C. IRONDK
enfin, un personnage, dont la partie postérieure est nue, couver les œufs d’une poule, celle-ci se hérisse et
s’apprête à paraît fort
irritée (fig. 307 /’).
Fig’. 307 e.
Dans la crypte, cénotaphe élevé en l’honneur de saint Fort. En raison de son nom et de la nigauderie humaine, le jour de la fête du saint, au joli mois de Mai, les mères et les nourrices couchent leurs avortons sur son tombeau, dans l’espoir de leur assurer la force physique et la santé. Beaucoup de ces chétives créatures demeurent ainsi quelque temps dans une atmosphère d’une extrême fraîcheur et y contractent des alfections de l’appareil respiratoire.
4° Saint-Ma Caire. — Chapiteau occupé par deux bonshommes nus, qui en lapident un troisième, saint Etienne, accroupi et muni d’un ventre phénoménal.
Un tableau du Jugement universel offre, en dehors des nudités conventionnelles, une particularité étrange : au milieu, un lit rouge où gît un personnage, mains jointes, vêtu de blanc et l’abdomen encore très gonflé. Le Bulletin monumental pense qu’il figure « les justes ou les îemmGii Qwcdnias (vœ au tem prægnantibiis.. . in illis diebus, Matth. xxiv, 19), qui ne sont pas encore morts à Lheure ou le Jugement dernier sera sur le point de commencer » ? Pourquoi ne serait-ce pas le « lit de justice » du Juge suprême ?
Bazas. Notre-Dame-dou-Mercadil(du Petit-Marché). — Plusieurs modillons portent des obscénités. Les scgitl0s du Jii^crixciit sont variées et quelques-unes k caractère funambulesque.
i/art profane a l’église
Berson. — Un cul-de-lampe de l’extrémité d’une cimaise présente un homme nu, accroupi, tournant son... verso au public. Une ceinture à larg-e plaque sang-le ses reins et il exhibe tranquillement de volumineux org-anes génitaux. Au point de vue synd^olique, les parties sexuelles figurent la luxure ’ et la concupiscence de la chair, d’après Mgr Barbier de Montault ; on y applique, comme punition, des reptiles et des crapauds. C’est là, on le sait, l’explication de ces multiples obscena. Nous persistons néanmoins à croire que le remède, c’est-à-dire renseignement oculaire sous cette forme est pire que le mal.
Budo. — Côté Sud du portail, encore une luxurieuse nue, mordue par un serpent ; elle est, en plus, tripatouillée par deux démons ricanants.
Gastelviel. — A Tarcature de droite des portes aveugles, qui accompagnent les portes principales, deux femmes velues ont aussi les seins dévorés par des ophidiens. L’une d’elles repousse le reptile tortionnaire avec la main.
IzoN. Saiïlt-Sulpice. — Autre image moralisatrice de la femme aux serpents, qui lui enserrent le cou et les jambes. Voyez Laocoon.
Le Blanc. Saint-Génitour L
Luganac. — Sur l’un des corbeaux qui soutiennent la corniche de l’abside, un homme, la tête en bas, n’offre pas de costume à décrire, mais étale impudemment des formes exagérées. A côté, figure un personnage dont la tête et le corps sont cachés sous un voile épais, qui laisse à découvert les membres inférieurs et les organes génitaux. Autant d’homoncules qui montrent leur « prussien » à tous les passants et s’en « Molke ».
1. Les saints guérisseurs soignent généralement les maladies auxquelles leur nom semble se rapporter; c’est la médecine des signatures. Par exception, celui qui mieux que tout autre paraissait destiné, de par sou nom, à la guérison des maladies génitales, s’occupe ici de la vision ! Le vantail gauche de la porte d’entrée est percé, à un mètre environ du sol, d’un trou, où les gogos, bigots et cagots idiots passent l’index pour chercher un remède pour les maux d’yeux. A quoi bon? Ils n’en seront pas moins aveugles et continueront à se mettre le doigt dans l’œil.
Paillet. — Une fenêtre est couverte de figures peinturlurées fort peu décentes, représentant des personnages des deux sexes. Des obscena^ ni plus ni moins édifiants, s^observent aussi à Puch, Saint- Martin-de-Lescas, Aillas, Montpainblanc, llaux, etc.
Pertignas. Saint-Vincent. — Deux personnages nus et une tête de loup occupent deux des modillons qui soutiennent la corniche, audessus du portail.
Saint-Hilaire-de-la-Noaille. — On rencontre encore sur le chapiteau qui couronne Pun des piliers de la nef, deux serpents mordant les mamelles d’une pécheresse lubrique ; passé le temps où ces mêmes seins auraient damné des saints.
Targon. — A Tune des archivoltes du portail, le même symbole est personnifié par une réprouvée, montée à califourchon sur les épaules d’un démon narquois, qui lui serre les jambes et emporte la fêtarde à la taverne infernale. Un horrible crapaud se cramponne, avec ses pattes, au bas-ventre de la voluptueuse. Cette fréquente exhibition de la Luxure et de son châtiment sur les édifices religieux de la Gironde, indique-t-elle que le péché de la chair était particulier aux Girondins et Girondines ?
Villeneuve d’Ornon. — Abside. L’un des modillons extérieurs de la corniche porte une femme nue, accroupie, et un personnage masculin dans une posture analogue ; les organes de la génération sont nettement accusés de part et d’autre.