‹ L'art romantiqueChapitre 61 sur 79 · AUGUSTE BARBIER · texte numérisé non relu

AUGUSTE BARBIER

Cette étude parut dans la Revue Fantaisiste, 11* livraison, i^ juillet 1861. Titre général : Réflexions sur quelques-uns de mes Contemporains, III. Elle avait été écrite pour l'Anthologie des PoÈTES FRAN- ÇAIS mais ne fut pas acceptée par Eugène Crépet pour des motifs de même ordre que ceux qui devaient lui faire écarter la notice sur Hégésippe Moreau. (Voir nos notes, p. 549.)

On remarquera en efl'et que Baudelaire, ici, s'inscrit catégoriquement contre ce qu'il avait écrit, à propos du même poète, quelque dix ans auparavant. C'est ainsi, par exemple, qu'il lui reproche une affectation d'utilité et de morale «qui vient gâter les plus nobles impressions» alors qu'il le louait jadis d'avoir rendu l'art «inséparable de la morale et de l'utilité» (p. 18^).

Eugène Crépet ne s'était pas attendu évidemment à un tel revirement dont sa foi démocratique s'accommodait mal. 11 demanda des changements. Baudelaire refusa d'en faire :

Je ne puis m'occuper que des retouches de Pierre Dupont, puisque je considère les deux autres [notices : Hégésippe Moreau et Barbier'] comme excellentes. Votre aveuglement seul fait obstacle à ce que vous soyez de mon avis. Je vous en supplie, ne m'en parlez plus. (Billet sans date, inédit.)

C'est en suite de ce désaccord que la notice de M. de Wailly prit, dans l'Anthologie, la place que devait occuper celle de Baudelaire.

Celui-ci d'ailleurs, en dépit de ses réserves, ne professait pas moins une réelle admiration pour Barbier. Le 31 janvier 1862, il écrivait à Flaubert en lui faisant part de sa candidature à l'Acadcniie :

Comment n'avez-vous pas deviné que Baudelaire, ça voulait dire Auguste Barbier, Th. Gautier, Banville, Flaubert, Leconte de Lisie, c'est-à-dire littérature pure.

Le texte de 1868 ne présentant pas de fautes, mais seulement quelques variantes qui se justifient pleinement, c'est lui que nous avons adopté.

Page 318. «. . .traiter une fois de plus cette fastidieuse question de l'alliance du Bien avec le Beau ...» — Voir aux Index les mots en italique.

« . . .une admiration. . .de vieille date.» — Voir p. 18^.

Page 319. Facit mdignatio versum , JuvÉNAL, SatIRE, I, 79.

Page 320. «. . .ils se disent bientôt...» — 1861 : ils disent bientôt.

<( . . .sans danger. . .» — 1861 : sans danger prochain.

(( . . .une majesté d'allure,. . .» — 1861 : une majesté d'allurei.

Page 321. Mon vers, rude et grossier, est honnête homme au fond.

ïambes, prologue.

<( ..rappeler sur notre scène la Melpomène à la blanche tunique...

et en expulser les drames de Victor Hugo et d'Alexandre Dumas.» — Allusion à la Melpomène des IaaiBES ;

O fille d'Euripide, ô belle fille antique, O Muse, qu'as-tu fait de ta blanche tunique?

pièce où Barbier s'indigne de voir porter à la scène les «passions du peuple» et dénonce le drame contemporain comme une école d'immoralité.

«J'ai remarqué. . .» — 1861 : J'ai observé.

«...négligent volontiers la grammaire, absolument comme les

personnes passionnées.» — 1861 : sans plus de remords que les personnes passionnées.

«. . .en pareil cas. . .» — 1 861 : en « cas.

Page 322. «Se figure-t-on une Muse qui grimace? — Voir l'Essence du Rire dans les CURIOSITÉS ESTHÉTIQ UES.

«Et puis ici. . .» — 1861 : Ici d'ailleurs.

«... une nouvelle affectation , non pas celle ...» — 1861 : qui

vaut bien celle.

«. . .dans les poésies de Brizeux.» — Les amis de sa vingtième

année s'étaient employés à lui faire aimer l'auteur des Ternairii , (voir E.-J. CrÉPET, op. cit. , p. 219). II faut croire qu'ils n'7 avaient pas réussi. On pouvait s'en douter aussi bien.

Page 323. Pot de Vin, Erostrate, Satires et Potmes (1837); — Chants civils et religieux (^iS^i); — Chansons et Odelettes (1851); — Rimes héroïques (184.3).

Dernier paragraphe. — Dans le texte de 1861, seuls sont en

italique les mots : malgré lui et il a essayé de gâter par une idée fausse de la poésie de superbes facultés poétiques.

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