Cf. J. de Laurierc et B» Bernard, VEglise de St-Aventin
Il A UTI> GARONNE
A son réveil, d’Eclen le premier hôte,
A ses côtés, en place de sa côte.
Vit la chair de sa chair et les os de ses os, h^t son premier sommeil fut son dernier repos.
Impression que la sagesse des nations a condensée depuis dans ce dicton sévère, mais juste :
(( Qui femme a, guerre a ».
Puis, la Chute originelle (fîg. 312). L’esprit tentateur est représenté, comme à Notre-Dame de Paris, par une lamie au buste de jeune femme nue. Mais la partie inférieure du corps est une queue de serpent qui s’achève par une tête de dragon. Dans le mouvement d’Eve, qui tend la pomme de discorde, « le temps, ayant un peu noirci la peinture, observe S. Liégard, on ne sait trop où va s’égarer la main de notre adorable aïeule. Honni soit... »
Enfin, le Jugement dernier (fig. 313). Le Christ est assis sur un arc-en-ciel ; de sa plaie hypogastrique
Fig. 312.
Fig. 313.
droite émane un rayon fulgurant qui éclaire la poitrine nue de sa mère suppliante, agenouillée à sa droite. Le peintre décorateur B. Bernard, qui a fait une étude particulière de ces fresques, voit, au contraire, dans ce rayon lumineux, un jet de lait, que la Mère
i/art profane a i/É(;rosE
313 bis.
(lu Sauveur, « par un geste aussi touchant cjne naïf », fait jaillir de son sein maternel sur la plaie hcïante « du cœur » de son divin fils. Nul n’ignore que les peintres, comme les poètes, sont des imaginatifs. La Vierge ne presse pas ses mamelles ; elle se contente de les <( montrer »
à son divin fds, pour lui rappeler qu’elles Lont allaité L
Tous les justes, dans Lattitude de la prière, aux pieds du Christ, sont complètement nus, ce qui est plutôt rare. Quant aux réprouvés, ils sont traînés par les pieds ou emportés dans des hottes vers le gouffre ardent de l’Hadès, in ignem æternum, par d’impitoyables démons dont les organes sexuels sont remplacés par
des masques grimaçants et immondes.
1. Cette scène nous rappelle un chant populaire que nos aïeux chantaient pendant leurs veillées de famille ; nous sommes heureux d'en donner ici un couplet, parce qu’il nous semble avoir quelque rapport avec la scène que nous venons de décrire et qu’il n’a peutêtre pas été étranger à sa composition :
Amiga de Diou, (ju’ès en Mostra ta papa à tou fil, Fay qué li sian toutjour Et no nos metta en exil.
Se vesen le grand péril En que l'ennemi mettuts Garda nos donc, Verges En disen : Ave Maria.
rAf.-,ii I c Rn.rrn-rf
los cels, fidels,
nos a ; huinil,
Amie de Dieu, qui es dans les deux.
Montre ta mamelle à ton fils.
Fais que nous lui soyons toujours fidèles Et qu'il ne nous mette pas en exil.
Tu vois le grand péril
Dans lequel l'ennemi nous a exposés ;
Garde-nous donc, Vierge humble.
Quand nous disons : Ave Maria.
II Al] TE-GARONN E