‹ L'art théâtral: nouvelle édition, précédée d'une lettre d'Émile Augier et dChapitre 6 sur 14 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

Rachel, elle disait, dans ses bons moments : « Je lui dois tout ». Et c'était trop sans doute, mais de moitié seulement. On pourrait, dans la suite des rôles joués par Rachel, noter aux demi-succès ses brouilles avec M. Samson. Elle avait besoin de lui pour être toute Rachel. Son génie à elle lui soufflait bien des cris, de beaux cris, des effets ; mais M. Samson lui donnait l'ensemble du rôle; le personnage, pourrait-on dire, était de lui. Comment cela se faisait-il? C'est bien simple. Il le jouait devant elle sur son sifflet de deux sous ; elle le jouait ensuite sur son Stradivarius. Aussi, c'est une justice à rendre à Rachel, se désespérait-elle quand ilr- étaient fâchés! et ils se fâchaient toujours car M. Samson ne pouvait passer à cette créature si bien douée les fantaisies par lesquelles se trahissait souvent la gamine de la rue... : il la rêvait prêtresse de l'art sacré, il n'aurait pas voulu un pli à son péplum....

C'était un professeur, on ne peut se lasser de le

j re, incomparable. Et l'idée lui vint de résumer

leçons dans un livre. Seulement voilà où lui aussi

♦rahit ; il eut l'idée de mettre ce livre en vers ;

de vieux classique, car il l'était : en cela, il da-

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