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JEUNE PEINTURE FRANÇAISE

Marcel Gaillard n'est plus inconnu ; toutefois, il n'est parvenu encore ni à la célébrité, ni à la fortune. Admirons qu'il mette au service de sa génération cette énergie qui l'empêcha de succomber. Par amour de l'art qu'il sert avec passion, avec talent, dans un magnifique esprit de solidarité, il veut épargner à ceux dont il est à peine l'aîné, les disgrâces qui l'accablèrent sans l'abattre.

J'ai dit, dans les revues, dans la presse, la con-

VIE NOUVELLE

tinuité d'un effort si durement contrarié par la vie. Je dois répéter que l'organisation même de la Jeune Peinture française dénonce, dans toute sa générosité, un vrai tempérament d'artiste. Ce sont des énergies pareilles à celles de Marcel Gaillard, qui pourront redonner vie aux Indépendants.

Le démon qui me visite dans nos bons jours me souffle à l'oreille :

— Tu n'aimes point tant que cela les garçons méritants !

Sans doute. Mais je crois Marcel Gaillard un artiste de forte race, vraiment français, et je le vois parvenu à un degré de culture exceptionnel d'où il tire cette sagesse qui n'est pas ennemie de la spontanéité, la véritable audace.

Présentant les résultats avoués de ses recherches, Marcel Gaillard nous soumettait moins des témoins de ses diverses manières de faire qu'il nous aidait à surprendre les sollicitations contraires que l'art lui réserva. C'est le paysage que nous retiendrons. Il semble bien que le paysage ait tout entier conquis Marcel Gaillard.

Trop de son siècle, trop de son âge pour n'être point un spéculatif, ce peintre nouveau ne se -contente point du fugace dont l'impressionnisme sût tirer un parti éclatant. D'un paysage il veut saisir l'essentiel, l'essence, l'esprit, pour le reconstruire sur un plan demeuré naturaliste. Ajoutez à cela

des dons de coloriste puissant, à quoi sa raison pourra apporter quelque tempérament, et vous commencerez de connaître ce jeune homme impatient de lutte, comme si le moins favorisé estimait encore qu'on l'a trop épargné.

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