Les Seins dans V Histoire., fig-. LR
trouver leurs maîtres (tig. 18:2).
Les agents de Lucifer, comme ceux de Lépine, ne connaissent, en fait de galanterie, que « le passage a taljac )) .
Padoue. 1« Saint-Antoine —
La maigreur et la nudité de la façade de cette basilique jurent
avec l’abondance, la richesse et le décolleté de sa décoration in erieure qui i chausse sa splendeur architecturale.
Le tombeau du général vénitien Contarini est surmonté d’une figure allégorique, la Tempérance (fig. 183), qui baisse modestement les yeux, mais découvre sa jambe et sa poitrine. Sur un autre mausolée, un squelette ailé sonne de la tromjjette.
1. Sur les parois de cette basilique se déroulent les incidents de la vie du saini ■ d va sans dire que ces motifs n’ont rien de commun avec les illustrations dn Grand
vm^L^t^rvoti mféctan^ruion^ >’'--onr dn texte
En tétant, il fermait ses yeux, oui, tout l’indique ! Et lorsque sa nounou laissait un peu troj) voir Son biberon de chair, alors bébé pudicjue,
Il lui disait tout bas : « Prenez-moi et; mouchoir. »
dutls C . V ‘>““’ment an dôme padouan pour être renro
du.ts contentons-nous de donner la scène de la TenUlio (fig. 182 bis) hitermé avec le bno et la verve du crayon de W. Busch niterpictec
i/art profane. — II.
l’aUT profane a r/ÉGLISF
Derrière le sanctuaire, une toile de premier ordre de Tiepolo, le Martyre de sainte Agathe^ montre un bourreau qui lui arrache le
Fig, 182 bis. — Soudain, sur ses genoux, elle étala ses grâces. Fig. 183.
Le IL Bazalgette, dans la Chronique niédieale^ attire l’attention sur l’autopsie d’un avare, l’un des hauts-reliefs en marbre blanc de la Chapelle du saint :
Le cadavre, des plus cachectiques, est couché sur une table ; il présente une longue incision thoracique traversant obliquement la ligne médio-sternale. Le médecin, placé à sa gauche, a encore les doigts dans la plaie et paraît tout étonné de la découverte qu’il vient de faire : au lieu du cœur qu’il cherchait, il a trouvé une pierre, de forme quelconque, qu’un groupe d’assistants considère avec surprise et elfroi, dans une cassette à moitié remplie de pièces d’argent.
Et saint Antoine apparaît sur la droite du tableau et semble démontrer à la foule la véracité du vieil adage :
A la place du cœur, l'avare a un caillou !
Entre autres richesses artistiques figure dans le chœur, à côté de l’autel, un candélabre en bronze, haut de 3 m. 60, ciselé par Riccio (1507). 11 est couvert d’une foule de motifs bibliques (hg. 184) et païens où dominent les torses féminins, bien que cet appareil soit
destiné à porter le cierge pascal. De même, le porte-encens du trésor est orné de néréides à double queue b
2^ Eremitani (Ermites). — Des fresques de Mantegna ont pour sujet les sept planètes qui règlent les sept âges de l’homme ; Vénus y préside à l’Adolescence — Adolescentia dominât Venus per annos scptcni. Mercure, d’après Valeiy, serait habillé en moine, un livre à la main !
'V Madonna dell’ Arena. —
Giotto, le restaurateur de la peinture, s’éloigne quelque peu de la donnée dantesque dans son Jugement dernier. Cette page, à la fois sublime et malicieuse, fourmille de détails inimaginables; nous en détachons les plus pittoresques. Les lubriques sont accrochés par où ils ont commis le péché de fornication (fig. 185); l’un de ces luxurieux est abeilardisé (fig. 186) ; une pécheresse sollicite la bénédiction d un évêque simoniaque, tant il est vrai que l’Enfer est pavé de bonnes intentions et qu'avec lui il y a aussi des accomodements (fig. 187) ; l’Avarice, personnifiée par un vieux fesse-mathieu qui a le sac, est entôlée par l’Avarie, qui lui fait de l’œil, mais non à
1. La sacristie possède un vase d’argent doré, servant à la confirmation, qui est couvert de figures profanes. A farchevéché se trouve le portrait de Pétrarque, qui se convertit comme Boccace et fut pourvu d’un canonicat ; tout en invoquant Dieu et sa muse, il partagea son temps entre les devoirs de son bénéfice et les tendres yuveniiy de sa Laure. « Rendons grâces au clergé padouan, écrit Ducos, d’aioir inauguré l’image d’un prêtre moins connu peut-être par sa dévotion que par la mondanité de ses amours. » D’ailleurs, la vertu n’était pas la marque distinctive du clergé de l’époque : Balthazar Castiglione nous a laissé do ses désordres une fidèle peinture. Par exemple, ce colloque d’un religieux de Padoue et de son évéque. Les cinq religâyscs d un couvent que le moine dirigeait se trouvèrent enceintes. « Que répondrai-je a Dieu, disait le prélat, au jour du jugement pour excuser mon défaut de surveillance ? — Monseigneur, répliqua le religieux, vous citerez l’Evangile : Domine quinque lalenta tradidisti rnihi ; ecce alia quinque superlucratus sum. »
Fig. 184. — Adam et Eve chassés
du Paradis.
i/art profane:: a i/é(;lisk
Tceil (lîg. 188), Tamour vénérien
Fig. m.
poitrine, mais celle-ci est aussi anomalie non moins rare en Italie, la Charité ferme hermétiquement son corsage ; elle se contente comme attribut de tenir un cœur à la main.
A la chapelle de Scrovegm, Giotto représente Anne, déjà grosse, lors de sa rencontre avec Joachim sous la porte dorée.
est vénal, pas d’argent, pas de cuisse ; plus loin, une autre variété de supplice de la Lubricité (fig. 189); une scène de jiu-jitsu (fig. 190), etc.
Par contre, audessous de ces images grotesques ou « giottesques », les Vertus et les Vices sont peints en camaïeu avec une réserve exagérée et qui rappelle que trop souvent l'hypocrisie prend le . masque de la pudeur. La Co/èrc, par exemple (fig. 191), ouvre son corsage pour se déchirer la plate qu’une latte, et, par une
Fig. 18G.
4° Santa Giuslina. — Hieronymus Gampagnola a peint, sur les
pilastres du cloître du Monastère Majeur dont Sainte-Justine dépendait, des arabesques analogues à celles des Loges vaticanes, qui sont peuplées à profusion d’êtres fictifs du monde mythologique, tels que
satyres, faunes, nymphes, bacchantes, driades, cupidons, néréides, sirènes, chimères, etc., traités surtout au point de vue dé-
Fig. 189. Le moine et la petite bête qui monte, qui monte...
l’art profane a l’églïse
coratif et où les mamelles jouent un rôle important. A part le déjà vu, comme les trois Grâces (fig. 101 a), les prisonniers de guerre, la Force hypermamelée (lig.
191 ù), etc., certains motifs se distinguent par leur originalité propre : la Fortune nue, sur une boule, se laisse guider au gré des vents à l’aide d’une voile (fig. 191 c) ; deux serpents tettent un animal fantastique à double corps (fig. 191 d) ; deux tiges verdoyantes sortent des mamelons d’une nymphe (fîg. 191 g) ; au-dessous d’elle, les
Fig. 191.
organes d’un amour servent de support à un ruban qui les traverse; une nymphe fait gicler son lait dans une coupe tenue par un petit satyre (hg. 191 c) ; un amour callipyge, bien râblé, se montre assis de dos entre deux chimères mamelues et semble parodier, a posteriori, la Comparaison de Lawrence (fig. 191 f) \ etc. Çà et là sont piquées des maximes dans le goût de la suivante : obseqvivm amicos VERITAS ODivM PARiT (la flatterie engendre les amis, et la vérité, la haine).
5° Scuola del Santo {Confrérie de Si-Antoine). — Voisine de la cathédrale, elle offre de curieuses fresques que Valéry attribue à l’école du Titien et qui ont trait à la vie du saint.
Deux surtout sont admirables ; elles rappellent en même temps les vio-
ITAT.TE
lences jalouses des maris de cette époque et la commisération de sain
Fie’. 191 a.
Fig. 191 b.
Fig. 191 c
Fig. 191 d.
Antoine pour les femmes : lune représente la femme que son mari
l’art PROFAISE a l’ÉCxLISE
poignardée, et qui est rendue à la vie par le saint; dans l’autre, une mère, aussi fort suspecte à son époux, est justiliée par l’enfant dont elle vient d’accoucher, qui reconnaît son vrai père.
Fig. 191 e. Fig. 191 f.
Parme. P Le Dôme. — Plusieurs hauts-reliefs décoratifs à caractère profane (fig. lî)2, 103) ont été reproduits dans les Noces de Philippe V et d'Élisabeth Farnèse, régente de France, qui furent célébrées à cette cathédrale en 1727.
Les parois de la coupole sont couvertes de la large et merveilleuse Assomption de la Vierge, <( la reine des frescpies », peinte en trompel’œil par le Gorrège ; on n’y distingue plus qu’une multitude de jambes nues d’une étourdissante virtuosité (fîg. 194), dont plusieurs trahissent leur sexe. Le motif de la ligure 195, par exemple, pourrait servir de pendant aux Hasards heureux de V Escarpolette par Fragonard : le volatil céleste et si leste montre son périnée à vol d’oiseau, région anatomique que le langage raffiné du xvii® siècle appelait « le raphé » L
Ces jambes appartiennent à des anges « purs et radieux », ou mieux à des cupidons qui s’élèvent d’un vol rapide, et rappellent, sans la justifier, la question gouailleuse prêtée à un marguillier scandalisé par tant d’audacieux raccourcis et la hardiesse de leur nudité : « Est-ce un plat de grenouilles — un guazzetto di rane — que vous
1. Louis XIV, disait le galant Mercure, « a une petite tumeur à côté du raphé » ; autrement dit une fistule à l’anus.
avez voulu peindre? » deinaiida-t-il au peintre de la grâce et de la volupté. 11 paraît que cette raillerie déplacée blessa l’artiste au point de le faire renoncer à la moitié de son œuvre.
Fif,''. 191 Cf.
Fig-. 191 h
Dans cette Assomption^ remarque M. Armengaud, comme pour varier l’impression, le Gorrège s’est laissé aller à l’enjouement de
son génie. Laissons parler l’auteur des Galeries publiques de l'Europe :
^ Parmi ses 'Irais Vertus théoloqales des pendentifs, la Charité, conçue (1 une laçon toute profane, est lorgnée en quelque sorte par un petit ange indiscret a tête d Amour. Lt clans un coin de la voûte môme, l’artiste, qui avait à se plaindre du prieur, a placé, droit en reg-ard du poste ordinaire de celui-ci, une figure singulièrement jetée et dont l’aspect ne peut être
ï/Ain’ l*ROFANK A l/ ÉGLISE
qu’une malicieuse ironie 195). Vengeance bien innocente, à coup sûr, et souriante pour ainsi dire, comme tout ce qui émane de ce souriant
esprit, qui n’a jamais connu la colère, qui a donné meme je )ie sais quoi de tendre et de doux à la douleur et à la mort elle-raôme.
A la zone inférieure de la coupole sont groupés les Patriarches, les Apôtres et les Saints, émerveillés, bouche bée, dans Pattitude de la vénération ; plusieurs adultes nus allument des torches et jouent de divers instruments (fîg. 196). Aux quatre pendentifs, en dehors de cette foule d'éphèbes et de jDersonnages célestes, se tiennent les quatre saints protecteurs de la ville : saint Hilaire (lîg. 197), saint
Fig-, 193.
Bernard (lîg. 198, pl. VII), saint Thomas (lîg. 199) et saint Jean (lîg. 200), qui forment quatre groupes à part, entourés de figures
Planche VJI
I l' ALI E
aiiî;’éliques, quel([ues-iines fraiicliement sexuées, à cheval, assises ou couchées sur des nues et sans le moindre voile.
(iette Assoniption fut fatale au Corrèg'e : en portant le prix de son
travail, en monnaie de hillon, dans un g-rand sac, il contracta une pneumonie dont il mourut.
A 1 autel d une chapelle, une Sainte Famille du Corrèg'e montre un saint Jérôme et une Madeleine à peine drapés ; Jésus hadine avec l’ondoyante chevelure de la pécheresse. De nombreuses copies ont été faites de ce chef-d’œuvre, mais aucune n’a pu saisir le sourire enchanteur de Madeleine transformé en grimace.
2® Baptistère. — Au tympan du g-rand portail est fixée une singulière représentation du Jugement derniei'^ avec moult nudités dans des
i/art RROFANE a isk
attitudes extravag’aiites, La façade porte, en outre, des indices de la religion de Zoroastre.
Fig-. 19G.
rrALTiî
La voûte est couverte de fresques, où Diane et Apollon fig-urent
à côté des prophètes, des évangélistes et des apôtres; Valéry y lut le Spiritüs intùs alit, du VD livre de Y Enéide.
, 3« San Giovanni Evangelista. — Les bénédictins, en 1520, char-
gèrent le Gorrège ddllustrer leur sombre coupole ; Lémule de Raphaël y célébra une vision de saint Jean, la poétique Glorification
L A H T l' U O F A N F A L K fi [. I S K
du Christ. Le sauveur est entouré des onze pi’opa^ateurs de la foi ’ et d’ang'es g-igantescpies. « Ces enfants cpii se jouent au milieu des
Fig-. 199. — Saint Thomas.
nuages, ces ligures, écrit le président Charles de Brosses, sont dessinées d’une hardiesse inouïe et plafonnent d’une manière si vraie, si perspective, qu'assurément il ne s’est jamais rien fait d’égal en ce genre. » Le Gorrège, ajoute notre spirituel touriste, ne s’est guère
1. Les sujets des pendentifs représentent chaenn un Evangéliste et un Docteur de l’Eglise : saint Jean et saint Angnstin, saint Matthieu et saint Jérôme, saint Marc et saint Grégoire, saint Luc et saint Ambroise.
inquiété de suivre la tniditioii ; « il n’a pas craint de représenter plusieurs des Apoti'es nus », comme des dieux de l’Empyrée, par
Fig-, 200. — Saint Jean.
opposition aux Evangélistes et aux saints protecteurs de l’Église qui occupent les pendentifs de la catliedrale. Là, ils sont si soigneusement habillés qu on a signalé « l’ampleur olympienne » de leurs draperies ; saint Thomas est même botté.
Cette église^ comme la précédente, possède une Sainte Agathe, au début de son supplice (lig. 201), mais cette œuvre est du Parmesan!
i/aRT PROFANK a l/É(iI.ISË
4® Couvent de Saint-Jean l’Evangéliste. — Au carrefour des corridors de ce cloître, ou a placé quatre statues de Begarelli, d’après les
dessins du Gorrège. Près de la Vierge se tient Jésus, une palme à la main, et « dans une complète nudité, quoique sa taille annonce qu’il est sorti de la première enfance » .
5® Couvent de Saint-Paul. — On admire, en cet ancien monastère de religieuses soumises à l’ordre de saint Benoît, la « Chambre » des fresques du Gorrège. Ge sont les mieux conservées de toutes celles
n'A LIE
({U a conçues 1 élégant peintre de la vérité. Elles ont été exécutées de lois à 1520, sur les désirs de Fabbesse Jeanne de Plaisance, une mondaine — mais non une nonaria^ — en cornette, pour orner la
Fig-. 202.
voûte d’une salle principale du couvent, oratoire, boudoir ou réfectoire. La voûte figure une treille couverte de feuillages, de fleurs et de fruits ; elle est divisée en plusieurs secteurs percés de quatre fausses ouvertures ovales, où s’ébattent des enfants nus — les célèbres Putti del Correggio (fig. 202, 203). Au-dessous de ces médaillons folâtres, la base de la voûte est ceinte de seize lunettes, semi-circulaires^ feintes, simulant des niches où s’abritent des personnages de la fable . les trois Grâces (fîg. 203, 204) sans voiles, les Parques drapées et adées, la Fortune, Endymion (fig. 205), Adonis, Minerve, Vesta allaitant Zeus, des vestales sacrifiant à leur divinité, enfin Junon (fig. 206), en costume de Vénus. Elle subit le châtiment que lui valut son complot avec Neptune pour détrôner son époux. Jupiter, dans son juste courroux, fit suspendre la traîtresse à une chaîne d’or’