‹ L'art; simples entretients à l'usage de la jeunesse. Par E. Pécaut et C. BaudeChapitre 4 sur 32 · TROISIEME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

TROISIEME ENTRETIEN

L ART EGYPTIEN

L'art, avons-nous dit, est aussi vieux que Thomme. Dès qu'il y a eu des hommes sur la terre, ils ont mis leur plaisir à faire des choses belles. Aussi, quand on étudie l'histoire des plus anciens temps, l'histoire des peuples aujourd'hui disparus, on rencontre toujours les traces de leurs ouvrages artistiques, des ruines de palais, de temples, de tombeaux, de statues, de meubles, de vases, d'ustensiles ; tout comme le voyageur qui dans un millier d'années visiterait la France apercevrait çà et là les restes de nos monuments ou de notre mobilier.

Même il arrive souvent qu'un de ces ouvrages d'art est presque la seule trace qui demeure d'un peuple mort depuis des siècles. Plus d'une fois un voyageur, un savant traversant une contrée abandonnée et déserte, a trouvé une colonne brisée, les débris d'un palais, ou encore une pierre couverte d'inscriptions dans une langue que personne ne parle plus ; alors en creusant, en explorant les

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alentours , on découvrait d'autres ruines, qui avaient traversé les âges comme pour marquer la place d'une grande et belle ville, d'un peuple riche, puissant, ingénieux.

Ce livre, mes enfants, est trop petit pour vous raconter tout au long Thistoire de cet art ancien, dont le commencement se perd dans la nuit des temps. Il nous faudrait presque passer en revue toutes les contrées de la terre, car toutes ont eu des peuples artistes. Il nous faudrait étudier l'art des anciens Chinois, les merveilles de l'art hindou, les étranges et grandioses monuments des anciens Mexicains, les ruines imposantes qui couvrent l'Asie Mineure, et bien d'autres encore. Le temps nous manque pour faire ensemble ce beau voyage parmi les œuvres d'art dont les plus jeunes sont vieilles de mille ans. Vous le ferez plus tard si vous en avez le désir, en lisant les gros livres où il en est parlé, et surtout en visitant, si vous avez l'occasion d'aller dans les grandes villes, les musées où l'on a rassemblé les restes de tous ces arts antiques.

Nous nous bornerons à choisir, parmi les grandes nations mortes, l'une des plus anciennes, l'une de celles qui a laissé le plus grand nombre de monuments : la nation égyptienne.

Regardez dans votre atlas la carte de l'Afrique : tout au nord-est, vous voyez le grand fleuve le Nil. Le pays d'alentour est désert, aride, brûlé par le soleil. Mais de chaque côté du fleuve s'étend une longue et étroite bande de la terre la plus fertile du monde : elle doit sa fécondité aux inondations périodiques du Nil qui déposent à sa surface un épais limon où les plantes de toute sorte trouvent leur aliment. C'est là, sur les deux rives du grand fleuve africain, que vivait, il y a déjà plus de six mille années, le peuple dont nous allons parler.

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— Six mille années! soixante fois cent ans! Quel énorme espace de temps ! Comment peut-on rien savoir d'un peuple si loin de nous ? Qui peut nous raconter son histoire ? Il n'y avait alors ni papier, ni livres, ni rien de ce qui sert aujourd'hui à fixer le récit des événements.

Et cependant, mes enfants, nous savons une foule de choses de l'Egypte ancienne. Nous savons quelle fut sa religion, les guerres qu'elle a faites, les noms de ses rois, les habitudes, les travaux, le costume de ses habitants... Tout cela les Egyptiens l'ont écrit sur une matière plus durable que le papier : ils l'ont gravé en caractères étranges sur la pierre de leurs monuments.

Mais, direz-vous, puisque leur langue est morte avec eux, comment a-t-on pu déchiffrer le sens de leurs écritures ? Certes, il a fallu bien du temps et de la peine. On y est cependant parvenu et aujourd'hui les savants lisent cette langue de trente siècles à peu près comme vous lisez le journal. Sachez que ce sont des savants français qui ont été les premiers à deviner ce grand et curieux secret et à faire, pour ainsi dire, parler les vieilles pierres égyptiennes.

L'Egypte entière est couverte de monuments dont le nombre et les énormes dimensions nous racontent la grandeur du peuple qui les a construits. A la surface de cette terre, aujourd'hui presque entièrement livrée au silence de la solitude, des palais, des tombeaux, de colossales statues, des temples immenses se dressent à moitié enfouis dans le sable. Et au-dessous, dans les profondeurs du sol, il y a des sépulcres, d'innombrables caveaux, des galeries enchevêtrées, des salles gigantesques, des cités mortuaires, qui font comme une autre Egypte souterraine.

L'histoire des Egyptiens ressemble à celle de tous les peuples qui ont habité des pays fertiles. Ce fut à l'origine

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une nation très laborieuse et très pacifique, dont toute la richesse venait du sol. Le trait qui la distingue, c'est qu'elle était gouvernée non seulement par des rois, mais par les prêtres. Les prêtres furent au début les maîtres souverains de l'Egypte. Tout le reste de la nation travaillait pour eux : Targent, et avec l'argent le pouvoir, étaient entre leurs mains. De leurs immenses richesses ils soldaient une nombreuse armée qui leur servait à tenir le peuple dans l'obéissance et la servitude, et aussi à repousser les attaques des nations voisines.

Mais un jour l'armée, lasse d'être le docile instrument des prêtres, se 'révolta et choisit un de ses capitaines pour régner sur l'Egypte, qui depuis ce temps jusqu'à la fin fut gouvernée par des rois. Les rois traitaient le peuple plus doucement que n'avaient fait les prêtres. Ils soutinrent de terribles guerres contre les peuples d'alentour et plus d'une fois les réduisirent en esclavage. Ces esclaves, ainsi qu'on le voit encore de nos jours en certaines parties de l'Amérique du Sud, furent employés à la culture de la terre. Les rois les employaient aussi à exécuter ces gigantesques travaux dont les ruines font aujourd'hui notre admiration, en sorte que la grande prospérité de l'Egypte et ses merveilles artistiques sont faites du labeur de ces misérables esclaves.

Si l'on veut comprendre quelque chose à l'art des Egyptiens, il faut ne jamais oublier le trait principal de leur religion. Ce trait, c'est la croyance très vive à une autre existence. Comme plus tard les chrétiens, les Egyptiens pensaient qu'un jour doit venir où tous les morts reprendront vie. Mais ils croyaient aussi que, pour revivre, le mort avait besoin de retrouver son corps, son cadavre parfaitement intact. Aussi vous devinez de quels soins ils entouraient la dépouille d'un mort! 11 fallait à tout prix,

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selon leurs idées, que le cadavre traversât les siècles sans se corrompre, sans se détruire, afin qu'au jour de la résurrection rame du défunt le trouvât tout prêt et revînt l'habiter.

De là vient qu'ils s'ingénièrent à préserver les cadavres de la corruption. Leurs prêtres découvrirent pour cela des secrets merveilleux, qu'ils se gardèrent bien de divulguer, en sorte qu'à eux seuls appartint le droit de préparer les corps en vue de la résurrection. Vous comprenez à présent de quelle vénération, de quelle crainte ces prêtres furent entourés; c'était là la source de leur pouvoir sur tout le peuple.

On a retrouvé de nos Jours des milliers de ces cadavres, vieux de plus de vingt siècles et demeurés pendant cet immense espace de temps dans le même état où ils étaient le jour de la sépulture. Ces momies, c'est le nom qu'on leur donne, sont enveloppées de fines bandelettes de toile trempées dans des essences résineuses qui préservaient les chairs de la corruption. Quand le défunt était quelque grand personnage, son corps recevait une préparation extraordinaire : le visage était peint des couleurs de la vie, le globe des yeux était remplacé par un globe en pierre précieuse ou en métal émaillé, les ongles étaient dorés.

Mais il ne suffisait pas de mettre le cadavre à l'abri de la corruption. Il fallait encore éviter que, dans la suite des temps, les hommes ou les animaux sauvages ne pussent violer la sépulture et détruire le corps. Cette crainte conduisit les Egyptiens à cacher le mieux possible les tombeaux, soit au fond de vastes caveaux creusés dans le roc, soit au centre de grands édifices construits tout exprès et dont ils muraient ensuite les ouvertures.

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Regardez le monument que représente la gravure cicontre (fig. lo). C'est celui qu'on appelle la grande Pyramide. C'est peut-être le plus étrange, et c'est en tout cas le plus gigantesque monument de l'Egypte ; ce n'est pourtant qu'une tombe.

Imaginez-vous une montagne, une vraie montagne, mais construite par la main des hommes, dressée par eux en plein désert. Cette construction colossale est faite en briques, et sa forme est telle, comme vous le voyez, que chacun de ses côtés est un triangle dont la pointe regarde en haut. La plupart de nos cathédrales n'atteindraient pas à la moitié de sa taille,, car le sommet de la grande Pyramide domine la plaine de sable d'une hauteur de cent cinquante mètres ! La base mesure près de deux cent trente mètres de côté.

Le voyageur qui est en chemin pour la venir voir l'aperçoit déjà à l'énorme distance de dix lieues (quarante kilomètres). A mesure qu'il approche, le monstre de pierre grandit, grandit toujours; une lieue l'en sépare encore, et déjà la Pyramide semble se dresser sur sa tête et l'écraser de sa masse énorme. Quand enfin il la touche, il reste saisi d'effroi devant l'eflfrayante grandeur du monument, dont les angles et le sommet échappent à sa vue. Une sorte d'horreur se mêle à son admiration, quand il songe aux milliers de vies que dévora cette construction, aux souffrances des innombrables troupeaux d'esclaves qui durent y travailler pendant de longues années sous le fouet des surveillants. Il lui apparaît alors, ce qu'il est en effet, l'un des plus formidables monuments de servitude qui se soient jamais dressés sur la terre.

Mais plus grande encore est l'émotion du voyageur lorsqu'il a monté les degrés de la Pyramide et qu'il est

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arrivé au sommet. La vue, de cette hauteur prodigieuse, s'étend à douze lieues à i'entour. Une pierre lancée de toute la force d'un homme 'ne peut pas dépasser la base.

FiG. 10. — La grande pyramide. (Hauteur, i5o mètres.)

Elle retombe sur les degrés, et l'œil qui la suit dans sa chute croit la voir se rapprocher en décrivant une courbe rentrante.

A t]uatorze mètres environ du sol s'ouvre une imperceptible porte qui donne accès dans un couloir long, étroit et obscur. On v pénètre en rampant; l'air y est lourd, étouffant ; il semble que la montagne de pierre pèse sur vous et vous écrase. A moitié chemin s'ouvre un puits noir, où personne n'a jamais osé descendre, et qu'il faut contourner avec précaution. On arrive enfin jusque dans

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une vaste salle, aux parois lisses, enduites de stuc. C'est la Chambre du Roi. C'est là que reposait, à l'abri de la curiosité des hommes, le corps du souverain qui se fit construire il y a cinq mille années ce gigantesque tombeau.

Quand un roi montait sur le trône, les ouvriers commençaient, le jour même de son avènement, à bâtir son sépulcre, et ils le continuaient sans relâche pendant toute la durée du règne. Plus le roi vivait vieux, plus son tombeau était vaste. A ce compte, le règne du souverain qui fut enseveli au centre de la grande Pyramide a dû être l'un des plus longs de l'histoire.

Regardez maintenant l'étrange statue que vous montre notre gravure (fig. 1 1 ) . Elle représente un être fantastique qui a le corps d'un lion et la tête d'une femme. Ces monstres se' nomment des sphinx, et leurs statues se comptent par centaines en Egypte. Elles représentent à coup sûr l'un des dieux qu'adoraient les Egyptiens. Le Sphinx que voici, et qui se trouve à cent pas de la grande Pyramide, est le plus grand de tous. Tout accroupi qu'il est, il dresse sa tête à vingt-cinq mètres au-dessus de sa base. Il n'est pas construh, comme sa gigantesque voisine, de matériaux apportés de loin. Il est taillé tout entier dans un immense bloc de roches naturelles qui perce le sable à cet endroh.

L'impression que l'on ressent à la vue du sphinx, accroupi comme un chien monstrueux au seuil du tombeau royal, est moins écrasante que celle qui frappe le spectateur devant la grande Pyramide : mais elle est peut-être plus profonde encore. Dans l'éternelle immobilité du colosse, dans le regard étrange et fixe de ses yeux de pierre, il y a comme un mystère qui pénètre l'âme. Que fait-il là, depuis vingt siècles ? De quel secret funèbre est-

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il le gardien ? Nul ne le sait. On est à peu près certain que le corps du monstre est creuse' de quelque couloir, de quelque caveau : dans ses flancs dort sans doute, d'un sommeil de quatre mille ans, un des princes de TEgypte. Peut-être existe-t-il quelque communication

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FiG. II. — Le Spliinx. (D'après une photographie.)

souterraine avec la Pyramide. Personne jusqu'ici n'a pu de'couvrir l'ouverture myste'rieuse. Le Sphinx garde encore son secret.

Comme vous pouvez le voir sur notre gravure, le sphinx est encore à moitié' enfoui dans le sable. Il faudra de grands travaux de déblaiement pour mettre à découvert les pattes et le piédestal. Voyez comme l'Arabe et son chameau paraissent petits, comparés au colosse. Et maigre les dégradations que les siècles ont fait subir à la figure, observez l'étrange expression de la physionomie : le regard légèrement dirigé vers le haut, comme potïr fixer un objet

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étranger à la terre, invisible aux hommes qui rampent à sa surface, les lèvres entr'ouvertes dans un sourire railleur, méchant.

Voici maintenant une gravure bien différente, mais qui vous frappera pourtant par le même caractère de grandeur et d'étrangeté.

Elle représente la façade d'une église, d'un temple égyptien, il y a trois ou quatre mille ans. Voyez d'abord l'immensité de l'édifice : les deux hommes qui se promènent à l'entrée semblent des fourmis auprès de la gigantesque construction.

Observez ensuite les proportions massives, trapues, du monument. Il est beaucoup plus large à sa base qu'à son sommet; une seule ouverture, et pas bien grande, y est pratiquée. Point de fenêtres, point d'arcades, rien que des murs massifs. Vous retrouvez là quelque chose de la Pyramide, La Pyramide aussi est plus large à la base, et ne présente, pour ainsi dire, aucune ouverture.

Voilà, mes enfants, les grands caractères des œuvres égyptiennes : la grandeur, la massive solidité. Et ce que vous savez de la religion, des idées de ce peuple, vous explique pourquoi ses œuvres d'art présentent toutes cet aspect si particulier.

Les Egyptiens étaient sans cesse préoccupés de la vie future. Ils y pensaient comme à une durée éternelle, sans fin. Aussi ont-ils cherché à assurer une durée éternelle à toutes leurs œuvres, aux momies, aux tombeaux, aux statues, aux édifices. La grande largeur de la base et l'épaisseur pleine des murs étant deux conditions de la solidité, ils n'y ont jamais manqué dans leurs monuments.

Mais ce n'est pas tout. Au fond, ce qui les occupe, ce qui les inspire, c'est l'idée de la mort. Ce n'est pas une

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idée gaie, vous en conviendrez ! Aussi leurs œuvres ne sont pas gaies. Elles sont belles, oui ; belles par leur grandeur imposante ; mais elles vous glacent rien qu'à les voir : c'est une beauté sépulcrale, une solennité funèbre.

FiG. 12. — Façade du Temple de Louqsor. (Restauration de .M. Ch. Chipiez.»

Figurez-vous, mes enfants, l'intérieur du temple dont vous venez de voir l'entrée. La porte seule y laisse pénétrer un peu de lumière, qui s'arrête sur le seuil. Des colonnes trapues soutiennent la voûte ; ses profondeurs se perdent dans les ténèbres. On dirait l'ombre et le silence d'un monstrueux tombeau. Une tristesse écrasante tombe de ces voûtes massives et pénètre l'âme. Ah! quelle différence avec nos belles églises ! Sous leur haute ne

doucement e'clairée, notre prière monte librement, et la flèche du clocher s'élance vers le ciel comme pour nous montrer le chemin.

Revenons à notre gravure, que nous n'avons pas regarde'e en de'tail. Quatre gigantesques statues sont assises près de la porte sur des trônes de pierre. Raides, solennelles, elles représentent des rois ou des dieux de l'Egypte.

Devant la porte sont deux hautes colonnes carrées, plus larges de la base que du sommet. On les appelle des obélisques. Chacun est formé d'un seul bloc. Imaginez, si vous le pouvez, le travail effrayant, les souffrances sans nombre des pauvres esclaves qui ont dû tailler dans le flanc de quelque montagne et transporter au bord du Nil cette masse énorme.

Voyez enfin la double rangée de sphinx qui borde l'avenue d'accès. Eux aussi, dans leur immobile raideur, contribuent à l'impression de grandeur triste et mystérieuse qui se dégage de tout l'ensemble.

RESUME ET QUESTIONNAIRE

Quelle est, à peu près, Vantiquité de l'art égyptien ? — Les plus anciennes œuvres remontent à six mille années, presque toutes les autres à deux ou trois mille.

Quel lien apercevez-vous entre l'art des anciens Egyptiens et leur religion? — Leur religion est sombre et sévère. Leur art l'est aussi. La pensée dominante de leur religion, c'est celle de la mort et de la vie éternelle qui suit la mort. Cette pensée se dégage aussi de leurs œuvres. Elles sont grandes, massives, solides solennelles. Elles sont mystérieuses aussi, comme l'est la mort.

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Parlez-moi de la Pyramide et du Sphinx. — Justement la grandeur triste et le mystère éclatent dans ces deux monuments. Ils sont immenses, écrasants, et on n'en comprend pas bien le sens, la destination. On se sent, devant eux, en face d'un secret, d'un problème obscur.

Quel lien voye:z-vous entre l'art des Egyptiens et leur état social ? — L'art des Egyptiens repose sur l'esclavage. Jamais ces monuments monstrueux n'auraient pu être construits, si des milliers d'esclaves n'avaient travaillé à leur construction.

Essaye:^ de me dire la différence que vous voye^ entre un temple d'Egypte et une cathédrale chrétienne? — L'un, épais, trapu, sans grâce, est triste; il nous parle de la mort. L'autre, élancé vers le ciel, nous parle d'espérance, de confiance en Dieu.

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FiG. i3. — Ornement égyptien.

FiG. 14. — Ornement grec.

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