L'Espaifiie^ splendeurs el misères
-. Quand le miracle de la liquéracLioii de son sang Lai’de trop, les lidèlcs, nous le
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Italie. — Florence'. Santa Groce (p. 122.) — Machiavel, ])récurseur de raiitimililarisme, tient une balance où le poids d’un rouleau de papier l’emporte de beaucoup sur celui d’une épée, indiquant par là que la gloire des lettres reni])orte sur celle des armes : Anna cedant scripturis.
San Giovanino. — Cette église et son couvent furent fondés par le grand sculpteur l’Ammanato, à Fàge du ramollissement général, en expiation des nudités commises par son ciseau, qui pourtant n avaient pas choqué Florence, qualifiée de sohria c pudica par Dante .
San Loranzo (p. 126). — Près de la porte du cloître, une fresque du Bronzino représente la grillade de saint Laurent. Les plus belles Horentines contemporaines du peintre figurent au premier plan et s occupent peu du saint ; mais ce n’est certes pas par pudeur qu elles lui tournent le dos : ces caillettes sont occupées à caqueter entre elles et a coqueter avec les spectateurs, « auxquels elles font des agaceries ».
Chapelle des Médicis. La turgescence des seins de la Nuit (p. 130), ne semble pas être en rapport avec le défaut d’activité de cette allégorie. De même, le naturalisme de Buonarroti a reculé devant l’expression adéquate de la vie dans toutes les parties du Jour, qui tourne, il est vrai, le dos pour dissimuler en partie sa virilité ; quant au Crépuscule, tous ses organes, vus de face, sont au repos et s harmonisent avec la signification de la figure allégorique.
savons, montrent le poing- au buste du thaumaturge et le traitent de fujLio di putana. En 1791, pendant l’occupation des Français, comme le miracle tardait M d’Avarev envoya dire an chanoine qui tenait le reliquaire attaché à son cou qu’il serait pendu haut et court si la liquéfaction ne s’opérait pas, et illico le tonsuré cria : Il miracolo è fallo ! Ordre à Dieu, de faire miracle en ce lien ; c’est la contre-nartie de la défense du cimetière de Saint-Médard. ^
A l’ég-lise du couvent des Jacobins de Saint-Maximin, dans le Var il existait nue fiole de sang du Seigneur recueilli par Marie-Madeleine aux pieds de la croi.x Tons les ans, le Vendredi saint, « on voit », assure le marquis de Marveil (1043) « nue cette phiole boust comme si elle estoit sur le feu! » Encore un tour à la RobeH lioudm qui se payait la « phiole » des crédules.
1. A l’église de l’Annonciade, le tableau de la Vierge était recouvert de cina
rideaux ; on saluait leur ouverture par des acclamations enthousiastes, dont le délire allait crescendo. ’ mure
i/art profane a l’église
Santa Maria Novella (p. 133). — Une des fresques de Vasari retrace l’image de la Laure de Pétrarque, avec une flamme sur le sein, dans le groupe des Voluptés assises.
San SpiritO (p. 136). — La première église du Saint-Esprit fut détruite par un incendie dû aux langues de feu d’un mystère, la Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, qui y fut représenté en 1471, en l’honneur de Galeas Sforza, duc de Milan. « La multitude, raconte Machiavel, ne manqua point d’attribuer ce funeste événement à la colère du ciel, indigné de l’excessive licence des mœurs florentines. » Le licencieux auteur de la Mandragore s’emporte avec un zèle aussi comique que catholique sur la conduite scandaleuse des courtisans de Sforza qui, pendant tout le carême, avaient fait usage de chair intus et extra : belle chair et bonne chère ne vont-elles pas toujours de pair à compagnon?
Chapelle Gavalcanti, la Madeleine au jardin, du Bronzino, est le })ortrait d’une grande dame llorentine, l’une des maîtresses du don Juan Pierre Bonaventuri, le mari de Bianca Gapello, dont l’un des parents assassina ce coureur d’aventures ; il y a des noms prédestinés.
Académie des Beaux-Arts. — Ce musée, enrichi des dépouilles des couvents, possède un tableau de sœur Plantilla Nelli (xv® siècle) qui montre le Christ mort, entouré de saintes femmes et des saints en pleurs. Ses seuls modèles étant des religieuses de son couvent, les personnages masculins ont une physionomie et des formes féminines.
Milan (p. 156). Couvent des JacobinsL — Pendant la campagne d'Italie, on y avait enfermé des prisonniers de guerre gardés par des hussards du 6*^ régiment. Ces vaillants et intelligents cavaliers hrent une cible delà Cène et exercèrent leur adresse au tir du pistolet sur ses personnages ; Simond y a constaté les empreintes de balles. Même stupidité sous la révolution, cjuand les Napolitains occupèrent le Vatican, au nombre de trois mille, sous la conduite de RutFo, Culo et Fra Diavolo : les chambres de Raphaël leur servirent de cabinets non inodores.