‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 180 sur 183 · Nolice hialnrt(iiie, chez J. Deroye, édit, à Sens · texte numérisé non relu

Nolice hialnrt(iiie, chez J. Deroye, édit, à Sens

i/art profane a i/éguse

viales sur le pavé et sur la tête des passants ; elles sont remarquables (( moins par leur bizarrerie que par leur orig-inalité et la vigueur de leur attitude ». Qu’est-ce à dire? Est-ce une réplique des vigoureuses^ mais sans verg-ogne, gargouilles de la cathédrale de Sens? Et cependant elles semblent avoir été respectées^ comme celles de Saint-Etienne, quand (( la bande des Marseillais passa dévastant, brisant tout ce qui olFensait ses regards ». A défaut d’images hiératiques, les porches sont ornés des chiffres de Henri II et des trois croissants enlacés, mais peu orthodoxes, de sa favorite. Toutefois (( la bande » phocéenne eut la galanterie de respecter Técu de France, accosté des emblèmes de Diane de Poitiers, alors que l’édifice religieux, en les exposant complaisamment, consacrait le principe de l’adultère. Les chiffres des deux amants s’entrelacent encore à l’intérieur.

Dans la seconde chapelle Nord, sur la pierre tombale du chanoine maistre Estienne Dubour, est gravée, en creux, Teffîgie de cette (( discrète personne », qui écarte son suaire et se montre à demi-nu, rongé par les vers.

Vézelay. — Portail principal. Encore et toujours le Jugement avec les académies de rigueur, la facétieuse tricherie de Satan au pèsement des âmes, et le passage à tabac des réprouvés, précipités dans les flammes : thèmes fertiles en nudités tolérées.

Porte latérale de gauche : un centaure, symbole de la force brutale et de la vengeance, ou le Sagittaire^ qui doit au voisinage de la Vierge^ dans le zodiaque, d’avoir été souvent accaparé par l’art chrétien.

Intérieur. A gauche, en entrant, 3® pilier (face Est). Tentation de Saint Benoît : un diable lui présente un camarade, sous les espèces d’une « femme folle de son corps ».

Tribune du narthex. Première galerie, à gauche, 1“' pilier : Y Adultère de Bethsabée. Seconde galerie, à gauche, 3® pilier : des néréides, emblèmes de la Volupté. Seconde galerie de droite, 10^ pilier : médaillons dont Avrils personnifié par une femme nue, couronnée de fleurs, allégorie des plaisirs.

Nef. A gauche, en entrant, 7*^ pilier (face Nord). Sainte Eugénie, habillée en moine, est accusée par une femme dépitée de lui avoir fait subir les derniers outrages. La sainte travestie, pour prouver

son innocence déchire son habit et montre ses seins au Nous

avons vu une représentation picturale de cette pieuse légende a ^ arzY. Passons sous silence les Adctni et Eve c[ui s olïrent sous

toutes les faces et les piles dans leur costume primitif ;

(( ils sont trop », comme à Waterloo,

Nef. A droite, en entrant,

2"^ pilier (face Sud). Une femme déchire ses mamelles de ses propres mains ; un serpent, entrelacé autour de ses jambes, lui dévore les entrailles ou peut-être la mamelle gauche, disparue (tig. 556). Cette échevelée, qui symbolise la Luxure assouvie, a pour voisin un homme nu, sa victime, qu'elle a grisée puis désespérée (fîg.

557). Ses cheveux se dressent sur sa tête ; il tire la langue, comme il arrive souvent dans les figures emblématiques de la Lubricité et se perce le flanc par désespoir d’amour. Ce tableau moral montre où conduit le dérèglement des sens dans les unions illégitimes. Voici le commentaire du Père Cahier :

L’homme qui se tord en enfonçant avec furie un glaive dans son propre ventre porte un appendice bestial. Représentation de la colère poussée jusqu’au désespoir qui engendre le suicide. Le vis-à-vis qu’on lui donne annonce que l’appétit concupiscible exalte aisément « l’appétit irascible».

La Luxure reparaît encore sur un chapiteau (fîg. 558) sous un aspect moins rébarbatif.

Avallon. — Entre autres fantaisies décoratives du portail, une Salomé exécute la danse du ventre, la tête en bas (fig. 559), et adapte la courbe de son abdomen à celle de Parc qui l’abrite.

CiiATEL Censoir. — Chapiteaux du xi® siècle fort curieux.

t/aRT profane a ï/ÉOr.ISE

•If) 8

Saint-Iu^orentin. — De nombreux torses féminins s'exposent au haut des piliers (ti^. bbOj. D’autre part, Satan, sous la forme d’un

Fig. 558.

porc, enlève par les pieds une pécheresse qu'un saint Michel barbu vient de lui abandonner.

VouTENAY. — L’église de cette commune possède une statue en bois, primitivement polychromée, de la Vierge mère (îig. bbl), dont les seins émergent du corsage par des lentes appropriées ; c’est une des rares manifestations de l’art, où les deux mamelles virginales sont visibles ; la projection du ventre en avant par 1 ensellure vertébrale est un indice de l'ancienneté de cette très curieuse

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