‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 44 sur 183 · X. BOUCllES-DU-RllONE · texte numérisé non relu

X. BOUCllES-DU-RllONE

M ARSEiLLE. L Cathédrale. — Toutes les âmes du tableau où Ton voit Jésus descendant aux Limbes sont pieusement et piteusement habillées, bien qu’elles soient entourées de flammes purificatrices.

2® Saint-Joseph. — Chœur. Deux anges qui devraient être insexués sont munis de copieuses mamelles ; sans les ailes, on les prendrait pour de plantureuses nourrices. Autre toile figurant encore la Descente aux Limbes^ où les âmes sont nues. Contrairement à la tlagornerie habituelle des peintres de « sainteries », un seul homme figure au milieu de cinq femmes, qui implorent la Vierge et non Jésus.

3® Saint-Vincent-de-Paul. — Actuellement (1905), la façade principale est dépourvue de sculptures, faute de ressources ; le trésor du Vatican ne pourrait-il venir en aide à cette misérable fabrique ? A l’intérieur est exposé le modèle en plâtre de cet édifice, avec les détails d’une riche ornementation sculpturale. On distingue, au portail, un diable qui précipite une damnée nue dans la gueule du monstre infernal. Au-dessous, surgissent les ressuscités, enve-

1. C'est une « bravade » ou combat simulé entre les Chrétiens et les Sarrasins, combat qui se termine })ar la défaite de ces derniers, enfermés dans un fort, pris et détruit le troisième jour. Mais c'est surtout un prétexte à pétarades de poudre brûlée aux moineaux, à bam[uets et beuveries pantaj;ruéli([ues. Après la fête, on se rend à Saint-Maxime pour remercier le ijatron de la ville de ce (jue ])ersonne n'ait été blessé, au cours de la lutte lictive. « Dans l'église, dit P. lluj^^o, le commandant de la « bravade » désigne son successeur pour l’année suivante, en plaçant son chaj)eau sur la tète de celui qu'il juge le plus digne. Celui-ci, en signe d’acceptation, « lâche son pet » ; il tire un coup de fusil dans l’église où il vient d’être proclamé élu. »

i/art profane a i/éofjse

loppés de leur suaire; seule une impu(li(|ue ou une linolle a ouhlié — mot, vous le savez^ que le sexe lég'er prononce le plus souvent — son voile.

Sur les vantaux en bronze de la porte principale figurent des animaux connus, symbolisant un défaut ou un sentiment. Ainsi, en regard du Chien^ un os à la gueule, on lit feritas et k côté du Mouton, IMRECILLITAS — sovez donc bon! opprorrium^ est le lot du Cochon^ le fidèle compagnon de saint Antoine, et Dolor accompagne le Chameau. Au-dessus de ce « vaisseau du désert », — curieux rapprochement — figure la Volupté^ céleste sans doute, car elle est habillée et tient une croix d’une main et un bouclier de l’autre.

le Saint-Sauveur. — Le président Charles de Brosses a remarqué dans une chapelle de cette église, un bas-relief antique datant, selon son expression, « du bon temps des Romains », et dont il donne la description qui pourrait bien être celle de l’image principale du sarcophage d’Aix :

11 représente une noce ; du moins y remarquai-je une femme voilée, à demi-couchée sur un lit, faisant de son mieux la mijaurée; une autre femme près d’elle paroît l’exhorter au martyre, et l'époux, debout, tout nu près du lit, a Tair ennuyé de ces simagrées.

5° Saint-Victor. — Le Musée possède un sarcophage en marbre provenant de cette église souterraine ; c’était celui d^une jeune fille JVLiA QviNTiNA, OÙ était renfermé le corps de saint Mauront, évêque de Marseille. On y voit Bacchus et Silène nus, traînés dans un char par un centaure et une centauresse qui tient « le symbole de la fécondité », dit Millin ; le vainqueur de l’Inde est suivi par Ariadne dans un second char (Voir pl. xxvii, n® 3. Voyage dans le Midi de la France.)

Aix. V Saint-Sauveur. — Façade. Parmi les Sibylles, la Simrnérlennc, celle qui prédit l’allaitement de Jésus par sa mère, devait tenir un biberon qui a disparu.

Collatéral de droite. Chapelle en contre-bas du sol, dédiée autrefois aux saints médecins Cosme et Damien. D’après là Monographie

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