‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 25 sur 183 · BANLIEUE DE PARIS · texte numérisé non relu

BANLIEUE DE PARIS

Arcueil-Gachan. — Sur les chapiteaux de la nef se déroule la farandole des Singes et de la Folie ; moralité philosophique sous une forme burlesque : le singe symbolisait Pamour « venerreuse )).

ClIARENTOiN L

CiioiSY. — L’une des deux chapelles de cette église de l’arrondissement de Sceaux était ornée d’un tableau d’autel de Carie Vanloo, où l’on voyait sainte Glotilde, sous les traits de Mme de Pompadour, favorite de Louis XV, aux genoux de saint Martin. Le peintre n’avait pas été autorisé à donner au nimbé le visage du (( Bien-aimé ».

1. Morus, ex-ministre de la relij^ioii réformée, à Middelbourg', en Zélande, se convertit au catholicisme romain et vint prêchera Charenton. « Ses prêches étaient si courus qu’on l’appelait le Ministre à cinq broches, parce que les rôtisseurs de la localité en mettaient autant (ils faisaient le niaxinium) le jour qu'il devait prêcher, au lieu qu’ils n’en mettaient que deux ou trois quand (pielquc autre ministre du

Saint-Dems.

cesse rafistolée

Cathédrale. — Cette vieille ralatouillée et tripatouillée,

égalise abbatiale, sans n’a conservé que le

souvenir des splendeurs architecturales et ornementales de Sug-er. Quantum mutata ah ilia! Nombre de sépultures proviennent d’autres ég'lises, Célestins, Jacobins, etc.; toutes sont vides; la plupart sont truquées et l’authenticité de leurs effigies est loin d’être assurée. Les stalles elles-mêmes sont étrangères au monument ; ce sont celles de Saint-Lucien, près Beauvais, et celles du château de Gaillonb A force de démolitions, de réfections et de restaurations

culte prêchait ». Ses ennemis raccusèrent d’avoir « engossc » la femme de chambre de Mme de Saumaire et lui décochèrent ce distique accrc :

Gain ex concubitu g ravidam te, Pontia, Mort,

Quis bene moratam morigeramque neget?

(En te voyant enceinte pour avoir couché avec Gallus Morus,

Qui viendrait nier, ô Pontia, que tu sois pourvue, farcie môme de bonne mor...ale?)

La Chronique Scandaleuse renchérit et, plus que le latin, dans ses mots brave

riionncteté :

Que dit-on du Seigneur Morus?

N'évangélisera-t-il plus ?

Le renvoyez-vous en Hollande ?

Que l'adage est bien avéré, Lorsque l’on va trop à l’olTrande, Que l’on l'ait tomber le Curé !

En elTect, belles Réformées.

Vous l'auriez encor pour pasteur.

S'il eut esté moins bon ,

Et s’il vous avoit moins aimées.

Il a fait de si grands elforts Pour vos âmes et pour vos corps,

Qu’il en court de rumeurs mauvaises, Mais, quüy qu’on Louche ses débits,

Il peut bien prescher dans vos chaises. Puisqu’il a couché dans vos lits.

1. Les six stalles de Saint-Lucien n’oRrent aucune ornementation intéressante ; celles, plus nombreuses, en marquetterie d’une exquise délicatesse, qui proviennent de la chapelle du château bâti et décoré pour le cardinal Georges d’Amboise, sont au contraire couvertes de motifs religieux ou profanes des plus pittoresques(lig. llGa

lamentables, de grattages, de replâtrages et de maquillages de toute sorte, ce nouveau couteau de Janot, ce vieux débris manchot.

Fig. 116 e.

Fig-. 116 f.

Fig-. 116 ^

Fig-. 116 /i

i/Airr PROF A ni: a i. iUimsf

amputé d'une tour, en est arrivé à etre comparé par Didron à un

Fig. 116 i.

Panthéon charivarique. « L'intérieur de Saint-Denis n’offre plus, disait déjà en 1847 le comte de Montalembert, qu’un effroyable

gâchis de monuments, de débris de tous les temps, de tous les genres, confondus dans un désordre sans nom ; ce n est plus qu'un

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véritable musée de bric-à-brac, où fourmillent des anachronismes innombrables. » C’est encore, au temps présent, un vaste entrepôt de sculptures funéraires, une magnifique boutique de brocanteur, un vrai capharnaüm.

Extérieur. — Gambrj (An III) donne la description d’un motif

curieux (un arbre de Jessé?), dont il n’indique pas la place et qui a dû disparaître lors de la réfection des sculptures des portails, au xixe siècle ?

Abraham, le père des croyans, couché sur le dos, lance une liqueur féconde qui procrée deux enfans ; de ces enfans, des jets de la même rosée produisent des hommes qui, par le même procédé, donnent la vie à ces millions d’individus dont, suivant la fable des Juifs, tous les mortels sont descendus.

Portail Nord, En tête des signes du zodiaque figure l’allégorie de l’année qui s’achève et celle qui commence (fig. 1 17) : un personnage à demi vêtu, pourvu de deux têtes, dont Pune barbue et l'autre imberbe, est debout entre deux maisonnettes. De sa main gauche, située du côté de la tête barbue, ce personnage pousse à l’intérieur d'un des édicules un petit vieillard nu — l’an passé — tandis que sa main droite, du côté de la jeune tête, ouvre la porte de l’autre retraite à un adolescent plein de vie, qui symbolise l’an nouveau. Même portail, une figure énigmatique de femme nue (fig. 118), pour laquelle nous donnons notre langue au chat. La signification d’un groupe voisin de deux personnages qui se battent ou se lutinent (fig. 119) nous échappe pareillement : Luxure? Colère ?

Portail du milieu. Sur une des nervures du côté droit, la peine de

l’art profane a Fi’ÉrxMSE

la Luxure est personnifiée par un démon qui étreint amoureusement une impudique sans voiles.

Portail Sud. Les médaillons des piliers se terminent, en haut, d’un côté, par un homme ; de l’autre, par une femme, nus tous deux et couchés dans l’attitude du sommeil (fig. 120,

121). Encore une énigme à déchiffrer.

Intérieur. — En pénétrant dans la basilique, nous devons notre première visite, par droit d’ancienneté, au tombeau de son fondateur,

Dagobert, mort en 638 à l’Abbaye même (fig. 122).

Le grand bas-relief, en trois zones (fig. 123), qui occupe la surface de ce monument, a pour sujet la vision d'un vieil anachorète de Sicile, un illuminé, du nom de Jean.

Il avait rêvé que des diables ligottaient le roi sur un esquif et le conduisaient « aux manoirs de Vulcain », en le rouant de coups. Dagobert invoquait le secours des bienheureux saints Denis, Maurice et Martin qui accoururent illico, délivrèrent le prisonnier et le conduisirent, sans culotte* ni chemise, au sein d’Abraham. L’illustration commence par le bas, et un arbre de convention sépare chaque incident. Au compartiment supérieur, l’âme du roi, vêtue d une couronne, est portée sur une nappe, à la façon de Sancho, par saint Denis et saint Martin. Ces tableaux étaient accompagnés de légendes explicatives, relevées par Monfaucon :

1. Quoi qu’en dise la chanson populaire, Dagobert n’avait pas de culotte, tout au plus portait-il des caleçons, femoriilUi vel feminalia, des Francs.

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A la bande inférieure: saint dénis révèle a .iean anachorète i^ee l’ame de dagorert est ainsi tourmentée.

A la bande niovenne : l’ame de dagorert est délivrée par les

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