‹ L'art théatral (volume 2)Chapitre 4 sur 5 · HUITIÈME CHANT · texte numérisé non relu

HUITIÈME CHANT

Chacun d'eux a repris son rang et son orgueil. Surpris, humilié d'un dédaigneux accueil, Fleury les délivra d'un obscur camarade :

Il se souviendra d'eux, lorsqu'il jouera Moncade.

Talma donnait, dit-on, au premier empereur De secrètes leçons de grâce et de grandeur.

Non; l'acteur qu'il aimait et qui lui fut fidèle, Au lieu d'un écolier, n'eut en lui qu'un modèle. Il vit, admis souvent dans son intimité.

Combien la grandeur vraie a de simplicité.

Les gestes du héros, son ton, son attitude.

Tout était pour l'artiste une vivante étude ; A ces leçons d'en haut son talent se forma :

C'était Napoléon qui posait pour Talma.

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C'est peu de conquérir uo renom légitime :

En cherchant le succès, aspirez à l'estime.

N'ayez point de grands airs, d'impertinents propos : L'importance est toujours la parure des sots. Jeune, écoutez des vieux les discours salutaires; Ils vous conteront l'art, son passé, ses mystères, Et peut-être, pour mieux vous frayer le chemin. Un d'entre eux vous tendra sa paternelle main. Cette dette si sainte, et jamais oubliée, A la jeunesse un jour par vous sera payée.

Et les jeunes, mûris par l'âge et les travaux. Plus tard viendront en aide à des talents nouveaux : Ainsi l'art entre tous forme une heureuse chaîne.

Pour moi, dont les cheveux ont blanchi sur la scène, Que ne puis-je, en mes vers, de loin utile encor, Des athlètes nouveaux guider le jeune essor,

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