Victor Hugo, Les Rayons et les Ombres
O feuillage, tu m'attires.
Un dieu t'habite, et je crois Que la danse des satj'res Tourne encor au fond des bois \
OU de larges et purs tableaux, comme l'extase nocturne de la fin de Ruih et Booz :
... l'herbe était noire.
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement. Une immense bonté tombait du firmament... ^
Voilà de grands vers, et où l'on ne sait plus si le cœur de l'homme s'est répandu dans la nature ou si la nature s'est toute humanisée en lui. On y perçoit comme l'âme échangée des êtres et des choses. On y respire comme la présence même de l'inspiration. Mais, Messieurs, ayons, pour les mieux comprendre et les mieux aimer plus tard, ayons le courage de rompre leur enchantement, pour continuer notre étude, et remarquons-le : toute leur couleur, leur parfum, ce je ne sais quoi de bFeu et d'infini qui les baigne, cette présence des Muses, c'est dans leur rythme que cela tient. Essayez, en eux, comme dans tous ceux que je vous ai cités, comme dans tous ceux que vous chérissez et qui vous viendront à la mémoire, essayez de changer de place seulement un mot, que dis-je? une syllabe, et vous le verrez, vous l'entendrez aussitôt, tout le fluide mystère, toute la