‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 182 sur 183 · LXXVII. — ALGÉRIE · texte numérisé non relu

LXXVII. — ALGÉRIE

CiiERCiiiLL (Arrond^ d’Alger). — Une mosaïque (fig. 562), remontant au V® siècle, a été découverte dans les fouilles de la basilique. Le cardinal Lavigerie a cru y reconnaître l’image de sainte Perpétue, qui appartenait à une bonne famille de Carthage. Elle est nue^ des bracelets encerclent son bras droit et ses poignets ; à son

1. A la critique sévère de l’abbé Brantôme, qui vitupère, « telles peintures et tableaux portent plus de nuisance à une âme l’ragile qu’on ne jjense », opposons la sage réplique de l’auteur sceptique de la Pucelle^ dans sa délense des libres-précheurs médiévaux, ces peintres réalistes du langage : « Ces images nous paraissent licencieuses et révoltantes, elles n’étaient alors que naïves... Quand la luxure est condamnée, c’est avec des termes peu propres, mais ce n’est jamais ni pour exciter la volupté ni pour faire la moindre plaisanterie. Cette haute antiquité n’a rien ni de Martial, ni de Catulle, ni de Pétrone. »

A LG GRIL

COU, elle porte un riche collier. Mais, comme Pélagie d’Antioche^ Salomé, Thaïs et Marie-Madeleine, la sainte a renoncé aux pompes du monde, et nous voyons dans sa main, remplaçant le miroir de la séduction, la palme des martyrs et des justes. Quand le proconsul d’Afrique la livra au bourreau, elle avait un enfant à la mamelle, et si le portrait de la mosaïque est fidèle, nous pouvons ajouter que rien ne manquait à la mère pour nourrir sa progéniture.

Fig. î)62. — Reproduite dans V Archéologie chrétienne,

par M. A. Peroté.

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ADDENDA

Nudités à Notre-Dame (p. 31). — La chaire repousse la chair; pourtant les épaules nues et les « développements alpestres » brillent souvent de tout leur éclat sous les voûtes des cathédrales : il y a des accommodements avec le ciel. Le peu i^alant capitaine Coignet a confié^ en toute sincérité, à ses naïfs Cahiers les impressions qu il éprouva à la vue de tant de charmes exhibés lors du sacre de Marie-Louise.

^ oilà le costume des dames i des robes décolletées par derrière jusqu’au milieu du dos. Et par devant 1 on voyait la moitié de leurs poitrines, leurs épaules découvertes, leurs bras nus. Et des colliers ! et des bracelets ! et des boucles d’oreilles î Ce n’était que rubis, perles et diamants. C est la qu il fallait voir des peaux de toutes nuances, des peaux huileuses, des peaux mulâtresses, des peaux jaunes et des peaux de satin ; les vieilles avaient des salières pour contenir leurs provisions d’odeurs. Je puis dire que je n avais jamais vu de si près les belles dames de Paris, la moitié à découvert. Ça n’est pas beau.

Saint-Gormain-l AuxGrrois (p. 66). — En 1665, Anne d’Autriche lit exposer dans son ég*lise paroissiale, pendant trois neuvaines, l’un des métacarpes de sainte Reine qu’elle destinait à l’hôpital d’ Alise. La reine désirait faire bénéficier tout d’abord les Parisiens des cures opérées par la sainte, dont la spécialité, qu elle partag'eait avec Job, assure Iluysmans, était la guérison des maladies secrètes, — ainsi appelées, nous 1 avons expliqué ailleurs, parce qu’elles sécrètent. L auteur de Trois Eglises et Trois Primitifs nous dit le comment et le pour([uoi de ce privilège, en s’appuyant sur la glose d’un vieil auteur « au nom prédestiné de Méat » ; la similitude de forme du métacarpe et de 1 organe malade n’y est pour rien.

l’art profane a l/É(iLiSE

Deux contraires, raconle-l-il dans la Fille héroïque, ne se sauroient soullrir dans un mesme sujet, et ils sont tellement opposez qu’ils se persécutent continuellement et ne cessent jamais leur combat qu’après que l’un d’eux a obtenu la victoire sur son ennemy. C’est pourquoy je cesse mon étonnement quand je considère l’opposition qu’il y a entre la chasteté et ce vilain vice. Sainte Reine, qui avait eu très grand soin de conserver sa pureté pendant sa vie, n’a pas voulu, après sa mort, que les impurs s’approchassent de sa fontaine sans estre nestoyez de leurs ordures. De là vient que, quand ils boivent de cette eau avec confiance, ils s’en retournent avec joye de ce qu’ils sont délivrez de ces maux estranges qui, sans ce divin remède, dureraient aussi longtemps que leur vie.

Lafontaine miraculeuse coule toujours à Alise ^ — cet écoulement est-il symbolique ? — et a sans doute conservé son pouvoir curatif à Dusage des civils et militaires qui ne coulent pas des jours heureux, blessés plus ou moins profondément par les coups de pied de Vénus. Huysmans se demande si les éclopés d’Eros qui vinrent implorer la sainte à Saint-Germain-l’Auxerrois guérirent ; mais certainement, grâce à l’expectation qui fait la nique aux thérapeutes, à moins de complications que ces savants terre à terre pince-sans-rire ne peuvent non plus empêcher.

Saints-Gervais-et-Protais (p. 73). — Les figures 625 et 626, qui rappellent la promiscuité des deux sexes dans les bains publics de Bade, sont les extrémités d’une ancienne gravure dont nous avons reproduit la partie médiane à la figure 120 de nos Seins dans l Histoire.

Troyes. 9^ Musée (p. 164). — Le docteur Louis Guillaume y signale la présence d’un fragment de gargouille qui provient vraisemblablement d’une église et figure la Luxure sous la forme d « une femme accroupie ! « de ses mains passées sous les cuisses, elle écarte ses grandes lèvres ». {Chron. inéd.)

Beaune. Hôpital (p. 204). — L’inégalité de hauteur des deux plateaux de la balance divine provoque des interprétations contradictoires, suivant lœil qui l’examine (fig. 262). Le féministe,

i. Amsk a ]»oiir aiiaj-ramme Samk : celte circonstance est-elle fortuite ou a-t-elle une signilication dans le choix de la localité ?

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pour (|iii la Femme est une plaine de Vertus, y voit 1 apothéose de son idole, son élévation au rovaume des bienheureux ; au contraire, le

Fig.

misogyne, qui La connaît dans les coins, en fait Limage de la légèreté féminine. Choisissez.

Grâce, près Guinguamp (Côtes-du-Nord). — Le même confrère décrit dans l’église de ce village : « Tout autour de la nef, à l’union de la voûte et des piliers, une longue file de petits anges, légèrement accroupis, le corps incliné en avant, et accolés les uns aux autres dans cette j)osition, olFrent un spectacle qu’il est difficile d’interpréter autrement que par une vaste scène de pédérastie simultanée,

L AHT PROFANE

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chacun des acteurs étant à la fois actif et passif! » Vous savez c(t que nous pensons de ces « gentillesses », de ces groupes de croupes,

Fiü-. (i2G.

de ces sarabandes ou monômes d’iiomoncules : nombre de ces motifs sont indignes de leur mauvaise réputation.

Chartres. Cathédrale (p. 222). — La ligure ()27 montre,^ en Marianne, Marie de Y Assomption sculptée par Bridan, telle qu elle fut travestie aux fêtes décadaires, lors de la transformation de la cathédrale en temple de la Raison ; une nouvelle et éphémère congrégation laïque des Marianistes.

Lenoir, à la même époque agitée, sauva la statue du cardinal

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Dubois, transférée de l’église Saint-Honoré qui contenait son mausolée à Saint-Roch, en grattant simplement les inscriptions, .a statue du surintendant des plaisirs du Régent et de l’amant de

l’a U T PLOKANE A I. ÉGLISE

Mme (le Tenciii ^ cliarj^ée par lui d’organiser à Saint-Cloud la fete des Flagellants, n’était pas à sa place dans un temple chrétien.

Vertecil (Gironde) (p. 241). — Le Lai cV Aristote est répété à satiété sur les stalles et chapiteaux de cette église (fig. ()2 8-630) ; dans quel but moralisateur ? nous l’ignorons. Peutêtre pour inciter les femmes, déjà trop enclines à la domination, de prendre la direction spirituelle de leurs époux et de les engager dans la voie du Seigneur ?

Meaux (Seine-et-Marne) (p. 250). — Dom Toussaint Du Plessis, dans son Histoire de V Eglise de Meaux (1 ^31), traite sans ménagement Pierre Jan-

vier, fils et petit-fils de médecins de Meaux (1618-1689), mort cure de Saint-Thibaut, <( proche PAlibaïe de Saint-Faron ». Son malicieux biographe assure qu’ « il crevait de vanité, se croyant le plus grand poète de son temps ». A dire vrai, ce « prêtre mordant et médisant » aspirait à la place de chanoine de la cathédrale et ne put jamais l’obtenir; il se vengeait en lardant de traits barbelés

1. Cette intriguante et sensuelle dandine de Tencin fit ses premières a^^^s mi monastère de Monfieury, près Grenoble; nn jour, de «yy . abdomen le « no fleurit » et fructifia, au point de nécessiter un éloi^mement définitif de cette «mais de plaisance », nous allions dire de tolérance.

De tels incidents tocolof;iques n’étaient pas rares dans ces mmsons '

xviiU siècle. Saint Simon narre qu’à Nemours Anne de Beauvillier, abbesse de b ,

— titre obliü-e, — feint d’être indisposée et de ne pouvoir dillerer son départ po ^ les eaux, propres à l’hydropisie ; mais elle ne se presse pas assez et accouche a Versailles. D’un autre côté, Madame, mère du Rej;ynt, (3U raccinte ce drôles » sur les aventures clandestines cpi’elle tient de sa tante l abbes.c conclut cpic « toutes les maisons religieuses sont tellement remplies de

débauches et de vices ciu’on frémit rien que d’y penser ». m

Rome fit donc de la défroquée Claudine une chanomesse et lui dit c

mariage; « au lieu d’un nnari, dit Robert de Rcauplan, die prit cent annm^^^^^^^^

morale fut sauve. Un de ses fruits fut d’Alcmbcrt cpi a 1 exemple du « ufuc

ADDENDA

les évêques de Meaux et les « religieux de tous ordres», dans des quatrains dont sont « farcis » ses sept in-folio manuscrits, conser-

vés à Tabbave voisine. Voici pour lui :

Ci-gist le bon Prêtre Janvier Des Nouvellistes le premier.

Pasteur, ou perpétuel Vicaire, Sçavant et curieux Antiquaire,

I t'Almanachs aj’réable Auteur, l'aitre les Peintres inventeur, L'ennemi déclaré des Moines,

Pépitaphe facétieuse qu’il composa

L’Antagoniste des Chanoines,

Le tléau des Bénédictins,

Le bon ami des Capucins,

Le plus fécond de tous les Poètes.

Si de ses bons amis vous ôtes.

Faites en son nom un Rondeau, Et priez Dieu sur son tombeau.

On ne sait ce qu’on doit le plus critiquer de sa sincérité ou de son outrecuidance.

Chaumont (Haute-Marne) (p. 250). — Dans les Diableries de cette localité, la procession sortait de l’église Saint-Jean, précédée des reliquaires ; entre autres, la chemise de Notre-Dame-de-la-Ghâtre. Moyennant douze sols de location, on prêtait cette chemise aux femmes en couches pour les aider dans le travail.

Montpellier (Hérault). Musée (p. 255). — Un tableau de l’école lombarde, du xv® siècle, représente Sainte Agathe qui porte sur un plat ses seins coupés.

On voit aussi un tableau de Charles de La Fosse représentant Aristote amoureux, et qui rappelle les bas-reliefs souvent sculptés sur les édifices religieux. Ici, la courtisane moralisatrice qui mène cavalièrement le philosophe à quatre pattes, le fouet en main, est entièrement nue, sa suivante ou chambrière éclaire la marche triomphale à l’aide d’un flambeau.

Rousseau, clic lit porter aux Kiilauts trouves. Elle passa eu coup de veut dans le lit du Réj^eiit pour tomber dans celui de sou valet ; Philippe d’Orléans n’aimait pas « les p ([Lii parlent d’alïaires entre deux draps ».

Anssi bien les trop libres allures de la famille de Tcncin a plus d’une fois défrayé les échos de la chronique scandaleuse. Ainsi le cardinal ultramontain de Tcncin, Irère de cette Claudine — Messaline, fut surpris, à Lyon, par le maréchal de Richelicn « en son palais archiépiscopal, en train de faire danser et chanter devant lui une tille demi-nue, pour consoler sa vieillesse ». Et Voltaire raconte une manie sin^'-ulière d nue sœur de Mme de Tencin, Mme de Groslée : celle « de manier les tédons a toutes les filles qu’on lui ])résente ; c’est un honneur qu’elle leur fait... » (Ct. Robert de Reauplan, Une femme d'inlrufiies el de lettres nu XVIIU ^siècle. In lievue du temps présent).

t/art profane a r/ÉriMSE

Giiai.ons-sur-Marne (Marne) Cathédrale (p. 290). — De naïves verrières duxv® siècle nous montrent « au naturel » A(]ain (fig. 0.‘M ) et

Eve (fi^. (139) à leur naissance, Tun tiré de la crotte et Tautre de la côte ; puis, après la chute, Eve filant

Fig:. 632.

et nourrissant son « fruit » (fig. 632), tandis qu Adam gagne son pain à la sueur de son front, Adam incipit lahorare. Les jets de la fontaine (fig. 633) indiquent les quatre fleuves du paradis ; mais que signifie cette fleurette au-dessous d’Adam ? Qu’il a sa fleur de virginité ?

Toul (Meurthe-et-Moselle) (p. 293). — Le docteur Louis Guillaume mentionne (in Chron. niéd.^^ à 1 extérieur de la cathédrale, mais de souvenir, « une scène entre une nonne et un moine qui, dit-on, figure le démon de la concupiscence. Je l’ai vue étant très jeune ; mais je n’ai pu distinguer si ce qu’il exhibait était une bouteille a ventre arrondi, ou si l’artiste avait plaisamment donné cette forme aux parties génitales ». Donc, sous toutes réserves.

Saint-Martin-aux-Bois (Oise) (p. 316). — M. Martin-Sabon nous a montré une reproduction photographique d une miséricorde de cette église, portant une scène sculptée d amour « prussien » a tiois personnages ' mais ils sont hachés au point qu il est Iiieii diflicile de

préciser le sujet. I /acharnement mis a sa destruction plaide en faveur de cette interprétation a

Lyon (Rhône). Cathédrale Saint- Jean (p. 3Jd). — Le motif de sorcellerie reproduit sur la façade principale (lig-. 393) se retrouve, légèrement modifié, dans les Danses du Sabbat (fig. 034) décrites et illustrées par Pierre de Langre, conseiller du roi et juge au parlement de Bordeaux, chargé d'instruire, en 1609, le procès contre les sorciers du Labourd, district des provinces basques. Nous lui empruntons les détails de sa légende :

A, Satan avec cinq cornes, celle du milieu allumée, assis entre la reine du Sabbat (B) et sa favorite ; G, Lhie sorcière présente un enfant pour le sacrifice ; D, Sorcières et démons à table ; E, Sorciers et sorcières non initiés ; F, Après la panse vient la

danse; II, Ronde de filles et de femmes se tournant le dos; I, Chaudron pour la confection des philtres ; K, Chevauchée des sorcières arrivant au Sabbat à califourchon sur des balais ou des boucs et amenant des enfants pour les offrir à Satan ; L, Grands seigneurs et grandes dames masquées traitant les affaires du Sabbat ; M, Enfants prenant soin des crapauds.

Maçon (Saône-et-Loire). Saint-Pierre (p. 337). — Lire dans nos Gayetez d'Eseulape, p. 151, le bon tour joué à un petit-fils d'apothicaire par le Chapitre, auquel ce personnage fut imposé comme chanoine, bien que son aïeul ait exercé la profession d’apothicaire. (( Le jour où il prit possession de son canonicat, on vit, au-dessus de la stalle qu’il devait occuper, un écusson représentant deux seringues en sautoir, avec cette devise : J’ entre dans tous les corps. » La (question à l'ordre du jour ou mieux du soir — nous voulons

l’art profane a l’église

parler des chapeaux au théâtre — nous remet en mémoire une coutume des Mâconnaises, vers 1807, que nos Parisiennes empanachées comme des corbillards feraient bien d’imiter. Millin

Fig-. 634.

raconte qu’en entrant à l’église, « toutes ôtoient avec dévotion et tenoient à la main » le petit chapeau de feutre qu’elles portaient sur le côté droit de la tête, au-dessus d’un petit bonnet. Allons, pauvres ilotes conjugales, un bon mouvement, mettez vos chapeaux sur les genoux, à l’exemple de vos prétendus tyrans domestiques ; vous n’en resterez pas moins « les plus beaux modèles cjui sont à l’intérieur », selon la formule des chapeauteuses qui se payent votre tête.

Aix-les-Baixs (Savoie). Abbaye d’Hautecombe (p. did). — Un groupe de toute beauté, une Pic ta (hg. Odo), analogue à celle de Michel- Ange, montre Jésus sur les genoux de sa mère, à bétat de

ADDENDA

mort apparente, dans l’attente du troisième jour de la Résurrection. Sa nudité absolue a éveillé la susceptibilité hypocrite d un banc d'acéphales de sacristie qui n’admettent la conjonction humaine que

Fii;-. 035.

lorsqu’elle a été autorisée par un abdomen municipal ceint d’une écharpe tricolore ; tant il est vrai que « la pudeur, comme le dit Byron en reprenant le mot de Voltaire, s’est enfuie des cœurs et s’est réfug'iée sur les lèvres ». Et combien est judicieuse la réflexion de Mme de Tencin, femme de sens et de bon sens : « On fait beaucoup de fautes en conduite parce qu’on ne croie jamais le monde assez bête, aussi bête qu’il est î »

i/art PH O fan K A i/fcii.isi:

Phfslfs (Seiiie-et-()ise) ^ (p. 3(>4). — A propos du déhat de la culotte ou de la chausse (lig. 442 j, Tabbé Marsaux qui se refuse à voir une femme nue sculptée dans un sanctuaire, a découvert, avec les yeux de la foi, sur le corps de la belliqueuse még-ère, des mouchetures qui indiqueraient une vestiture primitive. Or, sur la photographie bien nette que nous avons sous les yeux, nous ne voyons rien de semblable : la femme est nue et munie seulement d’une étroite bande d étoffe à la taille. Cette draperie pudique est d’ailleurs un anachronisme, si l’on se reporte au temps où le linge de corps était un luxe inoui — témoin les deux chemises de toile qu’on reprocha si incongrûment à la gorrière Isabeau de Bavière. On couchait alors dans le simple appareil ; rien donc de plus naturel qu’au saut du lit la lutte pour la suprématie matrimoniale s’effectuât in natiiraühiis.

Troyes (p. 161 et 464). Moutier-en-der. — Le trésor de ce monastère possédait un reliquaire qui était fermé par deux tablettes d’ivoire plus anciennes (tig. 636 et 637); elles représentaient des prêtresses païennes dans l’exercice de leurs fonctions sacerdotales. Aux pieds des autels s’élèvent, d’un côté, un pin chargé de ses pommes et, de l’autre, un chêne, arbre consacré à Zeus de Dodone ou prophétique ; à l une des branches du pin sont suspendus des crotales dont jouaient les prêtresses de Gybèle. Sont-ce des plaques se rattachant à un Nicomaque et à un Symmaque fameux, tel le pape de ce dernier nom, du v'^ siècle? N’étant que docteur en médecine et non en théologie, nous ne pouvons mieux éclairer notre lanterne.

Dijon (p. 190). — En 1839, Victor-IIugo vit au Musée les tombeaux des ducs de Bourgogne que l’évêque de Boisville avait refusé de garder à Notre-Dame, en 1820, comme trop encombrants. Il compta sur celui de Philippe-le-IIardi quarante statuettes d'albâtre

1. D’Orléans de la Mothe (1083-1774), évé(|iic d’Amiens (j). iOo), dont l'esprit égalait rinnnilité, à son arrivée dans son diocèse reçut la visite d’nn certain nombre de personnaf;’es du pays (pii, tout en causant, s’approchèrent de la cheminée et relevèrent les basipies de leurs habits pour se chaull'er plus à l’aise. Cette attitude inc(jnvenante lui déplut; il en témoigna son sentiment par celte observation : « Je savais que les Picards a\ aicnt la tête chaude, mais je ne savais pas ([ii’ils eussent le derrière froid ». ((Ji. Uozan. Petites i(jiiorunces lüstor. et littér.)

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