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La première de la nef derrière la chaire

été tirés, en «'ramie partie, des Testaments et sont aussi des scènes empruntées à la vie de famille ou de corporation. Les f;d)liaiix ont encore fourni divers motifs 5 c est ainsi que run des panneaux des stalles basses, côté de la nef, entre Jol) sur son fumier et Jésus ensei- «nant dans le temple, le Lai (VAj'istotc se présente sous un aspect unique : le philosophe et la courtisane à califourchon sont, run et 1 autre, sans le moindre voile (tig-. h 17).

Telle est peut-être la seule licence que se soit permise la fantaisie des huchiers picards, sous la direction de Jean Turpin.

Certaines tigurines, surtout celles taillées dans les sellettes, ont cependant une certaine liberté d’allure qui frise l’immodestie ; mais elles ont pour excuse quelles représentent les Vices. Elles concourent avec d’autres bizarreries, saupoudrées de sel gaulois, à donner à Pensemble une de ces notes comiques si appréciées en France à toute époque.

Le motif d’un accoudoir des stalles

Fig'. îilC).

Fig. :il7.

basses, côté Nord, a été mutilé peut-être à cause de sa lubricité ; il n’en reste qu’une main et deux jambes. Pourtant, M. Georges Durand, dans sa monumentale monographie de la cathédrale d’Vmiens, signale un certain nombre de sculptures peu pudiques d’hommes et de femmes « de vie dissolutc », etc., qui ont été respectées ; nous y reviendrons à la

clôture de notre méticuleux inventaire.

Mais reprenons notre sélection de mida, dans la liste fournie par les deux chanoines susnommés.

i/art profane a l’église

D’abord, un choix parmi les épisodes l)ibliques, où les mamelles sont de jeu. Moïse sauvé des eaux: la fille de Pharaon, sans le savoir, confie Moïse à sa propre mère, en qualité de nourrice ; l’enfant

s’accroche au sein maternel, doublement attiré par la voie lactée et la voix du sang, dirait Dennery.

Samson et Dalila: le héros Chevelu dort sur le giron de sa perfide maîtresse, qui lui passe la main dans les cheveux, avant de les couper.

Massacre des Innocents :

des soldats romains arrachent les nouveau-nés aux mamelles de leurs mères.

Fig-. 518.

Fig. 519.

Passons aux sujets divers. Le Suicide^ personnifié par une désespérée qui se perce le sein ; il s’agit, paraît-il, du suicide de Marquette Ghavate, en 1491, dont le corps fut « condempné » à être mis dans un sac et pendu à une potence.

La Mondaine^ à la gorge nue, caresse un lapin, l’emblème de la lubricité et de la fécondité.

Les Sodomites (fig. 518). Deux invertis ou homosexuels, sont tenus enbrassés par l’esprit du mal. Ils sont enlacés de telle sorte que les deux jambes visibles semblent appartenir aux trois uranistes.

h'OEuvre de chair. Une « fillette » ou une femme galante, dont la robe accuse les rotondités et dessine la taille, aguiche un galant, à l’affût sur l’accoudoir de la stalle voisine. Ils ont le diable au corps en attendant le jour de l’expiation, où le diable aura leurs corps et leurs âmes.

La Meraleresse ou Sage-femme^ les manches retroussées pour la facilité de son office, porte le nouveau-né vagissant, qu’elle vient de tirer du... néant.

La Chienne en parade., satire de la courtisane parée, se dresse sur ses pattes, affublée d’un chapeau et d’un manteau; elle étale ses mamelles gonflées par les suites de son libertinage.

Le (Alite de lu volupté (fig’. T)!!)). Deux rihauds supplient l'idole de leur aine, les mains jointes, de partager « son cœur et le reste ». Ils sont enchaînés à leur passion par une chaîne de fleurs.

Groupe de la Danse. Ronde grotesejue de quatre hommes bouffis, enlacés, qui ont oublié de se vêtir.

La Courtisane. « La surveillance des conducteurs ecclésiastiques de l'œuvre est en défaut, écrivent, en rougissant, les deux chanoines précités. C’est tout ce que nous avons à dire en présence de ce personnage qui ne nous offre pas de costume à décrire. » Notons pourtant que LEglise, non contente d’offrir le droit d’asile aux criminels, étendait sa protection aux filles publiques, qui longtemps formèrent une corporation et célébraient solennellement la fête canonique de leur patronne, Marie-Madeleine. Par suite, rien de plus naturel que de voir l’une d’elles figurer sur les œuvres de « hucherie » des cathédrales. Nous savons que Blanche de Castille, s'étant vue obligée de donner le baiser de paix à une courtisane, sa voisine, dont la taille était entourée d’une ceinture dorée — ce qui explique le dicton. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée — publia un édit qui interdît l'usage de ces ceintures à toutes autres qu’aux dames de qualité.

D’autres sujets, où « le suave et le grossier se coudoient », sont répandus dans l’ornementation générale des stalles et donnent lieu à des scènes pleines d’animation et de désinvolture ; nous en empruntons la description à l’important travail de M. G. Durand.

Appuie-mains. Accoudoirs. Aux étuves. Une dame, à sa sortie du bain, s’essuie les jambes, d’une main, u tandis qu’elle paraît éprouver beaucoup de plaisir à palper sa poitrine, de l’autre ».

Domination féminine. Une douce épouse « qui aime bien et châtie bien » son mari, à coups de quenouille. Jean Beleth, chanoine d’Amiens, rappelle dans son Bational une coutume qui autorisait les femmes, une fois par an, le mardi de Pâques, à fouetter leurs maris. Dans d’autres localités, au contraire, à Villefranche-sur- Saône, par exemple, en 1373, les maris avaient obtenu du pape Grégoire XI et Edouard sire de Beaujeu la permission de fouetter leurs femmes jusqu’au sang « toutefois qu’ils en auraient envie » et de promener tout nus les adultères dans la ville.

Folie. Un enfant nu, à quatre pattes, frappe avec un fouet sur

le derrière d’im fou, placé dans la même attitude et vêtu seulement de son capuce à long-ues oreilles (lig. r)20 bis).

(iroupcs (frotesqiies anirnalcsqiies. Un faune à double tète liuinaine (( fait un geste que riionnôteté ne permet pas de décrire » ; un ani-

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