‹ L'art; simples entretients à l'usage de la jeunesse. Par E. Pécaut et C. BaudeChapitre 12 sur 32 · L ART ARABE · texte numérisé non relu

L ART ARABE

VOUS n'ignorez pas, mes enfants, quel fut le sort de ce gigantesque empire romain, que je vous ai montré étendant son règne de fer et sa civilisation magnifique de TEspagne àFInde et de l'Angleterre au Sahara. Vous vous rappelez qu'il disparut, qu'il s'engloutit un jour sous les flots des hordes barbares qui, vers les premiers temps du christianisme, débordèrent de l'Asie et vinrent inonder l'Europe. Tout périt, dans ce naufrage, de ce qui fut l'admirable civilisation antique. Les lettres, les arts, les résultats sublimes de tant de siècles de recherche, de travail et de génie, tout fut emporté par le torrent, et la nuit se fit sur la terre. Une seule lumière perçait encore ces ténèbres, la lumière du christianisme. L'âme farouche, mais naïve, des sauvages vainqueurs s'attendrit au contact de la religion du Christ; peu à peu la petite lueur grandit, s'étendit de proche en proche et finit par couvrir de ses rayons ce monde nouveau établi sur les décombres de l'ancien.

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Ainsi, de tout ce que nous avons décrit et admiré, de cet art antique si grand et si beau, il ne resta plus rien que des ruines que méprisaient les hommes et que l'herbe recouvrait. Une religion nouvelle régnait sur des peuples nouveaux. Mais bientôt vous allez voir cette religion enfanter un art nouveau comme elle, un art aussi différent de l'art antique que le christianisme Test de la religion païenne : c'est l'ar? chrétien.

Deux points, cependant, deux coins du monde échappèrent à l'inondation barbare, comme deux îlots qui émergent au-dessus des vagues. Ce sont les deux extrémités de l'empire romain : Byzance et l'Espagne.

A l'Orient, les empereurs romains, chassés d'Italie, se réfugièrent dans le pays qui est aujourd'hui la Turquie d'Europe et y fondèrent, sous le nom de By\ance, la grande et belle capitale qui se nomme de nos jours Constantinople.

Plus tard, à l'Occident, un peuple jusque-là inconnu, venu du fond des déserts africains, les Arabes.^ soulevés à la voix de leur grand prophète Mahomet, passèrent la mer, se jetèrent sur l'Espagne et y établirent pour de longs siècles leur domination.

h'art by:{antin à Byzance, Vart arabe en Espagne, voilà de quoi nous allons causer aujourd'hui.

Vous devinez bien que ces deux arts n'avaient rien de commun. Après tout, l'art byzantin étant venu de Rome avec les empereurs, ses œuvres devaient avoir quelque ressemblance avec les œuvres grecques et romaines que nous venons d'étudier. Tout au contraire, les Arabes étaient pour ainsi dire des habitants d'un autre monde, ils arrivaient d'Afrique apportant avec eux un art tout particulier, tout nouveau comme eux.

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