ILE DE FRANCE
On a dit de Francis Jourdain qu'il était un petitneveu parisien de saint François d'Assises. Entendez par Parisien homme d'Ile-de-France, comme ces poètes : Gérard de Nerval, Paul Fort. Il aime humai-
nement et religieusement la nature, et il semble que la nature se fasse toujours belle pour le recevoir ; belle avec sa robe de tous les jours, sa robe humble et splendide, brodée par les saisons, dorée par la lumière, lavée par les pluies, et que l'orage secoue sans parvenir à la déchirer. Francis Jourdain ne recherche pas le falbalas des pays ou la nature, frivole, est toujours en habit de fête ; il la veut heureuse, chantant et au labeur, comme une lavandière de Senlis ou de Sannois. Si l'opulence le séduit un instant, il se réfugie en un intérieur tiède et peint deux femmes nues s'amusant d'une étoffe ; de ce chiffon soyeux, il fait la richesse même. Mais c'est le paysagiste qui est vraiment pur, le peintre dont les œuvres ne sont que douceur et franchise, abondance dans la grâce. Peintre enthousiaste et généreux, il œuvre avec d'autant plus d'allégresse qu'esprit réfléchi il a le contrôle de sa joie.