‹ L'art romantiqueChapitre 63 sur 79 · PETRUS BOREL · texte numérisé non relu

PETRUS BOREL

Cette étude parut à la Revue Fantaisiste, 11" livraison, i^ juillet 1861. Titre général : Réflexions sur quelques-uns de mes Contemporains, V.

Elle avait été écrite pour LES PoFTES FRANÇAIS , et acceptée par le directeur de cette publication. Un billet d'Eugène Crépet mentionne même l'envoi de l'épreuve à Baudelaire. Cependant le chapitre Pétrus Borel fut supprimé dans l'Anthologie. Nous ignorons pourquoi,

Le texte donné en 1868 ne difière du texte premier que de-ci de-là pour la ponctuation dont on a pu remarquer qu'elle est très diverse chez Baudelaire, qui la réglait autant sur le rythme que sur le sens de la phrase.

Baudelaire dit, dans ce même volume, qu'il connut Borel par

Ourliac (p. 300). II le rencontrait aussi à l'Artiste de 184.4, ^°''" ^^' sène HOUSSAYE, Mes Confessions, t. I". II est certain qu'il en subit très fort l'influence. Voir notre édition des Fleurs DU Mal, passim (notamment p. XVI ).

Page 337. «Je te défends de plaire.)) — Cf. les Dons des fées dans les Petits poëaîes en prose.

LeGuignon, voir la note sous la page 279.

«. . .l'étrange poëme . . . qui sert de préface à Madame Putipbar.)>

Baudelaire lui empruntera une citation dans son étude sur Dupont (p. 363) et, sur son conseil, Cladel le reproduira dans ses Martyrs ridicules (voir la note de la page 569).

Page 338. «. . .du sieur Erdan.» — On sait que ce pubUciste anticlérical et qui, à ce titre déjà, devait être peu s^^Tnpathique à Baudelaire, avait fait campagne pour la simplification de l'orthograp lie.

Page 339. «. . .sans restriction.» — 1868 : sans restrictiom.

Voir l'Index des CURIOSITÉS EsTHÉTIQ UES au mot Restau-

Page 340. Voir V Index des CURIOSITÉS ESTHÉTIQUES au mot

Volonté.

Le Taharin n'a jamais paru.

HEGESIPPE MOREAU.

On lit sous le n° 362 du Catalogue de livres modernes provenant de la bibliothèque de M. J. L. P. (Le Petit), qu'a édité la librairie Henri Leclerc, en 191 7 :

362. Article de Baudelaire sur Hégésippe Moreau, in-8° de 6 pages, chifT. ^77-^82, cartonnage papier gris, non rogné.

Sur le feuillet de garde, la note suivante de Poulet-Malassis :

Article de Baudelaire sur Hégésfppe Moreau, en épreuve mise en p»ge de l'Anthologie Cre'pet, corrigée de la main de l'auteur, avec son bon à tirer signé de ses initiales (6 pages in-8°).

M. Crépet, en fin de compte, crut devoir renoncer à cet article violent, qui a paru pour la première fois, imprimé sur une copie de cette épreuve, dans L Art Romantique , t. III des CEuvres complètes.

Exemplaire de première édition , unique de toutes façons. C'est un morceau qui a attiré à Baudelaire mort les animosités persistantes de la presse républicaine.

Nous n'avons pas reçu, au sujet de cet article, les confidences d'Eugène Crépet. Mais les raisons qui l'amenèrent à le refuser nous sont aisément présumables.

On ne séparait pas la politique et la littérature sous l'Empire aussi aisément qu'aujourd'hui, et pour cause. Or, si Eugène Crépet avait assurément trop de culture et de finesse pour voir un grand poète en Hégésippe Moreau, il lui savait gré du moins, en républicain militant qu'il était, d'avoir aimé la Liberté, de l'avoir chantée, de l'avoir défendue aux journées de Juillet. D'ailleurs c'était là un sujet qu'en faisant même abstraction de toute sympathie personnelle, on ne pouvait traiter alors sans avoir égard à la position des partis.

Hégésippe Moreau, vanté en neuf colonnes par le National, et qui s'était placé sous le patronage des grandes ombres de Desmoulins et de Vergniaud, avait pour lui les radicaux, tandis que les conservateurs salissaient à l'envi sa mémoire; et sa tombe, comme a pu l'écrire un de ses biographes, était devenue «un théâtre sur lequel on déclamait pour ou contre la société». Tout récemment encore, la querelle Laurent Pichat-Sainte-Beuve, dont les Causeries du lundi nous ont conservé l'écho (Appendice du t.V), venait de prouver qu'à son sujet les passions ne s'étaient point apaisées. Que son renom, de ce fait, eût dépassé follement son mérite, aucun homme de goût ne pouvait songer à le nier. Qu'il y eût lieu de s'inscrire contre un tel excès de gloire, on pouvait l'admettre. Mais qu'on apportât à cette mise au point une brutalité presque haineuse, et que Baudelaire s'en fit l'exécuteur, lui qui avait eu pour amis notamment Castille, Champfleury, Dupont, Nadar, et avait fait le coup de feu sur les barricades en 1848 avant d'adorer Joseph de Maistre, c'est à quoi un républicam resté fidèle à son drapeau — je répète qu'on était sous l'Empire — ne pouvait souscrire sans commettre une façon de trahison tant envers ses idées qu'envers son parti.

11 suffit d'ailleurs de lire dans LES PoËTES FRANÇAIS l'étude de Théodore de Banville, qui fut substituée à celle de Baudelaire et ne constitue rien moins qu'un panégyrique, pour discerner le véritable caractère du refus que Poulet-Malassis a enregistré dans sa note.

L'épreuve citée plus haut offre avec le texte recueilli dans l'Art Romantique, quelques variantes.

Page 3.^,1. «. . .dans le malheureux. . .» — Epr. : dans le misérable.

Page 3^2. «Sa misère lui a été comptée pour du travail.» — Epr. : pour un travail.

Page 34^. «Il parla de lui-même beaucoup, et pleura beaucoup sur lui-même. » — Epr. : beaucoup trop . . . beaucoup trop.

• «Un ogre ayant flairé. . .» [Elégie à mon ami A.-R. Loison.)

— Cf. même volume, l'attaque contre Heine, p. 291.

Page 34,5. «. . .à qui il enseignait le latin. . .» — Epr. : à qui il enseigne,

«Ces quatre malheureux vers résument très-clairement. . .» —

Epr. : très-heureusement (raturé).

Page 346. Les deux Amours (Le Myosotis , Petits vers).

«... d'une nature profonde et poétique ...» — Epr. : féconde

(raturé).

«. . .d'une manière anti-humaine. n — Epr. : ici d'une manière

pauvre et peu naturelle.

Page 347. «. . .d'un enfant ou d'un gamin.» — Epr. : d'un enfant et,

«Après tout, c'est possible...» — Cf. la lettre à Victor Hugo,

«Moreau n'aimait pas la douleur. . .» — Cf. la lettre à Jules

Janin {ŒuVRES PoSTHUMES).

Page 348. «Ici nous trouvons pis. . .» — Epr. : pire.

Page 34.9. «...dans une de ses bonnes heures...» — Epr. : dans les bonnes heures (raturé).

La Fermière, romance; La Voulzie, élégie (Le Myosot/S ,

Petits vers).

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