Cf. S. FrascheLLi, Bernini
2. Cette souveraine de Toscane, « Tliéroïque amazone de la foi, » se sépara de ses deux époux — dont Fun était bossu — parce qu’ils n’étaient pas assez dévoués au Vatican, et fit don au Saint-Siègn de ses L tats, compris... Corneto.
3. De même, la cruelle Brunehaut, inhumée à Notre-Dame d’Autun, fit bâtir trois
abbayes en expiation de ses crimes :
Saint-lMartin, Saint-Jean, Saint-Amloclic Sont trois saints lieux où l’on connoist Qu’elle est exempte de reproche.
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Fi.i;-. i’7i.
Justice haut boutonnée et une Mais pourquoi a-t-on ajouté des
Charité bas décolletée (lio>. 975^^ 1 allonges en bronze aux corsag’es
l’art profane a l’église
des autres Vertus semblables qui avaient la poitrine moins découverte? Cruelle énigrue. Cette Caritas porte un enfant nu, endormi
sur sa g'org'e encore g*onflée de lait, et craint de troubler la méridienne du petit repu (PI. X).
Avant de terminer notre tour de l’Elysée pontifical, arrêtons-nous devant le sépulcre emphatique de Clément XllI 1769) (fig. 276), dû au ciseau efféminé de Canova (1795); le temps de signaler la
nudité absolue, à part un léger chiffon égaré sur la cuisse gauche, du Génie de In niort^ en Apollon, qui s abandonne à sa douleur, appuvé sur le flambeau renversé de la vie, et il s y abîme au point de ne pas s’apercevoir qu il eteint sa torche dans la ciinieie du lion, au risque de la flamber. Nous retrouverons le même Génie ^ endormi, muni seulement d’une feuille de vigne, sur le tombeau du restaurateur de la sculpture en Italie h « La chair, » aimait-il à répéter, (( plaît à tout le monde. »
Pour mémoire i Xlgr Harbier de IVIontault, dans son IconocjJ nphie chrétienne, reproduit une figure curieuse du Christ, relevée sur le
1. Nous n’avons rencontré qu’une seule fois, — sur le monument de Barbedienne, au Père Lachaise, — un Geiiie de /a Mort du sexe leminin.
Pl.AXciii; X
l'age 248.— Araiisolée d’InnoceiU XII. Phot. Andersox.
sarcopliag-e de Juniiis J^assius (iv'^ siècle), à Saint-Pierre de Rome : le Sauveur pose les pieds sur le Firmament^ représenté sous la forme allégorique d’un torse nu de jeune femme (tig. 211).
Ce préfet de Rome tient compagnie, dans la crypte, à Boniface VIII, qui, selon Poraison funèbre aussi laconique qu’ironique due au docte Ivigné,
« parvint au pontificat comme un renard ;
régna comme un lion, et creva comme un chien ». En sus, cette épitaphe justifie les vers satiriques du Dante sur ce sacré personnage, quand il fait dire à saint Pierre que son cimetière est devenu (( un cloaque de sang et d'infection », cloaca del sangiie e délia puzza.
A l'orée du dix-septième siècle, son tombeau existait encore dans une chapelle qu il s était réservée * la chronique de frère brançois Pépin assure qu une figure de la Yiercje^ en marbre blanc, placée sur ce mausolée, « lut trouvée noire le lendemain, et qu’on ne put jamais lui faire reprendre sa première couleur ». Un solide badigeon suffisait pour établir ce miracle.
Au chevet ou tribune, la chaire en bois du prince des Apôtres n est autre que la chaise curule ou gestatoire du sénateur Pudens,
1 hôte au nom plein d euphonie et prédestiné de saint Pierre. Un trône de bronze lui sert de reliquaire, de gaine protectrice; le tout est supporté par quatre gigantesques et, ajoute Armengaud, « ridicules » Docteurs de l’Eglise. Le siège du premier pontife de la chrétienté est plaqué de lamelles d’ivoire, où sont ciselés dix-huit motifs ayant trait aux travaux d’IIercule î Nous savons bien qu on peut, à la rigueur, considérer ce personnage fabuleux comme une allégorie dune des Vertus cardinales, la Force] mais la présence de 1 amant d’Omphale dans un sanctuaire et surtout en costume de lutteur est quelque peu surprenante. Cette circonstance a contribué à accréditer la légende qui voit dans la célèbre statue en bronze de saint Pierre (fig. 278), assis sur son trône, un Jupiter
i/art profane a l’éotjse
antique transformé en saint et dont le pied droit, usé par les baisers^ comme Tétait celui d’Ilercule d'Agripente, est devenu un actif ag’ent de contamination-. Une pareille croyance vient sans doute de ce que le bronze utilisé pour la figure du premier apôtre provenait d un Marc-Aurèle ou d’un Jupiter Capitolin, fondu par ordre de saint Léon'^ : c'est un ex-voto offert par ce pontife au portier qui tient en main les clefs du ciel, pour le remercier de sa protection lors de l’invasion des Barbares. Une auréole plane horizontalement au-dessus de sa tête et fait Teffet d’un petit parasol en bronze doré.
Le Journal Illustré^ en 1866, a reconstitué la prétendue statue primitive de saint Pierre : le nimbe est supprimé; la foudre remplace les clefs dans la main droite, et l’autre main tient un sceptre. D^ailleurs, ce fétiche subit un travestissement aux grandes solennités : il est revêtu des ornements pontificaux, et nous ne sommes pas seuls à penser qu’en affublant cette pieuse image d’un pareil travestissement, à l’exemple du Manneken-Pis, on la couvre surtout de ridicule. C’est tout au moins l’impression éprouvée par Kauffmann, en 1865 :
Pour la première fois depuis que je suis à Rome, j’ai vu dans cette solennité la statue de saint Pierre habillée en pape. Vous savez que la
1. Cette sorte de soûl kiss, baiser prolongé où l’on donne toute son âme, fait fureur, en ce moment, à Ne\^-York; miss Maud Adams, au dire de Stéphane Lauzanne, arrive à faire durer le sien 1 minute et 47 secondes; c'est, jusqu’à nouvel ordre, le plus long baiser du monde. L’usure du pied de saint Pierre est l'empreinte profonde de la bêtise humaine. D’autres églises, Saint-Séverin, par exemple, possèdent une réplique de ce fétiche; mais, malgré les cinquante jours d’indulgences accordées par Léon XIII à chaque soûl kiss pédieux, aucune n’a le succès de l’original : c’est le seul qui fasse recette... de bonne femme.
Ü. Ajoutons aux maladies précitées, le lupus, la coqueluche, la rougeole, la scarlatine, la variole, la grippe, les oreillons et toutes les maladies contagieuses, notamment l’angine de \5ncent. De nos jours, à Saint-Pierre, comme dans les églises d’Italie, il est défendu de cracher par terre; j)Ourquoi ne pas étendre l’interdiction jusqu’à l’orteil d’airain, analogue à celui d(^ Pyrrhus qui guérissait les douleurs de rate, et ne pas lui appliquer la devise que les bébés anglo-saxons arborent sur les rubans de leurs chapeaux ; Kiss me nol (ne m’embrassez pas). Par ailleurs. Innocent X, — que Dieu bénisse! — en Ki.’IO, défendait de priser à l’intérieur de la Basilique la poudre de tabac, dite snnta croce, du nom du cardinal qui l’importa en Italie, ou cristerium nasi chez les ai^othicaires, parce ([ue les éternuements troublaient la majesté du lieu ; mais un priseur endurci, Benoît XIII, abolit cette décision prohibitive en 1715.
3. Après la conversion de Constantin, dans les temples transformés, les prêtres substituaient saint Pierre à Jupiter, Marie à Vénus ou Cybèle, saint Martin à Mars, etc. ; et les édifices religieux renfermaient beaucoup d’ornements profanes. Marangoni, en 1744, a publié un volume in-4“ sur ce sujet : Belle cose gentilesche e profane Lrasporlale ad uso e ornamento delle chiese.