‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 163 sur 183 · IlisL. (les arls du dessin, 2 vol. 18G · texte numérisé non relu

IlisL. (les arls du dessin, 2 vol. 18G

M. Km. Deli^nières* voit la Charité dans ce haut-relief du xvi‘‘ siècle. Le groupe de la Sainte Vierge, sans Jésus, avec la Vocation religieuse de sainte Catherine , qui repousse un prétendant en costume de pèlerin, occuperaient le coté opposé (droit) de la voussure.

Intérieur. — Poncifs ordinaires : la Charité, un sein découvert, haut-relief en pierre du xvi® siècle, et le Jugement universel, peinture du xv*' siècle, sur fond doré, à trois compartiments. On y retrouve

les scènes classiques où les démons poussent, avec leur fourche, les réprouvés dans la gueule enflammée du dragon infernal.

Tableau du xvi*" siècle, le Martyre de saint Eustache. Le saint, sa femme et ses enfants, a mi-corps et nus, sont debout dans un bœuf d’airain, sous lequel le feu est entretenu par des bourreaux.

Chapelle Saint-Luc. Bas-relief reproduit dans l’église Saint- Paul de la même ville : saint Gengoul ou Gengoulph s’assure de l’infidélité de sa femme parle « Jugement de Dieu » ; il l’invite à plonger le bras dans le bassin d’une fontaine, lui donnant l’assurance qu’elle l’en retirerait intact, « si elle était sans coulpe ». L’épouse coupable n’eût pas plutôt suivi ce conseil, que l’eau entra en ébullition et lui ht éprouver de vives souffrances. C’est ce que le sculpteur a exprimé, en enveloppant le bras de flammes qui jaillissent de la fontaine. Ce Gengoul fut tué, dit-on, l’an 760, par le séducteur de sa femme, dans son château d’Avaux.

Bas-côté droit. Dans l’ancienne Chapelle de Notre-Dame-des Merciers, se lit l’épitaphe du curé-doyen de l’église, mort le 16 octobre 1860, à 60 ans et 0 mois; elle est accompagnée « de deux bouts rimés étranges, qui ont sans doute la prétention d’être des vers », observe un Guide, peu indulgent, de la région.

Un curieux bas-relief encadre l’épitaphe de « noble homme » Briet de Neuvillette et « dame » Belle, son épouse; c’est encore un Enfant qui souple des huiles de savon, à demi couché, accoudé sur une tête de mort. Eloquent symbole de la vanité de la vie et de la fragilité de nos joies. Cette oiuvre délicate est attribuée à Nicolas Blasset.

L’un des fascicules de la Réunion des Sociétés des beaux-arts^ re-

Ilist. el (lescn'p. de l’égl. de Sainl-Vulfran. E. Plon, édit. 1890. iJ. 1901, planche XXII, j). 280.

i/aiit profane a l’éolise

produit une peinture sur verre, de 1;j2o, montrant un Jésus, bien potelé, dans une nudité absolue ; ce qui explique sa réclusion dans le grenier du presbytère. La bordure de ce tableau diaphane est, en

outre, agrémentée d’anges ou amours nus, munis de boucliers et de lances, et de gracieux bustes féminins « au naturel », d’ordre décoratif*.

Saint-Riquier en Pontiiieu.

Abbaye. — Portail. D’un côté, la statue de Louis XII, qui, trop vieux, épousa Marie d’Angleterre, trop jeune^ et mourut à la tâche ; de l’autre, celle de son successeur François FL le roi du bon plaisir et surtout du plaisir, lequel succomba à une maladie des organes, par où il avait le plus péché charnellement. La décoration des chapiteaux de la nef offre plusieurs figures chimériques et (( quelques scènes fort grotesques ».

Montdidier. Saint-Sépulcre. — Près des fonts baptismaux, à côté du tombeau de Pontus de Belleforière^ gouverneur de Gorbie, on remarque celui des trois frères de Soyecourt, oui décédèrent, HÉLAS ! EN FLEUR d’aGE, l’uN APRÈS l’aUTRE A MARIER.

Nesle. — Des figures grotesques d’évêques, de moines et des médaillons gardés par des animaux immondes décorent les chapiteaux du chœur

Gorrie. — Un des vitraux relatifs à la Légende de sainte Collette^ patronne de l’église, dépeint une vision de cette jeune « vergogneuse ». Etant en oraison, elle invoqua la glorieuse Vierge Marie

1. Uappelons que c’est à Abbeville, où le roi très chrétien voua son royaume à la Vicrj::e, eu 1637, que se perpétra, avec la complicité du clergé et du tribunal de l’endroit, et aussi avec celle du Parlement de Paris, l’assassinat juridique du jeune chevalier de La Barre. Il subit la ({uestion ordinaire et extraordinaire; il eut la langue et la main droite coupées, à la porte de l’eglisc Saint-^ ultran, puis lut décapité et brûlé sur un bûcher. Et cela dans la seconde moitié du xvm* siècle, en 17t)6, sous le puritain Louis XV, dit le Trop Aimé.

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