XXIV. — EURE-ET-LOm
Chartres. U Cathédrale. — Extérieur. — Portail occidental. La j)remière des statues, en commençant par la g'auclie, est celle d un monarque dont la tête a été remplacée par celle d’une femme ; d’où l absence des saillies caractéristiques du sexe féminin sur cette statue primitivement masculine. Par contre, la reine qui occupe le dernier rang* a le bedon d’une femme enceinte (lig*. 274).
Ces elfig-ies lig-ées du xii^ siècle, sont séparées par des colonnettes couvertes de rinceaux en volutes, tinement ciselés, qu’escaladent «les adolescents franchement dévêtus (lig. 275).
i/aUT l'ROl AN1-: A l/ÉCLlSi:
Porche sepleiilrional. Création du Soleil et de la Lune ou du Jour et de la Nuit (lig. fig-urés par un hoinine nu muni
crun llainbeau, qui conduit par la main une temme, également dévêtue. Celle-ci tient sous le bras un disque lunaire; ses yeux sont voilés par les bandeaux de sa chevelure pour indiquer quelle re(,*oit la lumière du Soleil. Rappelons une fois de plus la bévue de la Genèse qui crée la Lumière trois jours avant le Soleil, d’où elle émane.
Un sacristain, plus convaincu que réfléchi, avait imaginé de coller sur la partie non circoncise du Christ une bande de papier jaune qui, contrairement à ses intentions, attirait le regard et provoquait les quolibets. Le curé, plus avisé, lit cesser le scandale en supprimant la cause. Siihlata causa^...
Même porche. La Charité donne son manteau à un indigent presque nu et se découvre le sein et la jambe du côté "auche. A côté, la Crédulité est accompagnée d’un lapin. Déjà ?
Le porche méridional est ornementé de (( Péchés incarnés en de minuscules groupes », écrit l’auteur de La Cathédrale. « La Luxure, ajoute-t-il, est une belle sans voiles, dont un jouvenceau caresse le sein. » N’a-t-il pas confondu ce groupe avec celui de notre figure 278 ? Plusieurs élus, deux rois vêtus de leur couronne (fig. 277) et une dame en peau (fig. 278), sont accompagnés de personnages drapés, des patriarches ? Du côté opposé, brelan de démons qui font le diable à quatre pour entraîner de haute lutte des
Fig
Fig. 276.
1. Déjà, cil 1850, un collègue chartraiu de la meme école restaurait à sa manière les tableaux de sainteté, si nous en croyons le récit de berd. Artaria . « J’admirais à Chartres (ville près de Paris) un superbe tableau du Pourdon dans l’église canoniale de Saint-André. Le sacristain tpii venait tic le decouiiii nous faisait rcmart{uer toutes les tigurcs. Mon compagnon, peintre de 1 Académie,^ déplorait un accident arrivé au cou d'une belle ligure de lemme sur le dciant, eébiit un trou près de la gorge. — Oh ! ce ne sera rien, dit notre eicerone ; mon intention est d’y coller une jielurc d’oignon ({ui sera de la couleur, et il n y paraîtra plus, (iartlèz-vous bien, barbare 1 lui cria mon artiste, de porter une main ignorante sur ce chcf-d'teu vrc, laissez-lc avec son trou. Le tableau brille aujourd hui thms lo Muséc français. »