LUI
1 outes lois, pour une figure,
Elle ne s’en sauvera pas,
Encore que par ses appas L art ait suborné la nature ;
Et puis, avec sa nudité,
Ce marbre étoit trop alfetté Pour le remettre en evidence ;
Il fut aux regards trop fatal,
C est pourquoi l’honneste prudence L’a fait enfroquer de métal.
Kotzebue attribue à un froid Anglais cet attentat à la pudeur commis sur un marbre, et ajoute : « les goûts sont différens; quant
ù moi, je n’aurais pas été séduit par cette femme lourde, eût-elle été vivante ». Tout de même, les Teutonnes n’ont pas l’apparence d’avoir la taille de sylphide.
Cette aventure apocryphe et qui nous paraît inventée à plaisir, a
du reste défrayé la chronique scandaleuse d’autres sanctuaires: déjà Valère Maxime la sert à propos de la Vénus de Guide. L’auteur de Su?' la Pierre blanche rappelle et détaille l’incident : « Les prêtresses du temple, écrit-il, trouvèrent un matin sur la déesse les vestiges de l’offense qu'un jeune impie lui infligea comme à Saint- Pierre de Rome. » Mais dans tous ces récits, nous ne voyons, selon l’expression de Juvénal, que des contes « dignes des enfants qui ne payent encore rien aux bains » .
Tombeau de Grégoire XIII (*J* 1585). Aux pieds de Hugo Buoncompagno — l’immortel réformateur du calendrier Julien, dont il respecta les appellations païennes — se tiennent debout la Foi et la Sagesse. Celle-ci, sous la figure de Minerve casquée (fig. 268), la mamelle droite au ventb soulève la draperie qui couvre le sarcophage.
Pour célébrer l’abominable massacre de la Saint-Barthélemy — en dépit du précepte évangélique, Ecclesia non sitit sanguinem, — ce successeur de Pie V, qui n’était « bon compagnon » que de nom, ne se contenta pas de commander trois tableaux qui représentaient la tentative d’assassinat de Coligny par Maurevert, le meurtre
Fig. 268.
1. La fille de Jupiter du tombeau de Léon XI (1605) a le torse moulé dans une cuirasse en peau, qui accuse démesurément ses robustes mamelles; cette seconde peau donne rillusion de la chair sous-jacente. Il n’occupa que vingt-six jours le trône pontifical ; son monument est couvert de fleurs et porte cette inscription concise : Sic Florin, imitée du célèbre alexandrin de Malherbe :
Et rose, elle a vécu ce <iue vivent les roses.
de 1 amiral jeté en chemise à travers la fenêtre par l’Allemand Besme, et Cdiailes IX g'iorilîant au Parlement les atrocités commises par les
sicaires des Gmse.s', il lit aussi frapper une médaille commémorative de cet horrible attentat (tig-, 209)"-. De tels actes ne protestentils pas contre la présence de la Sagesse sur la sépulture de celui qui a .SI peu honorée? Trop souvent le miel des paroles de l’Evangile se transforme en liel dans les actes de ses apôtres.
Dans son ouvrage sur le Vatican, Fontana donne, par erreur, une au re représentation du tombeau de ce pape (fig. 270) ; ce second mausolée s impose par sa masse et le nombre de ses statues dont nous n avons pas reproduit celles qui occupent les niches latérales et 1 serait a désirer que son goût répondît à sa munificence Le pontife, qu il serait facile d’identifier par ses armes, est toujours dans
-- --eptions
publiquement honoré. » '’-i"’<>P<i "n heu OÙ le meurtre est
poignard^etJ’TTmirre^^^^^ main une croix en forme de
vgonottorvm strages 157± ^ larder les heretiques; en exergue,
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i/akt i‘kofam: a i/k<;lisf
lattitude de la bénédiction, mais k ses pieds sont assises la Pnix et la Charité, celle-ci découvrant tout le côté gauche de sa poitrine.
Tombeau dTIrbain VUI, MalFeo Barberiiii (f 1644) (lig-. monument est élevé en reg’ard du mausolée de Paul 111.
271). Ce C’est le
Fig-. 271.
meilleur ouvrage du Bernin, selon les uns; « un chef-d'œuvre de mauvais goût », au dire de Stendhal ; « c’est du Rubens en sculpture » clame 1 abbé Boulfroy. Mais où Louis Viardot a-t-il vu « deux grosses et hommasses hgures allégoriques pressant leurs mamelles flamandes pour jeter sur le corps du pape le lait de la Justice et de la Charité ? » Zola place, à tort, Barberini entre la Prudence et la Religion ; il
l’art profane a l’église
confond avec Paul III, le pontife d’en face. La tenue de ces statues nous a semblé, bien au contraire, plus convenable que celle de leurs voisines; on ne peut guère leur reprocher que leurs formes opulentes et sensuelles ^ qui étaient si appréciées de la Renaissance italienne L Le corsage de la Charité, naguère entièrement ouvert (fîg. 271), est maintenant fermé sur des appas maternels de tout repos, et qui, grâce au plastron de bronze interposé, ne servent plus de moelleux oreillers au petit déshérité qu’elle porte sur le bras.
A la nef méridionale, le dessus de la petite porte de sortie est occupé par le tombeau macabre et prétentieux d’Alexandre VII (f 1667) (fig. 272); c’est une œuvre du Bernin, l’ennemi de la simplicité. Un squelette de bronze doré soulève les plis de son suaire en marbre jaune, et tend un sablier au pontife pour l’avertir que l’heure suprême est sonnée. De chaque côté se tiennent, debout, la Charité, de Giuseppe Mazzoli, et la Vérité, de Giulio Gartari. « La Carita, » dit de Lalande, en 1765, « tient son enfant qui s’est endormi en tétant et qui lui presse le sein en s appuyant dessus. )) A notre epoque de haute moralité, la poitrine de cette Vertu a été couverte du « mouchoir » de Tartufe. « La Vérité, » ajoute le même écrivain, « a coutume d’être représentée toute nue; le Bernin l’avoit fait, à l’exception d’un rideau jaune dont elle étoit ingénieusement voilée ; mais elle étoit si belle et si frappante qu’il en résulta des inconvénients, et le pape Odescalchi, Innocent VI, ^ tit faire une draperie de bronze peinte en blanc. » La Vérité à I Eglise est toujours habillée, au physique et au moral. Quoi qu’il en soit, le buste de cette statue est encore nu et le mamelon droit est toujours visible, bien que les seins se dissimulent sous un éventail de rayons solaires plaqués sur la poitrine. Le second plan est occupé par la Prudence et la Justice.
Au superbe mausolée de la comtesse IVIathilde de Xuscie (^lllo), « la bonne amie de Grégoire VII », dit la mauvaise langue de Misson, exécuté aussi par le cavalière Bernini, qui fit apporter de Mantoue les ossements de la comtesse, un bas-relief la représente, le
1 Et, en particulier, de notre pontife; à la villa Borghèse, sur le piédestal de l’indécent mais charmant groupe du Bernin, Daphné poursuivie pur Apollon, il écrivit, quand il n’était que cardinal, ce singulier distique :
Quisfj iiis muiiiis sefjiiitur fiiçfitivR' gaiidid fori)x<r
h'ronde imuiiis iinplet, haccas seu carpit duiarast
ITALI K
torse nu, aux pieds du pape, la tiare coifîant son sein g-auche et
2T:.>. — Monument habilla^'C moderne. Tir
d’Alexandi-e \TI, tel qu'il existait ée du Templi Valicnni hislurin, de
avant son Fontana.
le manteau mente dalle
pontifical sur Tautre bras. Il manio le scende confusaspalle^ e, al disotto delle mammelle rilevale si a(pjro-
l’art profane a i/église
viglia in nialo modo perdendo la linea \ La comtesse portait moralement la tiare, nous allions dire la culotte L Quant à llildebrand Grégoire YIl ('j* 1085), il repose en paix sous le dôme de Salerne.
Antithèse piquante, ironie du contraste :
cette ardente catholique, appelée la Jeanne dWrc de la Papauté^ est ensevelie à côté de l’abjecte Christine de Suède (fig. 273), qui abdiqua, abjura — nom oblige — et fît assassiner sous ses yeux son favori Monaldeschi. Une recrue dont l’Eglise n'a certes pas à se féliciter; mais qu’importe, l’ombre de Constantin ne couvret-elle pas tous les criminels de haute mar-
La Charité du tombeau de Clément Emilio Al tieri 1 676) ,
presse, de la main droite, sa mamelle généreuse, et, de l’autre, tient un cœur ailé (fig. 274).
Innocent XII, Antonio Pignatelli (f 1720), est placé entre une
Fisi-. 273.