Cf. II. Ilymans, Gund et Tournai'^ II. Laureus, édit
otro étranglé puis brûlé. En Italie, où il avait contracté ce que nous avons appelé le (( vice a icrcjo », il empoisonna son frère Francisco Haniingo, François le Flamand, — auteur du Manneken-Pis de Bruxelles et des ornements principaux du baldaquin de Saint-Pierre de Rome, — qui l’avait chassé à cause de sa dépravation. Un arg'Ument de plus en faveur de notre thèse où nous soutenons qu’il n’est pas nécessaire d avoir la foi ni d’être inspiré du ciel pour imaginer des « bondieuseries » sublimes; le talent suffît.
Le retable de 1 Adoration de V Agneau mystique par Jean et Hubert van Eyck et la Conversion de Saint Bavon de Rubens (fig. 8b) sont les deux joyaux de la cathédrale.
Le polyptyque des frères van Eyck nous intéresse surtout par ses volets où le caractère réaliste du nu d’Adam et d’Eve a été fortement souligné. Celle-ci a le ventre proéminent, conformément à la mode du xv^ siècle. Jehan de Meung disait avec raison « qu'on ne cognoit souvent les vuides des enceintes », et l'auteur de la Sorcière, à propos de ce chef-d’œuvre, remarque aussi que « toutes les vierges paraissent enceintes ». Il en est de môme des Eves de Hans Memling, d Albert Dürer, de Lucas Kranach et d’autres primitifs.
En 1781, Joseph II le bien nommé — fut choqué de la nudité de nos premiers parents et obligea la fabrique à faire disparaître de la cathédrale ces volets scandaleux. Il estimait que ces peintures étaient une sorte d’outrage public à la pudeur. Elles furent retirées et soigneusement cachées à l’évêché de Gand. Mais, en 18bl, le Musee de Bruxelles les exposa de nouveau. Les volets de la cathédrale ne sont donc qu'une copie moderne des originaux.
Dans sa Conversion, saint Bavon, sous les traits de Rubens, quitte après une jeunesse orageuse, la carrière des armes pour’ la vie monastique : quand il se fait vieux, le diable se fait pieux. Parmi les miséreux auxquels le converti vient de distribuer tous ses biens on remarque deux mères, aux seins nus; l’une, de proliL allaite son nouveau-né; I autre tourne le dos au joublic (bg. 8b).
Du côté opposé à ce groupe, la plus décolletée des deux dames — les épousés du peintre — détache une chaîne d’or de son cou pour suivre 1 exemple du saint ; ce serait Hélène Fourment, sa seconde lemme. I nmitivement, ce chef-d’œuvre décorait le grand autel mais
l'art PROFArsK A l/É(il.ISE
Dans Tune des chapelles qui entourent le chœur est accroché une toile de Luc d’Heere : la Reine de Saba devant Salomon. Le peintre
flagorneur adonné au roi d’Israël, dont la sagesse et l’équité restèrent légendaires dans tout LOrient, les traits du dément cagot Philippe II, petit-fils de Jeanne la Folle.
Saint- Jacques. — Contre le dernier pilier de la nef un monument fut élevé par le Collegium medicorum à la mémoire de l’accoucheur Jean Palfyn, de Courtray, l’inventeur du forceps. La Science en pleurs^ unique figure de ce maigre mausolée, ne manque pas de charme ; elle est dans la posture d’une femme à terme, surprise par le travail d’accouchement :une Science en douleurs (fig. 87). Un autre monument plus important est consacré au même tocologue sur l’une des places de la ville ; on y voit sculpté rinstrument — déjà avec les deux courbures — auquel il dut sa célébrité ; mais il l’acheta à lleister qui l’avait dérobé aux Ghamberlen.
Saint-Michel. — L' Invention de la croix ^ de Paelinck, relate rexpérience décisive imaginée par Hélène pour reconnaître la vraie croix parmi les trois trouvées — ou mieux truquées par des juifs
habiles — à Jérusalem. Elle touche avec chacune d’elles le sein
d une jeune moribonde et sa guérison subite fait reconnaître la croix du Sauveur.
Cette église possède le Supplice de sainte Barbara (fig. 88), par don Antonio Van Den Heuvel : les bourreaux s’apprêtent à brûler les seins de la suppliciée.
L Annonciation^ le cbef-d œuvre d André Lens et les tribulations qu il occasionna à son auteur nous fourniront les faits et mots comiques de la fin. La scène ne comprend comme toujours que deux personnages, mais que de transformations pudiques ils eurent à subir! Tout d’abord le clergé se scandalisa de la Vierge, « dont on devinait un peu trop les formes », et de l’archange Gabriel qui (( montrait fort indécemment une épaule et un genou presque nus » . L’artiste se soumit à la censure ecclésiastique : il chargea de draperies le messager céleste et aplatit les f. .. ormes virginales. Mais ce ne fut pas tout, un membre delà confrérie de la Sainte-Vierge, lequel, dans ses prières, recommandait le peintre à Gabriel a pour qu’il con-
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duise son pinceau dans un travail qui le regarde de si près », lui adressa cet ultimatum: « Messieurs les ecclésiastiques veuillent (sic) faire ôter le tableau de l’église, parce que l’archange n’a pas d’ailes ; ils citent un texte de saint Ambroise qui prouve sans réplique que Gabriel a toujours été représenté avec des ailes ». Et le peintre toujours docile (( retripatouilla » sa toile et mit des ailes d’oie à l’archange h Ceci se passait au commencement du dix-huitième siècle, en 1810.
4« Les Béguines ^ Saint-Nicolas h — 0« Hôpital de Biloqueh
Couvent Saint-Laurent ^