‹ L'art romantiqueChapitre 64 sur 79 · THEODORE DE BANVILLE · texte numérisé non relu

THEODORE DE BANVILLE

Etude parue d'abord dans la Revue Fantaisiste, 12' livraison, 1" août 1861 (titre général : Réflexions sur quelques-uns de mes Contemporains, VII), puis dans l'Anthologie des PoËTES Français, et enfin dans le Boulevard, numéro du 24. août 1862, où la note suivante l'accompagnait :

La mise en vente du quatrième et dernier volume vient de compléter la remarquable anthologie publiée chez HacLette par Eugène Crépet, sous ce titre : Les Poètes Français , recueil des chefs-d'œuvre de la poésie française , depuis les origines jusqu'à nos jours , avec une notice littéraire sur chaque poète, ^ar MM. Charles Asselineau, Hippoljte Babou, Charles Baudelaire, Théodore de Banville, Philoxène Boyer, Charles d'HéricauIt, Edouard Fournier, Théophile Gautier, Jules Janin, Pierre Malitourne, Louis Moland, Anatole de Montaiglon, Valéry Vernier, Léon de Wailly, etc., précédé d'une introduction par M. Sainte-Beuve, de l'Académie française.

Le tome quatrième, consacré aux contemporains, renferme les plus belles pages de presque tous les poètes éminents de notre temps'"'. Nous lui empruntons Texcellent travail dans lequel Charles Baudelaire a si bien caractérisé le talent poétique de notre collaborateur Théodore de Banville.

Ajoutons que cette étude a pris place, en appendice, dans les Exilés, édition aéfimtrve (Charpentier, 1878).

Le texte en est presque identique dans ces successives publications. Mentionnons seulement que dans LES PoËTES Français , le titre était suivi de la mention : né en 1820, qui constitue une erreur, Banville n'étant né qu'en 1823; que l'édition de 1868 semble avoir omis quelques mots ici rétablis; enfin que, dans la leçon de 1878, deux passages ont été modifiés pour tenir compte de changements apportés par Banville dans les titres de ses pièces ou leur classement.

Contrairement aux autres morceaux qui composent les Réflexions sur quelques-uns de mes Contemporains , celui-ci n'aurait pas été écrit pour

'"' Note du Boulevard :

Nous y avons remarqué avec chagrin des omissions impardonnables; ainsi Adolphe Dumas, Mesdames Louise Colet, Blanchecottc, etc., etc.

l'Anthologie des PoÈTES FRANÇAIS , si l'on s'en rapporte à une lettre de Poulet-Malassis à Eugène Crépet :

...J'ai oublie... de vous dire que si vous vous entendez avec M. Baudelaire pour la reproduction de sa notice sur M. de Banville, vous ne pouvez le faire sans mon autorisation. Je sais qu'elle n'a pas été faite pour votre livre, et aux termes de mon traité avec M. Baudelaire, j'en suis propriétaire.

C'est vous dire que vojus pouvez traiter directement avec moi à ce sujet, quoiqu'il vaille mieux que M. Baudelaire en soit au préalable averti. ( 29 septembre 1861.)

Au cours de ses nombreux ouvrages, Banville a conté lui-même ses relations avec Baudelaire et maintes fois redit l'admiration qu'il lui portait. Voir notamment Mes Souvenirs, Lettres chimériques, Camées parisiens, la pièce Baudelaire dans les Exilés, l'admirable biographie parue dans la Galerie contemporaine, n* 10^, et, dans l'ouvrage collectif de Pincebourde, le discours qu'il prononça sur la tombe de son ami.

Voir aussi E.-J. CrÉPET, op. cit. , p. 3 1 3 , et Nadar , Charles Baudelaire intime, passim.

On sait que Banville, à la mort de Baudelaire, fut choisi par Asselineau pour l'aider à établir l'édition dite définitive. II faut ajouter qu'il a été peut-être le premier à deviner le rang où la postérité devait porter LES Fleurs DU M AL.

Quant aux sentiments que Baudelaire portait à Banville, ils apparaissent, en somme, favorables. II l'a quelque peu malmené dans l'Ecole païenne, mais c'est bien là le seul endroit où il se soit inscrit contre lui, et maintes fois il lui a rendu hommage. On connaît le sonnet qu'il lui a dédié :

Vous avez empoigné les crins de la déesse...

Dans une clef qu'il fit des Aventures de M"" Mariette, il écrivait :

De Villiers. — Théodore de Banville.

Le seul écrivain réellement maltraité dans le présent volume et, quoi qu'en dise l'auteur, le poëte le plus habile de la jeune école nouvelle, à ce point qu'il a réduit l'art de la poésie à de purs procédés mécaniques, et qu'il peut enseigner à devenir poëte en vingt -cinq leçons. — Inventeur du style de marbre.

En 1861, on le voit encore envoyer à Vigny malade, pour le distraire, «deux dizains d'excellentes ballades de Banville, qui certaine

ment l'intéresseront», et il le nomme encore, dans une de ses dernières lettres (18 février 1866) parmi les seuls écrivains qu'il excepte de la «racaille moderne».

Page 3^0. Les Cariatides avaient sans doute été écrites en 1841, mais elles ne parurent que l'année suivante; elles sont annoncées dans le Journal de la Librairie à la date du 22 octobre 1842.

«... sur les manières de tuer le temps ...» — 1868 : sur la manière.

«...les nombreuses et involontaires imitations...» — Page 361

de ce même volume, Baudelaire mentionnera que Banville, dans les Cariatides, a subi particulièrement l'influence de V. Hugo. Voir à ce sujet la docte étude de M. Max FuCHS, Théodore de Banville (Ed. Cornély, 19 12).

Page 351. «Je ne nie pas . . . que les Cariatides contiennent. . .» — 1868 : ne contiennent.

Les Stalactites parurent en 1846 (annoncées le 21 mars).

Page 352. Malédiction de Vénus, l'Ange mélancolique, lire : Malédiction de Cypris, Tristesse au jardin.

«J'ai dit, je ne sais plus où. . .» — On lit dans Fusées :

Ttéodorc de Banville n'est pas précisément matérialiste, il est lumineux. Sa poésie représente les heures heureuses.

Baudelaire avait écrit quelque chose d'analogue sur Delacroix. Voir Curiosités Esthétiques, p. 298.

Pape 354. «. . .à tous les objets limpides, éclatants, transparents, à tous les meilleurs réflecteurs ...» — Les mots ici en italiques ne figurent pas dans les textes du Boulevard et de 1868.

Page 355. Fautes des textes du Boulevard et de 1868 : «...qu'elles sont des têtes d'enfant. . .», au lieu de : qu'elles ont des têtes d'enfants.

Page 35^" Mais moi, vêtu de pourpre. . .

Ces strophes sont empruntées à la pièce sans titre plus haut citée :

Vous en qui je salue une nouvelle aurore. . .

Baudelaire a [lui-même «divinisé» le poète dans ses Journaux

intimes {voir passim). Toutefois, le plus souvent, il a admis aux honneurs de sa compagnie le prêtre et le guerrier : «Savoir, tuer, et créer. »

Page 357. n. . .ici encore sa bouffonnerie conservera quelque chose d'hyperbolique;...» — Textes de 1861 et du Boidevard : ici encore, sa bouffonnerie conservera encore quelque chose d'hyperbolique.

Nous croyons inutile d'insister une fois de plus sur la miso-

gynie de l'auteur. Voir notre Index à la fin de chaque volume.

«Vénus. . .peut bien. . .Nasiter Paris. . .» — Allusion à la pièce

intitulée Malédiction de Cypris. Dans la version des Exilés, Cypris a d'ailleurs remplacé Vénus. Quant au but poursuivi par Banville dans cette pièce , voir sa préface du Sang de la Coupe.

Page 358. «Aucuns y pourraient voir peut-être des symptômes de dépravation... » — Baudelaire a maintes fois insisté sur les méfaits de la confusion des arts et aussi sur le piquant qui en résulte. Voir ses œuvres de critique , pa55zm , notamment ce qu'il dit de Leconte de Lisie, p. 372, à ce même sujet.

Page 359. «. . .cette part infernale de l'homme. .'. » — Voir la note sous la page 165.

Page 360. «... il a l'audace de chanter la bonté des Dieux ...» — II semble que Banville n'ait pas plus senti ce trait que ceux de l'Ecole païenne. Dans ses Lettres chimériques il notera, sans quitter ce ton apologétique qui fut constamment le sien à l'égard de Baudelaire :

Remarquez qu'il ne nomme jamais les Dieux latins ni les Dieux hellènes. Bien qu'il fût savant dans l'Listoire des religions comme dans tout le reste, et qu'il comprît la noblesse de tout ce qui s'est affirmé dans la conscience humaine, en tant qu'artiste et pour son usage personnel, les conceptions mythologiques lui inspiraient une profonde antipathie.

Cette antipathie, bien connue de ses amis, n'avait d'ailleurs pas épargne à Baudelaire de figurer dans la Mythologie contemporaine de Lemercier de Neuville. . .travesti en Proserpine!

Ecrite pour l'Anthologie des PoËTES FRANÇAIS (1862) , où le titre y était suivi de la mention : né en 1821, cette étude parut d'abord dans la Revue Fantaisiste , 13* livraison, 15 août 1861, sous le titre général : Réjîexions sur quelques-uns de mes Contemporains, VIII.

Nous avons retenu le texte de la Revue Fantaisiste qui semble plus pur que les autres, celui de 1862 ayant altéré plusieurs citations et celui de 1868 apporté des coquilles.

Voir nos notes, p. 502-505 et p. 542. II résulte de cette dernière que la notice fut retouchée à la demande d'Eugène Crépet.

Page 361. «...les néo-classiques...». — Voir dans ce même volume les Drames et les Romans honnêtes et, à l'Index, Ecole du hon sens.

«Théodore de Banville avait déjà...» — 1868: Déjà Théodore

de Banville avait. — Cf. p. 350-351.

Page 362. «II se souvint de ses émotions d'enfance , . . .» — Cf. p. 187.

«. . .la chanson , non pas celle du soi-disant homme de lettres , etc.»

— Ceci pourrait bien viser Béranger qui avait été expéditionnaire dans un ministère.

«L'album les Paysans. . .» — Edition définitive : L'album des

Paysans.

Page 364. Nous vivons avec les tiboux

Faute de l'édition définitive :

Nous vivons parmi [es hiboux

Page 365. «Nous aussi, nous comprenons, etc.» — Cf. p. 191.

La note qui renvoie à Madame Putipbar est de Baudelaire.

Notons au sujet de cette strophe que Baudelaire semble s'en être

souvenu quand il écrivait :

Pour entendre un de ces concerts, riches de cuivre, Dont les soldats parfois inondent nos jardins,

Et qui, dans ces soirs d'or où l'on se sent revivre, Versent quelque héroïsme au cœur des citadins.

(Les Petites Vieilles.)

Page 366. — Cette citation-là, Baudelaire l'avait déjà faite dans sa précédente étude sur Dupont, voir p. 194.

«. . .qxii implique toujours la bonté.» — Faute de l'édition défi-

nitive : la beauté.

«... il partage avec les femmes ...» — Cf. l'étude sur M"* Des-

bordes-Valmore, p. 325.

«... redevable de ses meilleurs chants. » — Faute de l'édition

définitive : de ses premiers chants.

Page 367. Du plus beau fil de ses fuseaux !

La Brune (1846).

1862-1868 : Du plus pur.

Page 368. Semblent emplis de violettes.

[La Promenade sur l'eau.)

1862- 1868 : Me semblent pleins.

M. Charles Maurras, dans un article intitulé Devant l'art des poètes (Revue Universelle, 15 juillet 1923), émet l'hypothèse que Baudelaire se serait inspiré de cette pièce — idée et rythme, — dans son Jet d'eau, et rappelle la transposition de ce dernier poème chez Laforgue [Complaintes) :

O toi qu'un remords fait si morte. . .

Page 369. «. . .un penchant trop vif vers les catégories. . .» — Cf. p. 124.

«Cette singulière opinion (singulière pour moi)...» — Edition

définitive : Cette opinion (singuhère pour moi).

Page 370. Après : «Je suis contraint d'abréger», on lit, dans le texte des Poètes Français :

D'ailleurs, Pierre Dupont est immensément connu, et les extraits de ses poésies que nous citons ici sont de nature à confirmer et à compléter nos opinions. Pour achever en quelques mots, i7 appartient, etc.

Page 1