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7^’ San Pietro in Macello. — Plafonds enluminés par Maffia Preffi^ plus connu sous le nom de Calabrèse : d"un côfé, la décapifafion
dune marfyre ; de Paufre, son enlèvemenf au ciel par des ang-es (lîg. 170). La sainfe a la poifrine nue duranf son ascension; mais, pour son supplice elle esf k peine décollefée, ce qui a dû gêner l’office du bourreau.
8*^ SannazaroL — Église célèbre par le fombeau en marbre de Jacques Sannazar, l’aufeur du poème des Couches de la Vierge (De
F Construite sur l’emplacement de la Villa Mergelina, oITerte par Frédéric, roi de Naples, au poète qui, à l’exemple de son ami Jovianus Pontanns, prit le nom d Actius Smeerus; ce lieu de délices ayant été saccagé par Philbert, prince
ü Orange, Sannazar le fit démolir complètement et abandonna le terrain aux religieux servites.
i/aIIT PROFA^’K A l/ÉflLISF
parla Vircjinis)^ auxquelles assiste par licence poétique .luriori- Lucine, la i)atroniie des sabres-femmes. En riionneur de cet ouvraf^e qu’il composa sur remplacement de l’édifice religieux, on a joint au vocable de l’église celui de Sainte-Marie del Parla . On v lit une épitaphe latine du cardinal Bombo :
Da sacra cineri flores : hic ille Maroni
Sincerus^ musâ proximus et luniiilo.
Elle invite à répandre des fleurs sur les cendres de ce poète « qui n’est pas moins près de Virgile par son talent que par le lieu de sa sépulture ».
Autre licence, mais celle-ci artistique : son sarcophage (fig. 171) disposé derrière le chœur, porte le buste du « Virgile chrétien » en compagnie des hôtes qui hantaient l’imagination du poète, faunes, nymphes, satyres et bergers, lesquels s’ébattent au soubassement. Neptune y figure aussi pour rappeler que Sannazar a, le premier, composé des églogues sur les poissons et réhabilité la mer que Xercès fit fouetter. Apollon et Minerve concouraient à la garde et à la décoration de ce monument : les religieux servites, comme tous les gens de robe, scrupuleux protecteurs de la Vérité, mais surtout pour sauver les apparences, présentent ces déités païennes sous les noms Israélites de David et Judith gravés sur leur socle : une variante du poulet subversif baptisé carpe. On raconte, il est vrai, que ce pieux mensonge fut imaginé à la suite de la menace d’un vice-roi, qui voulait envoyer à Madrid ces statues inconvenantes. C’est pourtant Eun de ces gouverneurs espagnols qui construisit le Château-Neuf, à l’aide d’un impôt j^rélevé sur les filles de joie. De plus, pour en perpétuer le souvenir, il fît tracer un « ovale allongé » caractéristique sur le parement de toutes les pierres du bastion qui faisait face au port.
Autre curiosité artistique: première chapelle, adroite, l'archange saint Michel, sous les traits de Diomède Caraffa, évêque d’Ariano, mort en 1550, terrasse le démon qui est le portrait d'une belle Napolitaine peinte sans voiles, Vittoria Avalos, laquelle poursuivait l’austère prélat de ses assiduités. L’émule de Joseph, par allusion au nom de son adoratrice transie, écrivit au bas du tableau cette leçon de morale : Feeit vicloriam alléluia! Le vertueux épiscope ne
trouva pas d’iiutre moyeu de se débarrasser d'une aussi pressante séductrice, (iette singulière peinture de Léonard de Pistoie a donné lieu à un dicton populaire pour désig'uer une séduisante beauté : « C’est le
démon de la Mergellina.
Fis-. 171.
Fiff. 172.
IL Cappella Sansevero. Santa Maria délia Pieta de Sangri. —
Cette église renferme le tombeau des ancêtres du prince Raymond de Sansevero et autres œuvres^ plus curieuses par l’habileté du sculpteur que par leur valeur artistique ; ce sont jeux de patience ou tours de force de praticiens. Tels, un Christ en marbre, recouvert d un linceul quasi transparent par Giuseppe Sammartino (1753) ; le Disinganno^ le Désenchantement ou le Vice détrompé ou encore le Vicieux désabusé, exécuté par Francesco Queirolo, et la Pudeur due à 1 habile ciseau d’Antonio Conradini de Venise (1752).
Le Vicieux désabusé (fîg. 172) est le portrait d’Antonio di Sangro, le père du prince Raymond. Pris dans les mailles d'un filet, — celui des vices, — il cherche à s'en dégager avec l'aide de la Raison, allusion à la conduite de ce prince qui, après la mort de sa femme,
[/art profane a l’église
se livra à une vie désordonnée; puis, renonçant au monde, à ses pompes et à ses œuvres, se fît ermite. Le filet ciselé dans Je même
qu’elle n’avait de sévère que le
bloc de marbre est à jourettouche à peine à la statue.
Gecilia Gaetani, mère du prince Raymond, allégorise la Pudeur (fig*. 173). Cette singulière figure est recouverte d’un voile très léger qui accuse toutes les formes du corps, de sorte que l’effigie de la princesse paraît plus que nue.
« Tout ce que je blâme, dit Kotzebue, c’est que Ton donne le nom de la Pudeur à une statue plus nue qu’une danseuse de l’Opéra, de Paris : la Volupté coquette^ voilà comme je la nommerais, car ces charmes ne me semblent si mal cachés que j)our attirer et séduire. » Mais c’est en réalité une Madeleine repentie, avec le vase de nard à ses pieds. La conduite légère des membres de cette famille indique tout au moins nom.
10° Sainte- Croix al Mercatoh
1. On voyait encore en 1835, « exposée à toutes les saletés d’une sacristie napolitaine », dit Valéry, une petite colonne de porphyre qui avait été élevée à l’endroit où Gonradin tut exécuté sur l’ordre de Charles d’Anjou. L’impératrice d’Allemagne, Marguerite, accourue pour racheter la vie de son lils, arriA a trop tard : le premier régicide commis en Europe était consommé. Avec la rançon qu’elle destinait au rachat de la A ie de son lils, elle fonda le monastère del Carminé dont l’église conserve les restes de Gonradin ; la statue de la mère y est éle\A‘e et la représente une bourse à la main. Sur la colonnette commémorative, on lisait cette pitoyable, mais peu pitoyable, plaisanterie :
Asturis lingue leo piillum rnpicnx aqiiiliniini liic depluinavil, acephalaniqae dédit.
Asturis désigne Jean Frangipani, le lâche seigneur d’Astura qui livra Gonradin ; le
ITA Llb:
1 h Cloître de l’église Saint-Martin. — Ce couvent des chartreux possède entre autres Lal^leaux de prix un Saint Laurent du Titien, et le tanieux Eccc Homo de Micliel-Ang-e, d’une vérité telle que, suivant
Fig. 174.
une légende fort répandue, mais sans fondement, ce Christ fut peint
d’après nature sur un paysan que Buonarroti assassina, <c après l’avoir lié à un poteau )>.
Orvieto. Dôme. — Extérieur. — Les fameux bas-reliefs du soubassement dus au ciseau de Nicolas Pisan et inspirés des Écritures, ont pour thème la Création de l’Homme et de la Femme et le Jugement universel. Celui-ci comprend deux tableaux tumultueux — la Résurrection et les Damnés — où les nudités ne sont pas ménagées. Les réprouvés évoluent sur deux zones superposées : au premier étage (üg. 174), ils se dirigent en monôme vers l’Enfer ; au rez-dechaussee (fig. 178), ils sont aux prises avec les tortionnaires infernaux. Du côté opposé, c’est la marche à l’étoile des élus.
Intérieur. — Chapelle de la Madone de Saint-Brice {San-Brizio). es peintures de Benozzo Gozzoli offrent une bizarre disparate de sujets païens (fig. 176, 177) et chrétiens ; des divinités mythiques y coudoient des saints et des poètes anciens, Cicéron, Ovide, Horace,
lion, leo, ligurait clans les armes do Krance. Uannelons encore ee „ • , intéressant bien qu’il sorte de notre cadre ; mais nous ne sommes pas a ime cF s.on près. Le bourreau qui e.-cécuta le jeune prince fut poignardé- par un , i acolytes, .. pour anéantir le vil ministre qui avait versé le sang d’un rii i ,?
Sénèque, Dante, Virgile, dans les scènes tirées de leurs œuvres. Cet artiste plein de verve et de fougue, que nous retrouverons à Pise,
Fig. 17G, 177. — Fresques de Signorelli, d’après d’Agincourt.
nous montre Orphée et Eurydice, VEnlèvement de Proserpine, Perses et Andromède, le Conibnt d Hercule et des centimes, la
Dcsccnfc (I Encc aux enfers, qu’un tombeau d’évèque a fort eiidoinmag’é ; sans compter Diane, Dallas, Venus *.<. et de lasciA^es nudités », dont le cler^'é de 1 église a dû cacher quelques parties par les ornements d’une boiserie, au dire de F. de Mercey.
Les remarquables fresques sur bois, où Luca Signoielli (1499) a traité le Jugement dernier , couvrent les deux parois latérales de la chapelle et se divisent en quatre compartiments.
Ganova, pour son groupe de V Amour et Psyehé, s est inspiré de deux figures qui ressuscitent.
Il n’y a peut-être pas au monde, dit J. de Bonnefon, d’étude de nu plus puissante que celle où s’est employé Signorelli dans sou Entrée des
élus. Il y a là des femmes aux seins dégradés, des anatomies de moines extravagantes dans leurs chairs graisseuses. Certain danseur napolitain
Fig-. 180. — Groupe placé en dehors du tableau principal des Damnés.
(fig. 178) campé au premier plan, révèle son origine par la coiffure, seule pièce du costume qu’il ait conservée... La /?è5iz/'rec^zo/i de la chair ménsige des surprises aux alarmes faciles de la pudeur moderne. Les squelettes même ont l’impudeur du geste, comme certain page vêtu ou plutôt aggravé d’un étrange maillot.
Les Damnés (fîg. 179) offrent aussi de nombreux points de comparaison avec ceux de Michel- Ange. Vous savez^ que Signorelli s’est offert le malin plaisir de peindre une maîtresse infidèle, Luca, toute nue, terrifiée par un démon c[ui l’emporte au noir séjour sur ses ailes de chauve-souris. Isolons de cette originale et terrible composition deux autres groupes où les démons maltraitent des pécheurs (^fig. 180, 181) et surtout des pécheresses récalcitrantes, qui ont fini par