‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 7 sur 183 · SUR L ART RELIGIEUX · texte numérisé non relu

SUR L ART RELIGIEUX

Dans la chronique scandaleuse du xviii® siècle, où la « fureur d’érotisme », selon Ténerg-ique expression de Brunetière, des romanciers et des artistes ne connaissait pas de bornes, nous trouvons une aventure analogue à celle qui est satirisée sur un vitrail ancien (lig. 8), attribuée au cardinal Dubois b L’escalade amoureuse aurait eu lieu au domicile de 1’ « abbé », au parc de Saint-James.

Autres temps, memes mœurs, avec cette dillerence, toutefois, qu'au xx*^ siècle on s’attache surtout à sauver les apparences. N’avons-nous pas eu récemment (1907) un représentant du Saint- Siège, Monsignorc M..., qui « flirtait, papillonnait et gaudriolait » ; avons-nous oublié la fugue tragico-comique de l’abbé peu galant D..., qui mit à mal une institutrice laïque, puis l’abandonna au milieu « de la rue », ainsi que le produit de leur conjonction charnelle ? Est-il nécessaire de rappeler les exploits de ce curé qui transforma son presbytère en maison d'accouchement ? Et combien d’autres, qui ont eu l’habileté d’éviter les poursuites judiciaires et le scandale public ! Car tout est là, comme le donne à entendre l'aveu cynique d'un de ces don Juan en rabat devant le tribunal : (( Personne ne me pardonnera, non pas d'avoir fauté, mais de m^être laissé prendre. »

Sans tenir compte de ces exceptions, les mères chrétiennes continueront à suivre le conseil de Mgr Dupanloup : (( Élevez vos filles sur les genoux de l’Eglise ! » Ceci dit pour l’édification des mœurs cléricales à toutes les époques, fermons la parenthèse.

Entre temps, l’irrévérence des artistes s'attaquait aux saints euxmêmes, alignés et figés au fond de leurs niches dans une immobilité hiératique, la figure empreinte de la sérénité impassible des justes.

Ces facéties figuratives dans la décoration des églises répondaient exactement à la partie comique de nos Mystères. Elles étaient un repos pour l’esprit. Le grotesque, qui apparaît surtout aux époques de décadence et dont le moyen âge fit un véritable abus en peuplant les édifices religieux d’être fantastiques et de monstres hybrides, tenait, nous venons de le dire, l’emploi de ces clowns burlesques qui servent à égayer les intermèdes des jeux du cirque. Dans sa recherche de la note drolatique, le ciseau en

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