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d'eau, en g-iiise de douche anaphrodisiaque. Une autre, jiour affirmer la toute-puissance féminine, a fixé une corde à la corde sensible de son époux et Tentraîne tout penaud où bon lui semble : une variante gaillarde du lai d’Aristote. La satire des tournois est figurée notamment par un groupe de femmes nues chevauchant des hommes et rompant des lances entre elles ; les scènes scatologiques sont naturellement nombreuses, ainsi que les satires les plus risquées sur les moines, les juifs et les démons. Ces miséricordes, absolument ignorées en France et même en Belgique, sont très artistiquement ciselées ; elles comportent un plaisir et un enseignement comme tout tableau pictural ou sculptural d’ordre religieux.
Liège (p. 83). Musée. — D’après une communication de M. Albin Body à la Chron. mcd., dans le tableau de Weenix, Lazare et le mauvais riche, un gamin, par signe de mépris, urine sur le dos du miséreux.
Tournai. Notre-Dame (p. 86). — Le D*" Desmons signale au même journal une particularité de YEcce homo, attribué à Fourbus : « Un des personnages, pour insulter Jésus, lui tend le poing, en donnant a ses doigts une disposition obscène dont la signification est bien connue ».
Espagne. — Barcelone (p. 90), Cathédrale. — Dans le cloître, au milieu d un bassin, s’élève une colonne sur laquelle est perché un saint Georges à cheval, ou plutôt à jument, si l’on en juge par la courbe d’un filet d’eau qui s’échappe sous la queue du coursier.
Escl'rial (p. 92). San Lorenzo. — L église des Iliéronvmites forme le manche du gril que représente l’ensemble du colossal monastère de granit élevé par Philippe IL
Le sarcophage le plus intéressant du Panthéon de (( la huitième merveille du monde » est celui de Gharles-Quint, avec couvercle formé dune glace sans tain. Le souverain qui fit trembler l’Europe apparaît dans toute sa hideuse nudité, sans l'ombre de majesté ; <( un coin de linceul est relevé sur le ventre ». Le pudique et fanatique sanguinaire Philippe II, ce sinistre Scapin qui couvrait ses fourberies politiques du masque de la religion, a voulu, comme Pierre le Cruel, que sa nudité fût recouverte d'un costume de franciscain, pour
i/aUT PKOFAiNE A l'ÉELISE
en imposer à saint Pierre, usag-e assez répandu et imité des Athéniens qui voulaient être enterrés en habits d'initiés ou d’hiérophantes.
P. Imbert (1875) raconte qu’il s’était muni d’une autorisation du roi pour visiter le musée ; le prêtre auquel il la présenta répondit avec impertinence : « Le roi !... Qu’est-ce que ça nous fait, le roi?... Nous allons d'abord déjeuner et bien déjeuner, puis nous vous ouvrirons parce que cela nous plaît. Quant à la recommandation de notre cher monarque, vous devinez à quel usage je la destine ! » Cette galerie artistique contient, entre autres tableaux de maître, une Sainte Famille, de Ribera, remarquable par son coloris brillant et surtout par la jeunesse et la physionomie joviale de saint Joseph qui montre ses dents en souriant; Arachné, de Luca Giordano, représentée par une femme se métamorphosant en araignée, et un rétable de Bosch, où se débride la fantaisie souvent extravagante du peintre : on y voit des hommes à corps de crapaud, des grenouilles à tête de femme, « et beaucoup d'autres choses infiniment plus surprenantes que ma plume se refuse à détailler ».
Teruel. San Pedro. — Dans cette église d’Aragon, furent enterrés les Roméo et Juliette de l’Espagne. Quand, cinq siècles plus tard, on exhuma leurs dépouilles pour les transporter dans le cloître, on vit avec stupeur, d'après P. Imbert, qui raconte la légende \ leurs squelettes enlacés, comme pour une valse macabre! Sur leur pierre sépulcrale, on lit : Ici sont déposés les corps des célèbres amants de Teruel : Don Juan Diego Martinez de Marcilla et Doua Isabel de Segiira, morts en D2T7 . Ils ont été placés en ce lieu en
nos.
Gastel-Braaco. — Lors du siège de cette ville portugaise, les habitants, exaspérés de voir que saint Antoine laissait les Espagnols la bombarder, détruisirent toutes les images de leur patron ; ils abattirent le chef de la plus révérée et le remplacèrent par celui de saint François. De même, à Naples, saint Janvier ayant cessé de plaire % on substitua pour un temps à son efïigie celle de saint Antoine de Padoue.