‹ L'art théâtral: nouvelle édition, précédée d'une lettre d'Émile Augier et dChapitre 5 sur 14 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

ce sens, la puissance physique lui faisant un peu défaut. •

Car M. Samson était de ces acteurs, comme Monvel, à qui la nature n'a pas donné tous les moyens d'exprimer toutes les faces de leur talent. Son apparence un peu étriquée, sa voix insuffisante et pointue, ne lui permettaient pas d'interpréter ces rôles tragiques qu'il savait si bien enseigner aux autres. Il en souffrit, car s'il était M. Samson, il eût mieux aimé être Talma. Un peu plus de prestance, un médium autre, cela eût suffi : rien ne lui eût été impos-; sible. La preuve en est dans les effets prodigieux qu'il obtenait dans ses lectures ou ses leçons; la, preuve en est dans ce fait que l'élève la plus célèbre de cet acteur comique, — et celle à qui il fut indispensable, — fut la plus grande tragédienne de son temps. Je n'ai pas besoin de nommer Rachel.

Il ne faut pas oublier d'ailleurs qu'il forma aussi jVjmes Augustine et Madeleine • Brohan, M™« Allan, Mlle Favart, M'"® Arnould-Plessy, etc. Il avait deviné M"^ Plessy à treize ans, pour une fable qu'il lui ntendit raconter, car elle se destinait alors à devt ir sous-maitresse dans une pension; et c'est lui qu. la fit entrer au Conservatoire. Mais pour en reveni à

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