‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 76 sur 183 · GIRONDE · texte numérisé non relu

GIRONDE

moindre voile, de honteuses horreurs, dont le nom seul est un outra^^e à riuimanité.

De bien gros mots pour des images ; qu eût-il dit de la réalité ?

2^ Saint- André. Cathédrale. — Au portail central bgure une Aphrodite^ à coté d’un autel où brûlent deux cœurs ; allégorie païenne qui semble se rapporter au second mariage de Henri IV.

Sur une console sculptée en contrefort (üg. 307), les seins d’une réprouvée, nue jusqu'à la ceinture, sont dévorés par deux dragons ailés, à tête et à queue de serpent : toujours le supplice des luxurieuses.

Un bas-relief pris pour Y Enlèvement de Ganymède représente Jésus, le jour de sa résurrection, sortant de son sépulcre, assis sur un aigle, à la façon de Zeus. Le Dante n'appelle-t-il pas qui a été crucifié pour nous sur la croix » ?

O summo Giove

Che fortin Terra per noi crocifisso.

Dans le même ordre d’idées, un poète du xvi® siècle, comme le rappelle l’abbé Auber, écrivit à propos de la Cène :

7\im Chrislus sociis Bacchum Gerereinque minislrat.

(En ce moment, le Christ donne à ses amis Bacchus et Cèrès).

3® Saint-Seurin. — Emplacement au moins curieux pour un édifice religieux : sur les allées d’Amour et la place du Prado, nom qui évoque l’ancienne salle de danse des étudiants de Paris, construite dans une église de la Cité.

Quelques incongruités sont déposées sur les stalles. Deux garçons dans une position singulière, analogue au groupe de Bourg-Achard, près de Bouen ; un homme, Y Hérésie^ souille de ses ordures le globe

Fil*-. 307.

aussi Jésus « un Jupiter

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(lu monde (la Papaiilé ?), surmonté d'une croix (fig. 307 a;, paraphrase de ce passag-e de saint Paul : (( Je méprise toute chose

Fi«'. 307 <•},

Fiy-.

comme des ordures » ; un monstre ailé mord un fuyard à la partie la plus charnue de son individu (fig. 307 h) ; luxurieux dévêtu qui

lutine une lemme vêtue d'un bonnet (lig- 307 c) ; un impudique prend en brouette une femme dont le buste s’appuie sur une roue et le train postérieur nu repose sur les épaules de son parlenaire, sujet qui, d’après l’abbé Cirot de la Ville, indiquerait « Entraînement de la luxure et de la vie humaine, appelée par l’apùlre saint Jacques une roue » (lîg. 307 d) ; un personnage tire une brouette sur huiuelle repose le tonneau abdominal d un cent kilos (hg. 30 1 cj ,

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