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barbe \ la Luxure y par une Icinine cjiii tire la lang'ue ou montre ses seins, etc. ; mais, à coté de ces lig’urations nettes, classiques^ pour jiinsi dire, combien de déverg'ondag’es, d obscurités, véritables hiérog’lvphes qui attendent et attendront long’temps leur Gliampollion ! Or, ce qu'on peut expliquer de plusieurs manières, pense \oltaire, ne mérite d être expliqué d'aucune. Si vous passez près de 1 ég'lise Notre-Dame de l’Épine, dans la Marne, vous verrez à 1 extérieur, au niveau de l'abside, le lieu d’élection où se cachent les honteux ohscena — derrière contre derrière — une bonne femme, à demi accroupie h qui relève sa jupe pour satisfaire un petit besoin. Devons-nous chercher là une intention symbolique, et devons-nous en chercher aussi chez Marcus Guerards, de Bruges, au xvi*‘ siècle, (|ui se plaisait à placer en évidence dans tous ses paysages une petite femme « occupée à pisser » ? De même Breughel, disposait souvent des personnages « accroupis » dans ses compositions burlesques. Ce sont là des bizarreries inexplicables et que nous rencontrerons en grand nombre, chemin. faisant.
Dès la période romano-byzantine, les créations du paganisme s'infiltrent, par la loi de transition, dans l'art chrétien ; leurs nudités mêmes y voisinent avec les sujets religieux; d'où la profusion de chimères, marmousets, coquecigrues grimaçants, sphinx, griffons, néréides ou femmes poissons, sirènes ou femmes oiseaux, atlantes ou télanions, harpies, mélusines moitié femmes et serpents, et d'autres animaux fantastiques empruntés aux Bestiaires du temps, dont les pieux enlumineurs peupleront leurs vignettes décoratives. La néréide au buste féminin terminé par une queue unique ou double,
Desinil in pisceni millier formosa superne,
et dont on ne peut dire qu’elle n'est ni chair ni poisson, est toujours confondue avec la sirène. Elle ligure souvent sur les murs des édifices religieux, surtout dans les baptistères et les églises des pays maritimes. Entre temps, la néréide personnifie la Volupté quand elle tient un miroir, et la Reli(jion si elle a un poisson"^ à la main.
U D" lÎAnuAX, Chron. inédic.
-. Quand elle tient nu couteau, d’nn coté, et nn poisson, d'nn antre, (ju’elle va fléconper par tranches, elle indicpie (pie « la cruauté accompagne la débauche » ; assise sur le dos d’un centaure, elle persoiinific le comble du liiiertiua^e.
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l’art P RO LAN!" A l’ÉOLISL
l’emblème familier aux premiers clirétiens pour indiquer Jésus;
nous savons qu’ils avaient trouvé dans les cinq lettres du mot grec poisson, IX(-)Vi), les initiales des cimj mots suivants :
Ir)<70îjç XpKTTÔ; (")£ou Ho;
Jésua Christna Oei l'iliim Salvalor
La Renaissance reprendra les mythes de la Grèce et les mariera avec les licences bibliques, en accentuant les dangereuses séductions du nu, le plus actif des a^dirodisiaques ; « elle symbolisera meme la Vertu par des formes sensuelles », écrit Labbé Crosnier.
Quand la surface à illustrer était trop étendue, après avoir épuisé la série des événements ordinaires, les tailleurs « d’hystoires », sous peine de se répéter, comme k Chartres, égayaient leur œuvre, à l’exemple des sermonnaires, par des épisodes plaisants.
Ainsi s’entremêlent k Rouen, au portail des Libraires, les sujets chrétiens et les Métamorphoses d’Ovide ; arlequinade bigarrée, macédoine disparate du sacré et du profane, auxquelles s’applique ce qu’lsidore de Séville disait de sa bibliothèque : Sunt hic plura
sacra, sunt et mundalia plura.
L’esprit satirique si goûté de nos pères, surtout quand il était relevé de bon sel gaulois, se donnait libre carrière dans les sculptures des édifices religieux. Ces soties de la pierre et du bois prenaient comme objectif les scènes familières ; elles représentaient les corps de métier et les diverses professions : sur les culots des miséricordes d’Amiens, par exemple, se coudoient la Femme galante ou la Mondaine, tenant en main une demoiselle », c’est-k-dire un miroir, la Sage-femme, avertissement des dangers de 1 inconduite et le ménage se disputant la culotte, mise en action du fabliau de Sir Ilaiiis et dame Anieiise ou du strugglc for life de la vie conjugale.
Le clergé lui-même, régulier autant que séculier, n était pas épargné dans ces parodies ; des renards travestis en moines prêchent des poules sans défiance ; des évêques, des abbés coiffés de leur mitre — et qu’on ne vienne pas dire qu'il s’agit du bonnet des prêtres juifs, la présence assez fréquente de la crosse épiscopale ou abbatiale le démentirait — marchent entête de la théorie des damnés,
liés par une corde ou enchaînés et entraînés par des démons goguenards. Les épiscopes rossés et « passés k tabac » par les flics infernaux avec une furia sans égale sur les tympans des portails
SCR l'art R K lu; I eux
sacrés étaient crossés crimportance par ce c[uatrain entre mille :
la muse populaire ; témoin
Au temps passé du siècle d’or, Grosses de bois, évêques d’or ; Maintenant, chang^eant les lois^ Crosses d’or, évêques de bois.
Rarement, le saint pontife figure dans le cortège des condamnés, et pourtant les tarés ne manquent pas chez les tiares d antan ; mais le peuple, encore moins respectueux que les artistes, n’épargnait pas le grand chef de la Chrétienté : « On chantait, en France, dit Viollet-le-Duc, avant et depuis Philippe le Bel : Je me f... du pape; c'est le refrain d’un ancien fabliau. » D’autre part, les libres prêcheurs, imagiers du verbe, n’étaient pas moins hardis que les imagiers de la pierre pour flétrir du haut de la chaire les mœurs détestables des ecclésiastiques de tout rang, depuis le simple diacre jusqu’au vaniteux prélat. Lisez plutôt ce passage d'une des boutades de Pasquin et Marforio :
Je souhaite un peu d’instruction aux cardinaux et la haine des goûts infâmes ! Je voudrais que les évêques apprissent à lire et à préférer leurs devoirs aux plaisirs et à la domination temporelle. Quant aux prêtres, je leur donnerais des femmes pour les forcer à quitter leurs concubines, et je donnerais des concubines aux moines, afin de les empêcher d’être les maris de toutes les femmes et les femmes de tous les maris.
Il est vrai que nous sommes en Italie, la patrie des Ganymèdes. Mais des vices et des défauts identiques se retrouvent dans les autres pays. Il est non moins curieux de voir le même écrivain public, Pasquin, sous Paul III, « de lubrique mémoire », jouer dans une intention satirique avec les noms des ordres religieux : il appelle les Carmes, les Charnels \ les Dominicains, les Démonicains \ les Franciscains, les Fraudiscains ; et les autres ordres à l’avenant, les Servîtes, les Bcnébihites, iQ^Caprutiens^ etc. Mgr Fagnani, l’un des familiers de Donna Olimpia, — l’intrigante belle-sœur d’innocent X, — n’y voyant plus d’un œil et à peine de l’autre, disait que « Dieu lui avait fait une grande grâce en lui ôtant la vue, parce qu’ainsi il ne pouvait voir les fourberies des frati ».
Bien avant, sous Henri III, où l’on portait les manteaux courts,
i/aUT IMIOI'AM*:, — I. O
l’art profane a