SUR L ART RI-:L1GIEUX
Il y a (railleurs l’énéraleinent peu de rapport entre la vie et les ceuvres de ces artistes. Le Pérug-iii était athée et ne s’en cachait pas, rappelle l’auteur du Lys roucfc. Gomme Gaton^ qui avait des moeurs de catin, Joachim Patenier, d’après W. Bürg-er, était (( ordurier » et mena une vie crapuleuse ; pourtant presque toutes ses compositions sont des taldeaux de sainteté. Jean Gossart, qui se spécialisa dans les sujets religieux, parce qu’il était incapable de taire le nu, (( était adonné à de honteuses débauches ». Le moine Filippo Lippi n’a-t-il pas aussi fait ses preuves de libertinage*, comme tant d’autres ? Santerre, par exemple, dont le pinceau délicat caressa tant de torses de Madeleines^ repenties ou non, était grand amateur du nu en peinture aussi bien qu’en nature. (( Il n’avait pas de valets, écrivait Mme la duchesse d’Orléans, plus connue sous le nom moins otHciel de Princesse palatine ; mais il se faisait servir par des jeunes filles qui riial)illaient et le déshabillaient. » Pour égayer sa philosophie, dit un critique d’art, il avait formé une académie de jeunes filles auxquelles il enseignait son art, et elles lui servaient de modèles.
Nous trouvons encore une preuve du caractère licencieux des artistes dans certains sobriquets méprisants qu’ils infligeaient à leurs camarades d’atelier, surtout à Home, pendant la Festa del Battesinia . tels, le peintre Razzi, qui sigaiait Sodona, surnommé le Südoma. et le verrier de Coiinei, appelé ainsi, dit Bernard de 1 alissA , (( parce qu il avait 1 haleine punaise ». A. rapprocher, le suiiiom de (^h... donné à Patenier en raison du monogramme qui lui servait de signature au bas de ses paysages : un petit homme accroupi par nécessité.
Artistes et symbolisme. — Gontrairement à une idée assez répandue, l’esprit religieux est très souvent étranger aux manifestations de Part chrétien: nous aurons maintes fois l’occasion de le constater. Que d’imaginatifs en état de grâce, atteints de « symboulisme » chronique, croient découvrir des symboles dans tous les dévergondages apocalyptiques des artistes : têtes grimaçantes dites « rageurs », animaux hideux, chimères fantastiques, guivres, et jusque dans leurs conceptions humoristiques et obscènes les plus