‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 17 sur 183 · De la me Saiut-Jac([ues ou couvent des Dominicains · texte numérisé non relu

De la me Saiut-Jac([ues ou couvent des Dominicains

Cluinir. 'rahleaii, si^né Boiiselier: Philippe baptise l’Eu-

nuque de la reine de Candace, sur le chemin de Jérusalem a (raza. Bar sa position ag'oiiouillée, 1 eiiniic|ue semble seiroicei de cacliei

ce dont il a été privé.

Saint-Jacques la Boucherie b — Un l)as-relief^ en maibre (ti". 82), placé aujourd’hui dans le collatéral nord de 1 ég'lise abba-

Fij»-. 8:2. — D’après Didron.

tiale de Saint-Denis, près du mausolée de Louis XII, provient de Saint-Jacques la Boucherie et matérialise V Assomption. La Vierg-e a, pour tout vêtement, une écharpe transparente qui vole au vent. Elle est entourée de quatre anges musiciens ; mais eux sont décemment habillés.

Le comte de Montalembert n’accepte pas cette interprétation et

1. Jean Fernel, médecin de Callicrinc de Médicis, fut inhumé dans celte éfi^lise. Un vitrail de la cathédrale de Beauvais représente saint Luc, le jiatron des médecins et tles apothicaires, sous ses traits. Nous savons qu’il j:;uérit la reine de sa stérilité, après neuf ans de mariage ; mais elle rattrapa le temps perdu et eut consécutivement cin([ garçons et cinq lilles, dont cha(}ue naissance rapportait dix mille écus à Fernel. Il ne fut pas seulement un bon médecin, mais aussi le modèle des maris : il ne survécut fjue quelques semaines à la mort de sa femme. Comme on ne meurt pas d’amour à moins qu’on ne se suicide, — en l’espèce, cette lin ne serait pas impossible — il peut y avoir, comme le suppose le D‘ C.abaués, une simple coïncidence et (iuy Patin, <pii critique la faiblesse de sou confrère, en serait pour ses frais d’élo(juence.

i/Airr l'Hoi'ANi-: a i/é^msi:

propose (le voir dans ce tableau marmoréen V Ascension de Marie- Madeleine^ morte à la Sainte-Baume, en Provence. Mais Didron admet notre façon de voir, et la représentation de la mort de la Vierge Marie, sur la partie inférieure du bas-relief, confirme tout k fait cette opinion.

L’auteur des Essais historiques sur Paris va encore nous fournir un document précieux :

En 1448, un certain Charles de Tarenne et ses freres cédèrent à la Fabrique de Saint-Jacques la Boucherie un tapis de laine appelé le Dieu d' Amour, k plusieurs personnages, pour en jouir eux et leurs successeurs, au profit de ladite Fabrique. On exposoit dans les grandes Fêtes, à la vue des Fideles, ce tapis profane. Nos Eglises, même aujourd’hui, sont quelquefois ornées de tapisseries dont les sujets ne sont pas plus chrétiens.

Saint- Jean-Baptiste de Belleville. — Dans une grande machine moderne, sans valeur artistique: Jésus retirant Adam et Eve des limbes^ la première femme s’efforce de cacher ou de soutenir ses mamelles k Faide de ses bras croisés, le premier corset improvisé.

Église des Jésuites. — Ces RR. PP., en l’année 1653, y exposèrent V Enigme infâme^ u où l’on voyait toutes les divinités du paganisme, Jupiter,, Vénus ^ Cupidon, etc., en costume olympien, k coté de Jésus, de la Vierge et des Saints. »

Saint-Joseph. — Chapelle des Fonts-baptismaux. Un tableau sur cuivre, du xviF siècle, représente Hérodiade tenant la tète de saint Jean-Baptiste ; la mère de Salomé a la gorge et les bras nus; voilk une toile dont l’accès serait interdit dans la pudique Amérique E

1. On sait ({ue le Conseil d’administration du Metropolitan Opéra de New-'\ ork vient d’apposer son veto à la représentation de la Sulonié, de Richard Strauss. Cette o'uvre lyrique nous a été donnée au Châtelet, et, certes, elle n avait rien de choquant, saut' le costume trop collet monté d’IIérodiade. Quant à sa fille, on ne voyait même pas la peau de ses épaules; et la danseuse, substituée à la cantatrice, était la moins lascive de notre corps de ballet. Elle n’en taisait pas partie d ailleurs.

Plus puritaines encore, les autorités de '\^\’^ilmington (Delaware), le lendemain de la première représentation de r(cuvre « immorale », ont ordonné 1 arrestation du directeur, du régisseur de l’Opéra et aussi de miss Annie Gordon (Salomé), ainsi que de miss Hélène Yeamons, qui tenait le meme rôle pour la partie dansée. Et 1 oncle Sam se dit libre ! Ceci se passait non au temps des capucinades, mais au \x® siècle, le 2:2 mai 1 1)1)7.

Saint-Laurent. — Le long de la corniclie court, au milieu d arabesejues et de branchages feuillus, une multitude de petits animaux fantastiques. On discerne au milieu d eux un gamin indiscipliné qui présente la partie la plus charnue de son individu a un vieux pédagogue armé d’un énorme martinet L Ce magister est le symbole frappant de la Grammaire^ représentée un fouet de la main droite, et souvent, dans la gauche, un scalpel pour couper le lilet des enfants. Cette allégorie réaliste nous remet en mémoire la méthode singulière employée par le cardinal Fleury à l’égard de Louis XV , quand il ne savait pas ses leçons : il faisait fouetter jusqu’au sang un petit rustre remplaçant son élève en vivante elLigie.

Saint-Leu et Saint-Gilles — Au milieu d’un médaillon de vitrail, Salomé, le buste nu, se livrait à la danse en présence d’IIérode. Cette scène chorégraphique est souvent reproduite sur les édifices religieux de la Normandie, où sans doute les baladines dansaient sur les mains, car la fille d’IIérodiade paraît habituellement dans cette posture.

Une peinture sur verre du xv® siècle, reproduite par Lenoir et représentant YAnnonciation'\ était placée au-dessus de la porte de la sacristie. La Vierge lit ses Heures en présence de Gabriel, qui vient tenir la chandelle de cire et lui annoncer sa conception, non par le cygne, comme pour Léda, mais par le pigeon, du bec duquel émane un rayon « pyramidal », comme le miracle. Ce rayon va droit à Loreille de Marie, pour y déposer un embryon de Jésuculus, déjà muni de sa croix. Cette naïve enluminure est l’interprétation de la Première joie du cantique des Cinq joies de la Vierrje, de l’archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket :

Gaude, Virqo, mater Chrisli,

Quæ per aurem concepisti.

Gahriele nuntio^

Ave Maria ! ^

1. Et cependant saint Bernard considère les pasteurs, les éducateurs de l’esprit, comme autant de mères charitables des âmes ({u’ils dirig^ent : « Ils doivent, écrit-il,^ tendre la mamelle, pour les nourrir, plutôt que la main, pour les frapper ; leur sein* ajoute-t-il, doit plulôt s’enflcr de lait (jne de colère ».

2. Dépendant du monastère de Saint-Magloire. On n’y recevait que les lîlles dûment dissolues et après avoir été visitées j)ar des matrones.

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