‹ L'Art vivantChapitre 33 sur 41 · UNE CELLULE DU TRAGIQUE MODERNE · texte numérisé non relu

UNE CELLULE DU TRAGIQUE MODERNE

Peintre d'une inspiration limitée, Tobeen célébra le pays basque par la consécration du jeu de la pelote, et, vraiment, la peinture de Tobeen est de la peinture de pelotari.

On reconnaît bien là l'ouvrage d'un homme à qui l'horizon le plus familier fut longtemps celui du fronton blanc et nu que heurtent durement les balles des joueurs, beaux comme des athlètes classiques.

L'obsession est si grande que Tobeen, s'il peint une scène de moisson, prête à ses paysans armés de la faux les courbes de bras de pelotaris, et c'est à tout ce qui se meut, à tout ce qui vit dans l'espace inscrit entre les deux frontons qu'il emprunte ses coideurs : jaune du sol et des faces cuirassées de lumière crue, blanc des pierres et des habits, bleu du ciel et des bonnets basques.

A toutes les actions d'une multitude, Tobeen

VIE NOUVELLE

donne la vertu particulière d'un jeu, et d'un jeu brutal et compliqué. Pour ce très personnel artiste, la vie est une éternelle partie de pelote *.

La déformation n'est donc pas réelle dans ses ouvrages. L'artiste a fait, une fois pour toutes, un choix de mouvements et d'attitudes, véridiques parce que les uns et les autres lui sont familiers et qu'il en refait chaque jour la découverte.

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