‹ L'art; simples entretients à l'usage de la jeunesse. Par E. Pécaut et C. BaudeChapitre 11 sur 32 · IG · texte numérisé non relu

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l'art romain g3

Nous ne vous montrerons qu'un exemple de leur talent, mais c'est bien l'un des plus charmants.

Cette peinture (fig. 45) représente Flore, la de'esse des fleurs, au moment où elle compose un bouquet. La gracieuse de'esse glisse d'un pas le'ger; de la main droite elle cueille une branche fleurie ; le bras gauche replié soutient un vase déjà plein à demi; sa tunique flottante laisse à découvert ses épaules et ses bras. Ce qu'il faut surtout admirer, c'est la grâce parfaite du mouvement qui anime cette flgure.

RESUME ET QUESTIONNAIRE

Que pensez-vous de l'art romain, après avoir étudié les statues qui précèdent? — Que ce fut vraiment un grand art, et qu'il est bien difficile de le déclarer inférieur à l'art grec.

En quoi le trouvez-vous si grand? — En ce qu'il ose peut-être serrer la vie réelle de plus près que l'art grec.

Serrer de près la vie : qu' entendez-vous par là? — Eh bien! prenons pour exemple la statue d'Auguste et le buste d'Annibal. C'est la vie même, que ces deux œuvres. Je veux dire que le sculpteur a fait le portrait exact, je dirai presque familier du grand empereur et du grand vaincu. Auguste et Annibal sont là devant nous, en pierre, tels qu'ils étaient de leur vivant, avec leur pensée écrite sur leur visage; nous croyons les reconnaître, tant nous les voyons là en plein et tout entiers.

Et vous pensez 1"^ ^^^ sculpteurs grecs n'auraient pas osé copier la nature avec fidélité? — Le Grec copie la nature, mais la nature idéale, une nature qu'il imagine dans son esprit, une nature parfaitement belle. La nature réelle, c'est-à-dire votre visage et le mien, la forme de votre nez, l'expression de mes yeux, cela ne l'intéresse pas, parce que ce n'est pas assez beau. Le sculpteur romain, lui, s'intéresse à tout ce qui vit, beau ou laid, et il tâche de le représenter exactement. Peu lui importe que son œuvre ne soit pas belle; ce qu'il veut, c'est qu'elle vive.

Qu'en pensez-vous : est-ce lui ou le Grec qui a raison? — Ils ont raison tous deux. Cette observation fidèle de la vie nous vaut des œuvres admirables, comme VAnnibal, comme le Gladiateur blessé, des œuvres qui nous remuent, nous émeuvent comme si nous voyions devant nous le personnage vivant et non sa froide et immobile image. Mais le culte de la beauté parfaite a produit des œuvres p*lus sublimes encore, des œuvres qui nous émeuvent moins, mais nous élèvent davantage parce qu'elles nous révèlent, non plus tel ou tel personnage, mais la Beauté dans son éternelle perfection.

FiG. 46. — Vase romain.

FiG. 47. — Ornement byzantin.

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