièrc devenue un passage public api)clé le Cloître. « Une maison de débauche souillait il n'v a pas longtemps, les derniers débris de l'église; elle s’était logée entre les murs d’iiiie chapelle, ([ui avait servi de sépulture au cardinal Dubois ». Croisez et Multipliez '
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semeiit du marché aux llerl)es, la fontaiiie se dressa au milieu de ce marché. Pajou restitua les (jiiatre nymphes élancées des pilastres, popularisées par la gravure, et dont une seule avait le torse nu, comme rime des Grâces de rurne funéraire de Henri II. (Juant aux bas-reliefs de Jean Goujon, aujourd’hui au Louvre, ils représentaient la Seine et la Marne opérant leurs jonctions et des Nymphes voguant sur des coquilles traînées par des monstres marins. Ges ligures, toutes privées de voiles, en mitoyenneté avec une église, devaient blesser bien des regards tartulLiens (fig. 80, 81). Dans le charnier se trouvait une tombe « merveilleuse » mirahilem tomham^ d'une (( dame de Paris », dont Pierre de Limoges vante la dévotion et qui, <( par un singulier scrupule d’humilité, s’était fait peintre entièrement nue sur sa pierre funèbre », avec une inscription dont il cite ces deux vers :
Propler peccaia mea sic oro spoliala;
Sicque fui nala, sic siirgerc nuda parata.
Une épigramme vise un cas analogue attribué à l’avarice :
Par testament, dame Denise,
Quoiqu’elle possédât un ample revenu,
Ordonna que son corps fut inhumé tout nu.
Pour épargner une chemise.
Nous avons décrit, à Notre-Dame, l’eftigie de la cent, que l’on découvrait au peuple à la Toussaint
M ort-Sain t-In no- (lîg. 28).
CouVGnt des Jacobins L — Un vitrail y célébrait la victoire de saint Thomas d’Aquin sur la chair et la luxure. Ce saint « poursuivait avec un tison ardent une femme mi-vetue, pleine d attraits », que ses frères avaient introduite dans sa chambre.
Sur plusieurs stalles du chœur étaient sculptées des figures grotesques, dont quelques-unes inconvenantes et nullement allégoriques ; elles exprimaient crûment ce qii elles voulaient dire.
Saint-Jacques du Haut-Pas. — Chapelle de Saint-Pierre. Nous y trouvons une toile du xvié' siècle, où la Charité allaite un bahy, tandis que deux autres jouent à ses pieds: sujet aussi banal que
rebattu.