La Belg. illiist. A Waj^ener et P. Frédéricq
2. Aiiou, en sou Voynffe de t Inndi’es^ sij^iiale dans cette église la présence d’un crucifix miraculeux à la bouche ouverte et eu donne l’explication : « Une Béguine fort allligée de ce que toutes ses compagnes s’étoient allées divertir un jour de Carnaval, et 1 avoient laissée seule, alla laii’e ses condoléances au Crucifix. Le Crucifix lui répondit . i\c l afflige pas, ma Bille, demain tu te réjouiras avec moi : Tu seras à mes noces éternelles. En effet, la Béguine mourut le lendemain, et le Crucifix est demeuré la bouche ouverte. » Après un tel l’écit, nous n’avons pas autre chose à faire.
.1. Lun des piliers de la nef porte un tableau de famille qui pourrait servir d’emblème a la ligue Piou, société d’encouragement à la reproduction de l’espèce humaine, peu humaine, aussi sale et puante au moral qu’au physique : pour ne parler que de la fraîcheur de son haleine, sur dix individus neuf et demi ont une bouche d’égout. Cette enseigne de sage-femme représente Minjon Olivier (le daim) et sa femme Amelberge Slangen (la dinde), entourés de leurs trente-et-un enfants ! Toute cette lapinerie tut heureusement enlevée en 152(», par une épidémie de suette. Le bel exemple a donner aux prolétaires, déjà trop enclins à l’imprévoyance et à satisfaire les mauvais penchants de leur égoïsme coupable ! La conscience défend à tout honnête homme de tirer du néant un être dont il ne peut assurer l’existence ni le bonhéur.
Cette église est célébré dans les annales judiciaires par un procès que son clergé eût à soutenir contre celui de Sainte-Pharailde et qui dura cent-cinqante ans. Seule la plume satirique de l’auteur du Lutrin eût pu nous dire tout « le fiel distillé par les gens d’église », en la circonstance, et justifier son alexandrin fameux ;
Tant de fiel cnlrc-l-il dans lame d'un dévêt !
4. Nous avons vu à Saint-Bavon l’esprit religieux couper les ailes au génie de l’art; ici, durant un siècle, il a tenu la science anatomique sous le boisseau. Au dixseptième siècle, l’abbesse et les religieuses qui desservaient l’hôpital s’opposèrent judiciairement à l’érection d’une école d’anatomie, au nom « des bonnes mœurs » ! La Bévolution balaya ces benoîtes bêtes à bon Dieu, puis installa des salles de dissection.
Cet ancien hospice contenait le mausolée de Wenemaer, couché tout armé aux côtés de son épouse drapée d’un suaire ; il étreignait de la dexte sa longue épée sur laquelle était gravée son altière devise ({ue contredisaient sa mort et son sépulcre en pays ennemi : Ilorrebanl dudum me cernere niidum. (Depuis longtemps ils frissonnaient de me voir nue.) C’était la seule nudité qu’on rencontrait dans cet édifice. Jacques P'', roi d’Angleterre, ne pouvait pas en dire autant, lui qui tremblait à la vue d’une épée nue, non pas par pudeur — Albion n’en était pas encore là — mais par crainte.
I? |]L(; KJUE
CiiiKEL. Sainte-Dymphe'.
Likgk. Saint Jacques. — Les stalles du chcuiir de la « merveille » de Lièi^e sont couvertes d'animaux où dominent les sing-cs et les chats en attitudes variées.
Les chats sont les plus nombreux, u soit (pie ce lût l’animal favori des moines, dit Nisard, soit que ce fût leur emblème ; dans ce cas, il fallait que ces saints personnages fussent bien absorbés par la contemplation pour ne pas voir et sentir sous leurs mains leurs ironiques caricatures ».
Fig. 88.
Lst-ce une allusion à la mine chafouine, au caractère fehn, c’est-à-dire à l'audace et à la ruse du clergé régulier d antan ou à son dévergondage comparable à celui des matous?
Lol’vaix. Saint-Pierre. — Pourtour du chœur. Le Martyre de saint Erasme, par Dierick Bouts; deux bourreaux, précurseurs de la laparotomie, lui dévident les intestins sur un treuil. Ce tableau de cil constance ornait la chapelle des Chirurgiens.
Saint-Michel, ex-église des Jésuites. — La chaire était d
ecoree.
1. Comme sainte Bai-l)e, cette vierge fut décapitée par son père, roi d’Irlande nour
a\oir résisté a ses poursuites incestueuses. Une sainte ététée uuelle ’
le clergé ! Il en fit aussitôt la patronne des aliénés et cette nouvelle « rece^t/r de
onnc Icmmc » lit des cures aussi prodigieuses (luc scs rccetles T ’nl’in i
<lésc„umi,rc..s lut telle que les habitants en linenl l'eues eÙnlrenr^uv i p "
constate une cn-culaii-o du bailli, en 1734. «on ne peut pin» faire de dislinclion e l,e
un homme lou et un homme raisonnable ». Pinel connaissait-il mttn ■ c. ^
quand il substitua des mesures de douceur aux violences et aux entraves dont victimes les aliénés ? tlllla^ es dont étaient
l\rt moi' a Ni': a l’égi. isp:
comme celle de Sainte-Gudule, du premier homme et de sa compagne. Près d’Adam se tenaient un lion, un aigle et un cheval, symbolisant la force, le courage et 1 activité , par opposition, Ii\c était escortée d'un paon, d’un singe et d’un perroquet, images emblématiques de la vanité, de l’esprit d’imitation et de la loquacité.
Mons. Sainte-Matrice h
Nivelles. Sainte-Gertrude. — Au bas de la chaire, on remarque le groupe en marbre du flirt évangélique du Sauveur et de la Samaritaine, décolletée « en demi-peau ».
Une curieuse statuette de sainte Gertrude est placée dans le chœur des Vénérables; les bords de sa tunique sont grignotés par des souris. C’est une allusion à la principale prérogative de la nimbée : elle protège, non pas les rongeurs, mais leurs victimes. Des bâtons enluminés de ses couleurs font une rude concurrence à la mort-aux-
rats et se débitent à l’ombre du sanctuaire.
A l’intérieur de l’une des tourelles est disposé un oratoire, dit Trou de la sainte; les pèlerins s’évertuent à traverser l’espace très étroit ménagé entre la muraille et un pilier. Ce passage est aussi une épreuve de vertu pour le sexe sujet aux hydropisies de neuf mois; un ventre en gestation ne peut s’y engager. A cette pierre de touche de nitouches, nous préférons le toucher moins aléatoire de l’homme de Fart. « Les profondes empreintes laissées sur la pierre parles genoux des pénitentes, dit M. Xavier Olin, témoigneraient de la vertu des paroissiennes. » Dans une mosquée du Caire, les
1 D’après la Chronique médicale, M. Alfred Ilarou rapporte qu’au hameau de Mons, aux environs de Visé (Liè^e), s’élève cette petite chapelle. « Les femmes qui soullrent de cet orj-ane vont implorer leur guérison par l’intercession de la sam e, qu’on chercherait en vain dans le calendrier. En guise d’ex-voto, elles piquent sur une pelote ou mieux sur un morceau de bois fendu, (lui parait etre du liege, es épingles auxquelles sont attachés des morceaux de leur chemise coupes a 1 endroit correspondant à la partie malade du corps. Ces morceaux de chemise varient entre deux ou trois millimètres carrés. Traitement facile à suivre, meme en voyage. »
Cf. Rev. des Iradit. popiil. janv., 11)07. ^
A Nogent-le-Rotrou, suivant A. Morin et P. Saintyves, yuntc Venice ou ^ enise, — « antique Vénus gallo-romaine dont le nom s’est délorme et a fini par .lustifier les dévotes qui l’invoipiaient pour faire revenir leurs époques » -- layorisc les avances ou les retards et guérit les maladies de matrice. Les lemmes attachent a sa statue ruban blanc pour arrêter les règles et les pertes, ou un ruban rouge pour provoquer les époques. La même sainte a des vertus analogues a Ceton dans l Orne.
B E I. Cf I Q U E
croyants qui passent entre deux colonnes très rapprochées ont leur place assurée au paradis de Mahomet h
OsTENDE. — O. Le lloy raconte qu’il a vu sur un tombeau construit à la porte d'une église, est-ce Saint-PierrG et Saint-Paul ? en mémoire d’un ancien curé de cette ville, une geôle en fer, imitée de la grant geôle qui figurait le Purgatoire dans les mystères. « C'est ici un Purgatoire aussi au milieu duquel le curé, de grandeur naturelle, et quelques autres âmes, tous entourés de flammes, soupirent après l'heure qui doit les réunir à Dieu. » Dans la plupart des églises et des cimetières de Belgique, des représentations analogues sont figurées sur les murs pour inspirer la crainte du péché, et aussi pour empêcher d’y déposer des ordures.
Oldenberg. Chapelle du Vieux-Mont-.
Tongres (Limbourg). — Le trésor possède un diptyque, en ivoire, sur lequel la Terre est personnifiée par une femme qui allaite un serpent (lig. 89).
1. A 1 extérieur de la tour, Jean de Nivelles, bardé d’une armure de cuivre doré frappe automatiquement l’heure. Pour faire mentir le dicton populaire, on avait placé un chien à ses pieds, mais une tempête l’emporta et depuis, le fugitif continue à courir même quand on ne l'appelle pas.
t. Au carnaval, les autorités ecclésiastiques et communales, suivies de la foule se réunissent dans cette chapelle. Après les litanies de la Vierge, on olfre un vin d honneur au cui-é, au bourgmestre et aux échevins dans des coupes d’argent pleines de « jus divin » où Irétillcnt, non des serpents comme pour saint Jean, mais des goujons vivants qu ils avalent A. M. 1). G. Les lidèlcs se contentent d’avaler les couleuvres traditionnelles. Le cardinal Simon de Brie, pape sous le nom de Martin IV et gastronome renommé, était friand des anguilles du lac de Bolsema, en Toscaned les faisait mettre tontes vives dans le vin blanc et doux de Vernaccia, puis accomoder en matelote. Tandis que les pauvrettes, recherchées pour la délicatesse de leur chair, mouraient à petit feu, enivrées dn nectar véronais, le prélat s'écriait en se pourléchant les lèvres ; « Combien nous soutirons pour la sainte Eglise ! »
Hhhe lu sauta chiesa in le sue hraccia : Dal torso fui, e puvga per digiuno L'Anguille di liolsena e la Vernaccia.
Purg., ch. xxiv.
i/art prokank a i/Ér.r.isK
Tournai. Notre-Dame. — Extérieur. — On distingue plusieurs nudités importantes, sans compter Adam et l^.,ve hors concouis, parmi la profusion de sculptures c|ui ouvrent le porticjue d entrée.
Iiitéj'ieur . — Oa Eclivi'cince des unies du Pur^utoire y de Iduhens, est une composition pleine de hardiesses autorisées et même exigées par le sujet. La toile mal éclairée et détériorée par Thumidité permet à peine de deviner sur le premier plan, qui occupe presque tout le tableau, la silhouette de deux hommes et de trois femmes, dont Tinévitable Hélène Fourment, sans la moindre draperie, entraînés par des anges vers le Père, le Fils, le Saint-Esprit et la Vieige
réunis au sommet.
Les fameuses tapisseries conservées à la cathédrale^ et fabriquées k Arras en 1402 comprennent quatorze tableaux de la Légende de saint Piat et de saint Eleuthère. Nous reproduisons les scènes qui se rapportent k notre sujet :
VP tableau (tig. 90) : Saint Piat confère le baptême k Ilireneus,
1. Vasseur-Delméc, édit.; Tüurnay et L. Quarre, édit., Lille,
père ou aïeul de saint Eleuthère, à sa femme et à son fils, « les premiers baptisés de tous les Tournisiens ».
Vlb‘ tableau (fig’. 91) : Saint Eleuthère baptise quatre païens à
Blandain, où se sont retirés les chrétiens fuyant la persécution ; la jeune femme parait inquiète des gestes de son compagnon de cuve.
Le XL tableau est renouvelé d’une scène biblique : Blanda, la fille du tribun qui commandait à Tournay, éprise de saint Eleuthère, cherche à le séduire ; mais il lui abandonne seulement son manteau^ comme Joseph. Blanda, remplie de confusion et de dépit, mourut peu après. L’évêque débonnaire promit au père de la jeune toquée de la ressusciter s’il s’engageait à se convertir à la vraie foi, et, sur sa promesse, saint Eleuthère fit sortir Blanda de son tombeau; c’est l’objet du XIE tableau (lîg. 92).
XlIIe tableau (fig. 93) : Baptême de Blanda; la mère de l’évêque lui sert de marraine.
Dans un bas-relief de chapiteau où s'ouvre la gueule du Léviathan pour engloutir un réprouvé, Maeterlinck croit rencontrer le
l’art profane a l’église
mythe de Saturne dévorant ses enfants; et comme ce syml)ole « fait partie de toute une suite de figures retraçant la légende de Frédé-
gonde », V.-L. Cloquet ’ pense que c’est la reine scélérate qui est ici figurée sous les traits de la proie du démon.
Walcourt. — Au Martyre de saint Quentin siècle), pan-
neau mutilé du jubé, le supplicié n’est vêtu que d un suspensoir.
Ypres. Saint-Martin. — A la chapelle des Ames du Purgatoire, existait un tableau d’autel de Mathieu \ an brée représentant, d’après A. Van den Peereboom, (( un bel ange qui délivre des flammes une âme figurée par une jeune fille, plus belle encore ». Ce tableau a disparu ; <( il donnait peut-etre aux jeunes imaginations, observe le même auteur, une idée trop peu effrayante du Purgatoire ».
1, Tournai el Tournaisis, p. 181.