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mal fantastique mord le derrière d'un marmouset entièrement nu ; un enfant également nu souffle avec un cornet dans le derrière d'un animal, à pattes de chien et à tête de fou coiffé d^un chaperon, à grelot; enfin, deux femmes nues et couchées tiennent une écharpe qui sort des yeux d’un bucrâne ou têtes de bœuf décharnées.
Pendentifs et culs-de-lampe. Homosexualité. Un homme nu^ à la tête diabolique et aux « mamelles luxurieusement pendantes », est enlacé par deux adolescents ; « ils font, avec des hommes entièrement nus, placés à côté d^euxet tournés vers l’intérieur des stalles, des gestes qu’il faut renoncer à décrire ». C’est sans doute la scène complétée de nos Sodomites. Du même cercle vicieux : deux débauchés obèses, « aux visages lippus et sensuels », serrent de près un troisième personnage à ventre de Silène qui « se défend contre les entreprises lubriques » de ses compagnons.
Lubricité. Tandis qu’une « fillette » se mire dans un miroir, son galant de passage tient derrière elle une tête de mort, Timage de la brièveté des charmes féminins et de l’existence, ou encore un avertissement des dangers du libertinage :
Il n’est fisicien ne mire Tant saiche les aultres g;uerir Qiiy à ce myroiier ne se mire Et que tous ne taillent mourir.
Autre représentation de la séduction : un jeune vilain lient par la
taille une jolie vilaine qui lève la main pour frapper son séducteur ou simuler la résistance.
Un troisième et dernier tableau de la huxiirc montre une « nia- (pierelle » accompag'iiée de deux, de ses pensionnaires ; 1 une, la plus déshabillée, joue la dévotion ou Tingénuité, en joignant les mains ; sa compagne, à courte jupe, 1 asticote et soulève son manteau. Un fou grimace et ricane derrière ce groupe lubrique.
Devant toutes ces croustillantes jovialités, nous nous demandons, avec M. G. Durand, « s’il faut plus admirer l’habileté de l’artiste que blâmer son audace ». Mais nous ne voyons pas bien comment de telles polissonneries tapies dans des stalles réservées exclusivement au clergé pouvaient servir à moraliser, instruire ou affiner l’esprit du peuple, comme on s’est plu tant de fois à le répéter. Tout au plus^ ces illustrations plastiques pouvaient-elles piquer la curiosité des ecclésiastiques ou les faire communier avec l’art, en appréciant la dextérité et la désinvolture du ciseau. Ces motifs de sculpture n’étaient, en somme, que des motifs à décoration, des jeux d’écoliers ou d’artistes contraires à l’édification des fidèles.
Chapelle Saint-Quentin. Un vitrail raconte la Vie de saint Léonard. A la seconde baie, trois panneaux nous intéressent : la Reine, dans son lit, souffre des douleurs de l’enfantement ; saint Léonard visite la Reine après sa délivrance, et le Roi remercie le saint docteur d’avoir guéri sa femme en couches.
On remarquait, d’après Gilbert, une ancienne peinture représentant la caricature d’un cochon revêtu d’une chape et d’un âne couvert d’une robe de cordelier, emblèmes de la gourmandise et de l'ignorance du clergé régulier.
Chapelle Saint-Charles-Borromée. J. Obry a décrit un singulier bas-relief qui décorait la clôture de cette chapelle. 11 contenait les douze signes du Zodiaque, accompagnés de vers latins en l’honneur de Marie ; la Vierge était représentée au milieu, la poitrine découverte, et disant à son fîls : Fili nii, respice libéra quæ succisti ? (Mon fils, considère les mamelles que tu as sucées L)
Chapelle de l’Annonciation. Un tableau, relatif à la Tentation de saint Antoine., montrait trois cochons irrévérencieux, revêtus de chapes.
1, Zacharie, V. G à G.
Un groupe en inaiUre de V Annonciation orne le rétable de l’autel ; sur le socle, on s’étonne de cette inscription à calend)our: rikcio sans PRIS, viiORGE ET MÈRE SANS TACHE, qui indique le «prix» de l’œuvre et le nom du donateur Antoine Pièce.
Chapelle de rincarnation. On y lisait des inscriptions à double
sens, mystico-érotique, dus à l’imag’ination des « Maistres de la confrérie de N.- D.-du-Puv ». Telles : Ida pulchra est arnica mea (Mon amie est toute belle) ; Veni^ sponsa mea, veni coronaheris (Venez, mon épouse, venez recevoir la couronne). Sur le socle même de V Assomption de la Vierge^ le donateur Michel, maistre de ladite confrérie, en 1678, avait fait graver ces mots : miciiel Martin a COMPAGNE MARIE ; son épouse s’appelait Marie.
Chapelle de Saint-Etienne. Autres invocations sentencieuses et équivoques, qui n’auraient pas été déplacées dans un temple d'Aphrodite: fort est la mort. L’amour est sa victoire; ou bien, SON SERVICE EST SI DOUX Qu’lL n’eST QU’aMOUR ET JOYE ; OU CnCOrC, sous une Assomption, tableau d’autel, Fulcite me ftoriLus, quia arnoi'c langueo (Couvrez-moi de fleurs, parce que je languis d’amour), inscription qui serait à sa place sur la tombe de la « Dame aux camélias » ou toute autre dycteriade. Nous savons que ces phrases sacro-profanes étaient les refrains des palinods, ou poésies en l’honneur de la Vierge.
Chapelle de Saint-Salve. Ici, le Crucifix à la grecque, c’est-à-dire en robe de chambre, comme le Volto Santo de Lucques, pèche par excès de réserve et est en contradiction avec les saintes Ecritures ; il n’est tenu aucun compte de l’incident de la PassionyOÙ les centurions se disputent aux dés la robe de Jésus.
2° Saint-Rémy. — Ancienne chapelle du Couvent des Cordeliers. Le mausolée de Nicolas de Lannoy, gouverneur du comte d’Eu, et de Madeleine Maturel, son épouse, se signale par la magnificence de ses marbres multicolores. De plus, il offre une particularité curieuse : les effigies des deux époux, en marbre blanc, couchées sur « le lict funéral », sont nues (fig. 520) et de grandeur naturelle.